Selon BFM Bourse, l’année 2026 s’annonce comme un tournant pour les marchés financiers américains. Trois géants technologiques – SpaceX, OpenAI et Anthropic – prévoient des entrées en Bourse d’une ampleur inédite, susceptibles de drainer des centaines de milliards de dollars et de bouleverser l’équilibre des marchés. Leur arrivée simultanée pourrait à la fois dynamiser Wall Street et en fragiliser les fondations, alors que les investisseurs s’interrogent sur leur capacité à absorber ces opérations colossales.

Ce qu'il faut retenir

  • SpaceX doit entrer en Bourse le 12 juin 2026 à New York sous le code SPCX, avec une levée de fonds de 75 milliards de dollars à un prix unitaire de 135 dollars, visant une valorisation de 1 770 milliards de dollars.
  • Anthropic, spécialiste de l’IA avec son modèle Claude, a déposé un dossier à la SEC et pourrait être valorisée à plus de 1 000 milliards de dollars.
  • OpenAI, créatrice de ChatGPT, espère aussi une entrée en Bourse en 2026 avec une valorisation similaire, selon Reuters.
  • Ces trois opérations pourraient dépasser l’ensemble des introductions en Bourse de 2025 aux États-Unis, selon le Financial Times et Morningstar.
  • Les experts s’interrogent sur la capacité des marchés à absorber ces liquidités sans créer de déséquilibres, notamment en raison de la forte médiatisation autour de SpaceX.
  • Un échec de l’une de ces introductions pourrait geler le marché des IPO jusqu’en 2027, avertit Morningstar.

SpaceX, l’opération boursière du siècle pour Elon Musk

Selon BFM Bourse, l’entrée en Bourse de SpaceX, programmée pour le 12 juin 2026, s’annonce comme l’une des plus ambitieuses de l’histoire financière. Le géant spatial dirigé par Elon Musk a officiellement confirmé son introduction via un dépôt à la SEC le 20 mai 2026, en précisant que l’opération se ferait sous le code SPCX à la Bourse de New York. La société vise une levée de fonds record de 75 milliards de dollars, un montant bien supérieur aux 25 milliards levés par Saudi Aramco en 2019, qui détenait jusqu’ici le record.

Avec une valorisation estimée à 1 770 milliards de dollars, SpaceX se placerait directement dans le top 10 mondial des entreprises cotées, aux côtés des géants comme Apple ou Microsoft. Cette opération, officialisée le 3 mai 2026, marque un tournant pour l’industrie spatiale privée, qui n’avait jamais atteint une telle envergure financière sur les marchés publics. L’ampleur des chiffres laisse présager une opération susceptible de capter l’essentiel de l’attention des investisseurs.

Anthropic et OpenAI dans l’ombre de SpaceX

À côté de SpaceX, deux autres acteurs majeurs de la tech préparent des entrées en Bourse tout aussi spectaculaires. Anthropic, la start-up derrière le modèle d’IA Claude, a déposé un dossier d’enregistrement à la SEC, ouvrant la voie à une introduction sur Wall Street. Les analystes estiment que sa valorisation pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars, en fonction des conditions de marché.

De son côté, OpenAI, connue pour avoir développé ChatGPT, est également pressentie pour une entrée en Bourse en 2026. Selon Reuters, la société espère atteindre une valorisation similaire, bien que les détails concrets restent à préciser. Ces deux opérations, couplées à celle de SpaceX, pourraient représenter un volume de levées de fonds sans précédent, au point de « engloutir l’ensemble du gâteau » des introductions en Bourse américaines, comme l’a souligné Morningstar dans une étude publiée en mars 2026.

Un marché des IPO sous tension

Selon BFM Bourse, ces trois méga-opérations pourraient drainer davantage de capitaux que l’ensemble des introductions en Bourse réalisées aux États-Unis en 2025. Une étude du fournisseur d’indices MSCI, publiée en mars 2026, souligne que l’arrivée de SpaceX, OpenAI et Anthropic renforcerait encore l’hégémonie des États-Unis dans les grands indices mondiaux. « Elles représentent collectivement certains des secteurs les plus dynamiques de l’économie, notamment les plateformes logicielles d’intelligence artificielle, les technologies financières et les industries de la nouvelle économie », expliquent Abhishek Gupta et Adrian Elizondo Morales, auteurs de l’étude.

