Alors que le groupe automobile Stellantis traverse une période de difficultés économiques, le géant européen s’apprête à officialiser un vaste plan de restructuration. Ce dernier vise à corriger les pertes accumulées, notamment dans le segment des véhicules électriques — une stratégie pourtant portée par l’ancien PDG Carlos Tavares. D’après Frandroid, cette réorientation majeure interroge sur le rôle futur de la France au sein du groupe, alors que les incertitudes pèsent sur les sites de production et les investissements locaux.
Ce qu'il faut retenir
- Stellantis prépare un plan de redressement pour réduire ses pertes, en particulier dans l’électrique
- La stratégie historique de Carlos Tavares, ex-PDG, est remise en cause
- La place de la France dans ce nouveau schéma industriel reste incertaine
- Le groupe pourrait recentrer ses efforts sur des technologies alternatives (hybrides, thermiques)
Un groupe sous pression face à des pertes persistantes
Stellantis, né en 2021 de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), affronte une conjoncture économique défavorable. Les marges dans le segment des véhicules électriques — un pilier de la stratégie de Carlos Tavares — se révèlent moins rentables que prévu. Selon des sources internes citées par Frandroid, les coûts de production élevés et la concurrence accrue dans ce secteur ont conduit la direction actuelle à envisager une révision drastique de ses orientations. Le plan de redressement, dont les contours devraient être dévoilés dans les prochaines semaines, s’inscrit dans ce contexte.
Les analystes soulignent que Stellantis n’est pas le seul constructeur à reconsidérer sa feuille de route électrique. Carlos Tavares, qui a quitté le groupe en 2024, avait fait de l’électrification une priorité absolue, avec l’objectif de proposer une gamme 100 % électrique d’ici 2030. Pourtant, les retards accumulés et les surcoûts ont fragilisé cette ambition, poussant l’actuelle direction à opter pour une approche plus pragmatique.
La France, un acteur incertain dans cette refonte industrielle
La question du maintien des activités en France cristallise les inquiétudes. Stellantis emploie près de 45 000 salariés dans l’Hexagone, répartis sur plusieurs sites emblématiques comme Poissy, Mulhouse ou Rennes. Si le groupe a récemment annoncé des investissements dans les usines de Sochaux et de Trémery pour moderniser sa production de moteurs thermiques, l’avenir des sites dédiés à l’électrique reste flou. Frandroid indique que des discussions sont en cours pour adapter les capacités de production, avec un risque de réduction d’activité sur certains sites.
Les syndicats, comme la CGT, alertent depuis plusieurs mois sur les conséquences sociales d’un tel virage. «
Si Stellantis tourne le dos à l’électrique, ce sont des milliers d’emplois qui pourraient être menacés, notamment dans les usines spécialisées», a déclaré un représentant syndical à l’AFP. Pour l’instant, la direction n’a pas communiqué de calendrier précis, mais les décisions pourraient tomber avant la fin de l’année 2026.
Vers un recentrage sur des technologies hybrides et thermiques ?
Plutôt que de miser exclusivement sur l’électrique, Stellantis envisagerait de privilégier des motorisations hybrides rechargeables ou des moteurs thermiques améliorés, jugés plus adaptés au marché européen. Cette hypothèse, évoquée par plusieurs médias spécialisés, s’expliquerait par les réticences des consommateurs face à l’autonomie limitée des véhicules 100 % électriques et à l’absence d’infrastructures de recharge suffisantes. Frandroid précise que le groupe pourrait aussi accélérer le développement de ses modèles hybrides, une technologie où Stellantis dispose déjà d’un avantage concurrentiel.
Cette réorientation s’accompagnerait d’une rationalisation des coûts, avec notamment la suppression de certains projets jugés non rentables. Parmi les pistes envisagées : la fermeture ou la reconversion de sites de production, ainsi qu’une réduction des effectifs dans les services administratifs. Aucune confirmation officielle n’a été apportée à ce stade, mais les premières mesures pourraient être annoncées d’ici l’été.
En attendant, les salariés, les sous-traitants et les collectivités locales restent suspendus aux décisions à venir. Une chose est sûre : le secteur automobile français entre dans une phase de turbulence, où chaque choix industriel aura des répercussions bien au-delà des frontières de l’Hexagone.