Les stocks de pétrole des pays membres de l'OCDE ont atteint leur plus bas niveau depuis 1990, selon les dernières données publiées ce 17 juin 2026 par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cette chute intervient dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique, reste partiellement bloqué depuis le début du conflit.
Ce qu'il faut retenir
- Les réserves de pétrole de l'OCDE ont chuté de 163 millions de barils depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon l'AIE.
- L'AIE révise à la baisse sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2026, avec un recul attendu de 1,1 million de barils par jour.
- Un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran doit être signé ce vendredi 20 juin à Burgenstock, en Suisse, pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
- Deux pétroliers iraniens ont franchi le blocus américain des ports iraniens, marquant les premières exportations de pétrole brut de l'Iran depuis deux mois.
- Le Premier ministre canadien Mark Carney s'est dit « très satisfait » de l'accord entre Téhéran et Washington.
D'après BMF - International, cette situation reflète l'ampleur des perturbations sur le marché pétrolier mondial, aggravées par les tensions géopolitiques dans la région. Les réserves des pays de l'OCDE, qui s'élevaient encore à 2 800 millions de barils en 2020, ont depuis lors diminué de manière continue, atteignant aujourd'hui un niveau historique. « Malgré la baisse significative de la demande de pétrole, les réserves continuent de s'éroder à un rythme record », souligne l'AIE dans son rapport mensuel.
Un accord historique entre les États-Unis et l'Iran en suspens
Alors que le G7 s'est achevé hier à Évian-les-Bains, en France, la signature d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran est prévue pour ce vendredi 20 juin à Burgenstock, près de Lucerne en Suisse. Ce texte, fruit de deux mois de négociations, vise à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et à éviter une escalade nucléaire. Donald Trump a réaffirmé que l'Iran « n'aura jamais l'arme nucléaire », sous peine de « conséquences inimaginables ».
Le vice-président américain JD Vance, présent à la cérémonie, a précisé que le document n'était pas encore rendu public, car les responsables devaient « l’organiser de la bonne manière ». « Nous sommes très satisfaits de l'accord qui a été conclu », a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney, lors d'une interview à CNN. « Il jette les bases pour garantir que l'Iran ne possède pas l'arme nucléaire (...) et d'une solution au Liban, dont nous avons discuté aujourd'hui. C'est donc un point positif. »
Des signes d'apaisement sur le front énergétique
Quelques jours avant la signature de l'accord, un premier signe d'apaisement est venu du secteur pétrolier. Selon le site de suivi maritime TankerTrackers, au moins deux supertankers iraniens — le Diona et le Hero2 — ont franchi la zone du blocus américain des ports iraniens, transportant à eux deux 3,8 millions de barils de pétrole brut. « Il s'agit des premières exportations de pétrole brut de l'Iran depuis deux mois », confirme la plateforme sur X.
Cette levée partielle du blocus, effective depuis environ deux mois, intervient alors que les négociations entre Téhéran et Washington s'intensifient. Cependant, les tensions régionales persistent. L'Iran a menacé Israël d'une « réponse sévère » après des frappes israéliennes dans le sud du Liban ayant fait quatre morts, en dépit de l'annonce de l'accord.
Une demande mondiale de pétrole en net recul
L'impact de la guerre au Moyen-Orient sur le marché pétrolier se mesure aussi dans les prévisions de l'AIE. Dans son dernier rapport mensuel, l'agence révise fortement à la baisse sa projection de demande mondiale de pétrole pour 2026. La demande devrait reculer de 1,1 million de barils par jour, soit un recul presque trois fois supérieur à celui anticipé le mois dernier. « L'impact considérable de la guerre au Moyen-Orient sur le marché » est pointé du doigt par l'AIE, qui note une contraction de la consommation liée aux incertitudes économiques et géopolitiques.
Cette révision intervient alors que les stocks de l'OCDE atteignent leur niveau le plus bas depuis 1990, renforçant la vulnérabilité des approvisionnements mondiaux. « Malgré la baisse significative de la demande de pétrole, les réserves continuent de s'éroder à un rythme record », indique l'AIE, soulignant que 163 millions de barils ont été consommés depuis le début du conflit.
Réactions contrastées en Israël et parmi les alliés occidentaux
Si le G7 s'est dit « prêt à contribuer à la mise en œuvre » de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, les réactions au sein de la communauté internationale restent contrastées. Les dirigeants du G7 ont rappelé, dans une déclaration commune, que l'Iran « n’obtiendra jamais l’arme nucléaire », tout en insistant sur les « menaces que l’Iran fait peser sur la région et au-delà ».
À Tel-Aviv, certains Israéliens s'opposent à la fin de la guerre au Liban, l'une des conditions de l'accord. « Les citoyens du nord d'Israël ont tout donné pendant trois ans. Après ce qui s'est passé, on ne peut pas baisser les bras et se retirer du sud du Liban », estime une habitante interrogée par BFMTV. De son côté, Donald Trump a critiqué Benjamin Netanyahu, lui reprochant de mettre en péril le compromis trouvé avec Téhéran. « Israël se bat contre le Hezbollah depuis trop longtemps et trop de gens sont tués », a-t-il déclaré, suggérant de laisser la Syrie s'occuper de l'organisation islamiste au Liban.
« J'ai eu une excellente relation avec Bibi (...), mais maintenant, Bibi doit être plus responsable en ce qui concerne le Liban. » — Donald Trump
L'Iran et les États-Unis à l'aube d'une nouvelle phase
La signature de l'accord vendredi marquerait le début d'une période de deux mois de négociations supplémentaires, visant à aboutir à un accord final sur le nucléaire iranien. « Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit », a averti le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, soulignant les défiances persistantes entre les deux pays.
L'ancien directeur du Mossad, Yossi Cohen, s'est dit « inquiet » quant à l'accord. « Je m'inquiète. L'Iran a menacé non pas seulement l'État d'Israël, mais aussi notre région », a-t-il déclaré sur RTL. « Si un accord de paix est signé entre Téhéran et Washington, ça signifie que le leader du monde (Donald Trump) accepte le régime iranien. Je n'ai pas confiance en l'Iran, absolument pas (...). L'Iran dirige un mensonge complet contre tout le monde. »
Ce 17 juin 2026, alors que les dirigeants mondiaux se préparent à tourner une nouvelle page au Moyen-Orient, les incertitudes persistent sur la capacité des acteurs à respecter leurs engagements. L'accord signé vendredi ne sera qu'une première étape dans un processus long et complexe, où chaque partie devra faire preuve de retenue pour éviter un retour en arrière.
Les pourparlers sur le nucléaire iranien devraient débuter « vraisemblablement » après la signature de l'accord, prévue pour ce vendredi 20 juin. Ces négociations, qui doivent aboutir à un accord final d'ici 60 jours, s'annoncent tendues, compte tenu du passif de non-respect des engagements passés par les différentes parties.