D’après Numerama, SpaceX s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de sa fusée géante Starship avec son 12e vol d’essai, prévu ce mercredi 20 mai 2026. Ce lancement, qui marque les débuts de la troisième génération du vaisseau et du booster Super Heavy, revêt une importance particulière : il permettra de valider les nombreuses modifications structurelles apportées à l’engin, dans la perspective d’un lanceur entièrement réutilisable.
L’entreprise américaine mise sur ce vol pour tester des innovations techniques majeures, dont une nouvelle architecture, des tests thermiques poussés et des manœuvres inédites. Le décollage est programmé à partir de 19h, heure de Paris, depuis la base spatiale de Starbase, située à Boca Chica, au Texas. Comme à l’accoutumée, SpaceX diffusera l’événement en direct sur sa plateforme X (ex-Twitter), avec une couverture en anglais débutant 45 minutes avant le tir. Plusieurs retransmissions parallèles en français seront également disponibles sur YouTube, animées par des passionnés d’actualité spatiale.
Ce qu’il faut retenir
- Nouvelle génération : Ce 12e vol d’essai introduit la troisième version du Starship et du booster Super Heavy, avec des améliorations structurelles significatives.
- Décollage à 19h (heure de Paris) : La fenêtre de tir s’ouvre ce mercredi 20 mai depuis Starbase (Texas), avec un retour sur Terre prévu après un vol suborbital.
- Innovations techniques : Absence de capture par la tour, déploiement de charges utiles, tests du bouclier thermique et manœuvres aérodynamiques inédites.
- Tests thermiques : Une tuile thermique a été volontairement retirée pour évaluer la résistance des voisines, tandis que d’autres ont été peintes en blanc pour servir de cibles visuelles.
- Diffusion en direct : Le flux officiel sera accessible sur X et X TV, avec des commentaires en français disponibles sur YouTube.
Un vol crucial pour l’ambition de réutilisabilité totale
Avec ce 12e essai, SpaceX franchit une nouvelle étape vers son objectif de long terme : un lanceur entièrement et rapidement réutilisable. Selon Numerama, le Starship entre désormais dans sa troisième version, avec un propulseur modernisé, un étage supérieur remanié et des moteurs de nouvelle génération. L’enjeu est double : valider ces modifications techniques et préparer les futurs vols opérationnels, notamment pour les missions habitées ou les déploiements de satellites.
Le plan de vol reste conforme aux précédents essais : après le décollage et la séparation des deux étages, le booster Super Heavy effectuera un retour contrôlé dans le golfe du Mexique, tandis que le vaisseau Starship poursuivra sa trajectoire suborbitale avant de replonger vers l’atmosphère pour un amerrissage simulé. Contrairement au 11e vol, où le Super Heavy avait été capturé par les bras mécaniques de la tour de lancement, cette fois, SpaceX privilégie la sécurité en visant un amerrissage en mer.
Des innovations techniques au cœur de ce vol
Ce 12e vol d’essai se distingue par plusieurs nouveautés majeures, détaillées par Numerama. Première innovation : l’absence de capture du Super Heavy par la tour de lancement. « Pour un véhicule redessiné comme celui-ci, nous préférons jouer la prudence et viser un amerrissage dans le golfe du Mexique », explique un porte-parole de SpaceX. Cette approche permet d’évaluer la fiabilité du booster dans des conditions proches de celles d’un retour opérationnel.
Autre test inédit : le déploiement de 22 charges utiles, dont 20 simulateurs de masse imitant les futurs satellites Starlink V3 et 2 satellites dédiés à la surveillance du bouclier thermique du Starship. Ces derniers, équipés de caméras et de scanners, transmettront des données en temps réel sur le comportement des tuiles thermiques lors de la rentrée atmosphérique. « Ces essais sont essentiels pour comprendre comment le bouclier réagit aux contraintes thermiques extrêmes », précise Numerama.
Le bouclier thermique sous les projecteurs
Le Starship, dans sa version actuelle, repose en grande partie sur la résistance de son bouclier thermique composé de milliers de tuiles. Pour ce vol, SpaceX a volontairement retiré une tuile afin de mesurer comment les voisines encaissent la chaleur générée par la rentrée atmosphérique. « C’est une manière de pousser les limites de notre système de protection thermique », souligne un ingénieur de SpaceX cité par Numerama. Par ailleurs, certaines tuiles ont été peintes en blanc pour servir de cibles visuelles aux satellites espions, permettant d’évaluer leur visibilité et leur résistance aux frottements.
En complément, le vaisseau tentera une manœuvre aérodynamique inédite en poussant ses volets arrière à leurs limites structurelles. Cette simulation vise à préparer les futurs profils de retour au Texas, où SpaceX envisage de faire atterrir ses lanceurs de manière réutilisable. Un rallumage des moteurs Raptor dans le vide spatial est également au programme, pour tester la fiabilité du système de propulsion en conditions extrêmes.
Un direct accessible, mais des aléas toujours possibles
Le décollage est prévu ce mercredi 20 mai à partir de 19h, heure de Paris, une heure idéale pour les observateurs européens. Comme toujours avec les vols d’essai de SpaceX, les horaires restent conditionnés par la météo et les vérifications techniques. « Un simple voyant rouge pourrait reporter le lancement de plusieurs heures, voire de plusieurs jours », rappelle Numerama. La moindre anomalie détectée lors des dernières vérifications entraînerait un report immédiat, conformément à la prudence qui caractérise les essais de la fusée géante.
La retransmission en direct, disponible sur X et X TV, offrira une vue plongeante sur les opérations, depuis les ultimes préparatifs jusqu’à la séparation des étages. Pour les francophones, plusieurs chaînes YouTube spécialisées proposeront des commentaires en direct, avec des analyses techniques et des réactions en temps réel. Ces alternatives permettent au public de suivre l’événement sans avoir à veiller tard dans la nuit, contrairement aux fenêtres de tir nocturnes habituelles des missions précédentes.
Quoi qu’il en soit, ce vol marque une étape clé dans la course à la réutilisabilité spatiale. Si les résultats sont concluants, ils pourraient accélérer le calendrier des missions lunaires et martiennes, où le Starship est appelé à jouer un rôle central. Pour l’heure, l’attention se portera sur le comportement du bouclier thermique, des charges utiles et du booster Super Heavy lors de leur retour sur Terre.
D’après Numerama, SpaceX a fait ce choix pour des raisons de sécurité. Le véhicule ayant été entièrement redessiné, l’entreprise préfère évaluer son comportement lors d’un amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique plutôt que de risquer une capture par la tour, une manœuvre encore en phase de test.
Si le vol se déroule nominalement, SpaceX devrait enchaîner avec d’autres essais pour affiner la réutilisabilité du Starship. L’entreprise vise une cadence de lancements plus élevée, avec pour objectif final de rendre le lanceur entièrement et rapidement réutilisable, comme le rappelle Numerama.