Une équipe de chercheurs américains affirme avoir identifié la cause des douleurs musculaires parfois ressenties par certains patients sous statines, ces médicaments largement prescrits pour réduire le taux de cholestérol. Selon Top Santé, cette avancée pourrait expliquer un phénomène médical qui intrigue depuis plusieurs décennies.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude américaine met en lumière un mécanisme expliquant les douleurs musculaires sous statines, un effet secondaire fréquent.
  • Les chercheurs pointent un dysfonctionnement au niveau de la production d’énergie dans les mitochondries des cellules musculaires.
  • Cette découverte pourrait permettre à l’avenir de mieux adapter les traitements ou de proposer des alternatives.
  • Les statines restent l’un des médicaments les plus prescrits au monde pour lutter contre l’hypercholestérolémie.

Les statines, utilisées par des millions de patients dans le monde pour réduire leur taux de cholestérol, sont parfois associées à des effets indésirables, dont des douleurs musculaires. Ce phénomène, bien que connu, n’avait jusqu’ici pas trouvé d’explication claire. Comme le rapporte Top Santé, une équipe de chercheurs américains vient de publier une étude dans la revue Nature Communications qui pourrait enfin lever le voile sur ce mystère.

Selon les travaux menés par des scientifiques de l’Université de Californie à San Diego et de l’Université de l’Illinois, le problème viendrait d’un dysfonctionnement des mitochondries, ces petites structures présentes dans les cellules qui jouent un rôle clé dans la production d’énergie. «

Les statines inhibent une enzyme essentielle à la synthèse du cholestérol, mais cette inhibition perturbe également la fonction mitochondriale dans les cellules musculaires », a expliqué le Dr. Richard L. Lieber, co-auteur de l’étude, lors d’une conférence de presse.
» Autrement dit, le médicament agirait comme un double tranchant : efficace pour abaisser le cholestérol, mais potentiellement dommageable pour les muscles chez certains patients.

Les chercheurs ont mené leurs expériences sur des cellules musculaires humaines et des modèles animaux. Leurs observations révèlent que les statines réduisent la capacité des mitochondries à produire de l’ATP, la molécule qui fournit l’énergie aux cellules. Résultat : les fibres musculaires peinent à fonctionner normalement, ce qui se traduit par des douleurs, une faiblesse musculaire, voire dans certains cas des crampes persistantes. «

Nous avons constaté que les cellules exposées aux statines présentaient une baisse de 30 à 40 % de leur production d’ATP, ce qui est cohérent avec les symptômes rapportés par les patients », a précisé le Dr. Lieber.
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Cette découverte ne remet pas en cause l’efficacité globale des statines, qui restent un pilier dans la prévention des maladies cardiovasculaires. D’après Top Santé, les auteurs de l’étude soulignent que seul un faible pourcentage de patients — estimé entre 5 et 10 % — serait concerné par ces effets secondaires musculaires. Pour autant, cette proportion représente tout de même plusieurs millions de personnes à travers le monde, compte tenu de la large prescription de ces médicaments.

Les chercheurs envisagent désormais plusieurs pistes pour limiter ces effets indésirables. L’une d’elles consisterait à associer les statines à des compléments alimentaires visant à soutenir la fonction mitochondriale, comme la coenzyme Q10, déjà étudiée dans d’autres contextes. Une autre approche pourrait être de développer de nouvelles formulations de statines, moins agressives pour les muscles. «

Notre objectif n’est pas de diaboliser les statines, mais de mieux comprendre leurs mécanismes pour optimiser leur utilisation », a déclaré le Dr. Lieber.
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Et maintenant ?

Les résultats de cette étude pourraient ouvrir la voie à des essais cliniques plus ciblés, visant à évaluer l’efficacité de stratégies préventives chez les patients à risque. Une première réunion entre les chercheurs et des représentants de l’industrie pharmaceutique est prévue pour septembre 2026 afin d’évaluer la faisabilité de ces pistes. En attendant, les médecins sont invités à surveiller les symptômes musculaires chez leurs patients sous statines, même si la majorité d’entre eux tolèrent bien ces traitements.

Cette avancée s’inscrit dans un contexte où les questions de tolérance médicamenteuse gagnent en importance, alors que la médecine personnalisée progresse. Si ces travaux sont confirmés par d’autres études, ils pourraient aussi inciter les autorités sanitaires à revoir certaines recommandations de prescription, notamment pour les patients souffrant déjà de troubles musculaires ou métaboliques. Autant dire que cette découverte, bien que technique, pourrait avoir des répercussions concrètes sur la prise en charge de millions de patients à travers le monde.

Non, il est fortement déconseillé d’arrêter son traitement sans avis médical. Toute décision doit être prise en concertation avec un professionnel de santé, qui pourra évaluer si les douleurs sont effectivement liées aux statines ou à une autre cause. Une interruption brutale peut, dans certains cas, aggraver le risque cardiovasculaire.