Selon BFM Bourse, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics continue de surperformer le marché actions en 2026. Après une progression spectaculaire de 178 % depuis le 1er janvier, la banque américaine Bank of America relève son objectif de cours à 86 euros, soit un potentiel de hausse de près de 40 % par rapport au dernier cours de clôture de 61,52 euros. Cette dynamique s’appuie sur trois relais de croissance majeurs : l’intelligence artificielle, les satellites en orbite basse et la reprise cyclique dans l’automobile et l’industrie.
Ce qu'il faut retenir
- STMicroelectronics affiche une progression boursière de 178 % depuis janvier 2026, la plus forte du CAC 40
- Bank of America cible désormais 86 euros l’action, impliquant un potentiel de hausse de 39,8 %
- Les revenus liés à l’IA pour 2026 sont révisés à la hausse à plus d’1 milliard de dollars
- Le groupe mise sur les satellites en orbite basse terrestre (LEO) pour générer 3,6 milliards de dollars entre 2026 et 2028
- La reprise dans l’automobile et l’industrie devrait soutenir la croissance à moyen terme
Une performance boursière historique sur le CAC 40
Malgré une volatilité marquée dans le secteur des semi-conducteurs ces dernières semaines, STMicroelectronics s’impose comme la valeur phare du CAC 40 en 2026. Avec une hausse de 178 % depuis le début de l’année, le groupe franco-italien écrase tous ses concurrents. Cette performance reflète l’engouement des investisseurs pour les entreprises européennes liées à l’intelligence artificielle, un thème qui domine les marchés depuis plusieurs mois. « Alors que l’histoire de l’IA s’est longtemps écrite au travers de quelques noms, ceux-ci découvrent aujourd’hui que l’industrie des semi-conducteurs, indispensable à cette révolution, est bien plus complexe et implique des dépendances critiques », souligne Enguerrand Artaz, stratégiste chez La Financière de l’Échiquier.
L’intelligence artificielle, un moteur de croissance clé
STMicroelectronics a su tirer parti de la demande croissante en infrastructures pour l’IA, notamment via sa plateforme PIC 100. Basée sur la photonique sur silicium, cette technologie offre « une bande passante plus élevée, une latence réduite et une meilleure efficacité énergétique », précise le groupe. Ces circuits sont utilisés par les géants des « hyperscalers » – comme Amazon, Meta ou Alphabet – pour les interconnexions optiques des centres de données. Autre innovation majeure : l’extension de son portefeuille de produits de conversion de puissance pour l’architecture 800 VDC, une norme plus efficace que l’ancien standard de 54 VCC. Cette technologie, que développe également Nvidia, est présentée comme essentielle pour répondre aux besoins énergétiques des centres de données dopés à l’IA.
Début juin, STMicroelectronics a doublé ses prévisions de revenus liés à l’IA, tablant désormais sur plus d’1 milliard de dollars en 2026 et 2 milliards en 2027. Bank of America anticipe quant à elle une progression des revenus issus des interconnexions optiques, passant de 670 millions de dollars en 2026 à 2,3 milliards en 2028. L’établissement table sur une prise de part de marché dans ce segment, passant de 5 % à 30 % d’ici deux à trois ans.
Les satellites en orbite basse, un relais de croissance inattendu
Autre vecteur de croissance pour STMicroelectronics : les satellites en orbite basse terrestre (LEO), perçus comme plus performants que les satellites géostationnaires classiques. « Les satellites LEO offrent une couverture mondiale avec une latence jusqu’à cinq fois inférieure à celle des GEO, rendant l’expérience utilisateur comparable à celle de la fibre terrestre », explique AST Networks. Le groupe fournit des circuits intégrés optiques et de radiofréquence pour les terminaux de Starlink (SpaceX), Amazon Leo et OneWeb (Eutelsat).
STMicroelectronics prévoit 3 milliards de dollars de revenus cumulés entre 2026 et 2028 sur cette activité. Une estimation jugée « trop prudente » par Bank of America, qui anticipe 3,6 milliards de dollars sur la même période. Plusieurs facteurs expliquent cet optimisme : l’acquisition de nouveaux clients, la baisse des coûts de lancement des satellites et l’augmentation de la valeur du contenu par satellite, estimée à « plusieurs dizaines de milliers de dollars » d’ici 2030. Le nombre d’utilisateurs de services haut débit par satellite pourrait quant à lui passer de 10 millions en 2025 à 100 millions en 2028.
L’automobile et l’industrie en phase de reprise
Bank of America identifie également un rebond cyclique chez les clients traditionnels de STMicroelectronics, notamment dans l’automobile et la grande industrie. « La digestion des stocks est en passe d’être achevée, et les grands constructeurs commencent à réviser à la hausse leurs prévisions de volumes », indique la banque. Dans l’automobile électrique, STMicroelectronics pourrait conquérir de nouveaux clients – en plus de Tesla – grâce à son activité de carbure de silicium, un matériau semi-conducteur clé pour les véhicules électriques. Du côté de l’industrie, une reconstitution des stocks est observée après deux années de niveaux élevés.
Face à ces perspectives, Bank of America estime que le consensus des analystes est « bien trop pessimiste ». L’établissement table sur des bénéfices supérieurs de 30 % à 43 % aux prévisions moyennes pour la période 2026-2028.
Un pari spatial à long terme
Bank of America évoque un scénario audacieux à horizon 2030 : la création de centres de données dans l’espace. Selon l’établissement, STMicroelectronics pourrait y jouer un rôle majeur, grâce à son expertise en interconnexions optiques. « Les câbles en cuivre, inutilisables dans l’espace, laissent le champ libre aux technologies optiques développées par le groupe », précise la note. Un pari risqué, mais qui pourrait s’avérer payant si le marché des data centers extra-atmosphériques se développe comme anticipé.
À la Bourse de Paris, l’action STMicroelectronics a enregistré une hausse de 1,1 % ce mercredi, confirmant son statut de valeur phare du CAC 40. Avec une capitalisation boursière en forte expansion et des perspectives sectorielles porteuses, le groupe franco-italien continue de séduire les investisseurs, malgré un contexte macroéconomique encore incertain.
Bank of America mise sur trois relais de croissance pour STMicroelectronics : l’intelligence artificielle (avec une hausse des revenus des interconnexions optiques de 670 millions à 2,3 milliards de dollars d’ici 2028), les satellites en orbite basse (3,6 milliards de dollars de revenus cumulés entre 2026 et 2028) et la reprise cyclique dans l’automobile et l’industrie. La banque anticipe également une diversification de la clientèle et une amélioration des marges, justifiant un objectif de cours à 86 euros, soit un potentiel de hausse de près de 40 %.
La plateforme PIC 100, basée sur la photonique sur silicium, est présentée comme une innovation clé. Elle permet d’optimiser la bande passante, de réduire la latence et d’améliorer l’efficacité énergétique des centres de données, des atouts majeurs pour gérer les charges de travail liées à l’intelligence artificielle. Cette technologie est notamment utilisée par les « hyperscalers » comme Amazon et Meta pour leurs interconnexions optiques.