Le Parlement suédois, où les partis d’extrême droite occupent une place dominante, a adopté deux nouvelles lois visant à durcir les conditions d’accueil et d’expulsion des migrants. Selon RFI, ces textes, qui s’appuient respectivement sur le comportement des individus et sur la délation des fonctionnaires, suscitent de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parlement suédois, dominé par l’extrême droite, a adopté deux lois renforçant les expulsions des migrants.
- La première loi cible les étrangers en fonction de leur comportement, tandis que la seconde repose sur la dénonciation par les fonctionnaires.
- Ces mesures sont dénoncées par les associations de défense des droits humains.
- Le vote s’inscrit dans un contexte de durcissement progressif des politiques migratoires en Suède.
- Les nouvelles dispositions facilitent les expulsions sans nécessiter de condamnation pénale préalable.
Deux textes controversés pour contrôler l’immigration
Le premier texte, adopté mardi 10 juin 2026, permet aux autorités suédoises d’expulser un migrant en fonction de son comportement, même en l’absence de condamnation judiciaire. La loi vise notamment les individus considérés comme une menace pour l’ordre public ou la sécurité nationale. Le second texte, tout aussi controversé, impose aux fonctionnaires suédois – enseignants, travailleurs sociaux ou policiers – de signaler aux autorités tout comportement suspect lié à l’immigration illégale. Autant dire que ces dispositions transforment des agents publics en auxiliaires de police migratoire.
Selon RFI, ces lois s’inscrivent dans une stratégie plus large du gouvernement suédois, qui a progressivement durci sa politique migratoire ces dernières années. En 2025 déjà, Stockholm avait restreint l’accès aux prestations sociales pour les demandeurs d’asile, avant de renforcer les contrôles aux frontières.
Des associations de défense des droits humains vent debout
Plusieurs organisations, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont vivement réagi à l’adoption de ces textes. « Ces lois bafouent les principes fondamentaux du droit international et des droits humains », a déclaré Malena Rembe, responsable du bureau suédois d’Amnesty International. Elle a souligné que les expulsions basées sur des critères comportementaux, sans preuve judiciaire, ouvrent la porte à des abus et à des discriminations.
Le gouvernement suédois défend, quant à lui, ces mesures au nom de la protection de la société et de la maîtrise des flux migratoires. « La Suède ne peut accueillir tout le monde, et il est de notre devoir de garantir la sécurité de nos citoyens », a affirmé Ulrika Liljeberg, ministre suédoise de l’Intérieur, lors d’une conférence de presse. Ces propos reflètent la ligne dure adoptée par les partis au pouvoir, où l’extrême droite joue un rôle clé dans la définition des politiques.
Un contexte politique marqué par la montée de l’extrême droite
L’adoption de ces lois s’inscrit dans un paysage politique suédois profondément transformé. Depuis les élections de 2022, les partis d’extrême droite, comme les Démocrates de Suède (SD), occupent une place centrale au Parlement, où ils détiennent une influence décisive. Leur montée en puissance a conduit à un virage sécuritaire et migratoire, avec des propositions souvent perçues comme restrictives par les défenseurs des droits humains.
Dans ce contexte, les deux lois adoptées la semaine dernière sont présentées comme une réponse aux préoccupations des Suédois concernant l’immigration. Pourtant, les critiques dénoncent un durcissement disproportionné, qui pourrait conduire à des situations injustes pour les étrangers, même ceux en situation régulière ou installés depuis des années.
Ces réformes laissent en suspens plusieurs questions : dans quelle mesure ces lois seront-elles appliquées ? Quels seront les critères exacts pour considérer un comportement comme « suspect » ? Et surtout, quel sera l’impact sur l’image internationale de la Suède, souvent perçue comme un modèle de droits humains ? Autant de réponses qui pourraient émerger d’ici la fin de l’année.