Cependant, cette concentration des levées de fonds comporte des risques. Samuel Kerr, responsable mondial des marchés des capitaux chez Mergermarket, avait averti en avril 2026 que l’engouement pour SpaceX risquait de « voler la vedette à tous les autres » : « Tous les regards seront tournés vers SpaceX », avait-il insisté lors d’une intervention sur CNBC. Cette domination médiatique pourrait étouffer les autres projets d’introduction en Bourse, les investisseurs préférant attendre une opération perçue comme plus sûre ou plus prometteuse.

Liquidité et volatilité : les défis des méga-IPO

Pour John Plassard, expert en marchés des capitaux interrogé par BFM Bourse le 2 juin 2026, ces opérations pourraient à court terme absorber une part importante de la liquidité disponible sur les marchés. « Certains investisseurs seront tentés de vendre des positions existantes pour participer à ces introductions en Bourse, qui sont ultra-médiatisées », a-t-il précisé. Le véritable enjeu pour Wall Street, selon lui, sera de « savoir si les investisseurs peuvent absorber simultanément plusieurs opérations géantes », dans un contexte où les valorisations technologiques sont déjà élevées et où l’intelligence artificielle concentre une part croissante des investissements.

Un autre point de vigilance concerne le flottant – c’est-à-dire la part des actions disponibles à l’échange – qui sera particulièrement faible pour ces méga-introductions. Ronan Blan, gérant analyste crédit chez Montpensier Arbevel, tempère cependant ces craintes : « On parle de montants stratosphériques avec SpaceX, mais la société ne va lever que 75 milliards de dollars ». Pour lui, l’ambiance reste globalement « bonne », reflétant une dynamique positive des bénéfices nets aux États-Unis et en Europe. Il note aussi que les investisseurs particuliers restent souvent attachés à leurs titres après une introduction en Bourse, ce qui peut limiter les mouvements de panique.

Et maintenant ?

Ces trois méga-introductions en Bourse pourraient, à moyen terme, renforcer l’attractivité de Wall Street en drainant de nouveaux capitaux et en augmentant le volume d’échanges. Cependant, leur succès dépendra largement de la capacité des investisseurs à absorber ces opérations sans créer de déséquilibres. Une déception sur l’une d’entre elles, à l’image des premiers mois difficiles d’Alibaba, Meta ou Uber en Bourse, pourrait refermer la fenêtre des introductions jusqu’en 2027, selon Morningstar. Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour évaluer l’impact réel de ces opérations sur les marchés.

Par ailleurs, le battage médiatique autour de SpaceX a déjà suscité des comportements spéculatifs. Certains investisseurs parient sur une confusion entre le code boursier de SpaceX (SPCX) et celui de Virgin Galactic (SPCE), une stratégie risquée mais symptomatique de l’engouement actuel. Reste à savoir si cette frénésie se traduira par une stabilité durable ou, au contraire, par une correction brutale.

Conclusion : un pari risqué pour les marchés

Ces trois introductions en Bourse représentent un test majeur pour la résilience des marchés américains. Leur réussite pourrait consolider la domination de Wall Street, tandis qu’un échec serait susceptible de provoquer un effet domino sur l’ensemble du secteur technologique. Les prochaines semaines seront donc scrutées avec une attention particulière par les investisseurs du monde entier.

Ces opérations, d’une ampleur inédite, pourraient drainer une part majeure de la liquidité disponible sur les marchés, au point de fragiliser d’autres projets d’introduction en Bourse. Leur succès dépendra de la capacité des investisseurs à les absorber sans créer de déséquilibres, sous peine de provoquer un gel des opérations en 2027.

Les principaux risques incluent un faible flottant, susceptible de générer des mouvements boursiers violents, ainsi que la possibilité d’un accueil glacial de l’une de ces introductions, ce qui pourrait refermer la fenêtre des IPO jusqu’en 2027. Les investisseurs s’interrogent aussi sur la durabilité des valorisations technologiques élevées.