Pour Sylvain Waserman, président de l’Agence de la transition écologique (Ademe), la transition énergétique n’est pas une option, mais une nécessité absolue pour sortir de l’impasse sociale et économique liée aux énergies fossiles. Dans un livre récemment publié, il prend position contre les critiques répétées depuis deux ans visant ce processus, qu’il présente comme la seule voie viable pour réduire la dépendance aux énergies importées, polluantes et aux prix instables. Selon Ouest France, il s’appuie sur des exemples concrets pour démontrer que cette transition est réalisable à court terme, malgré les défis persistants.

Ce qu'il faut retenir

  • Sylvain Waserman, président de l’Ademe, défend la transition écologique face aux critiques des deux dernières années.
  • Il publie un livre pour expliquer que cette transition est la solution pour sortir des énergies fossiles, coûteuses et polluantes.
  • Les énergies fossiles, selon lui, sont importées, leur prix est instable et leur impact environnemental est élevé.
  • Waserman affirme que la transition énergétique est à portée de main et s’appuie sur des exemples pour le prouver.

Ce débat survient dans un contexte où les tensions géopolitiques et les fluctuations des marchés de l’énergie ont rappelé, ces dernières années, la vulnérabilité des pays dépendants des hydrocarbures. Pour Waserman, la remise en cause de la transition écologique revient à maintenir un système énergétique coûteux et injuste pour les ménages. « L’impasse sociale est dans les énergies fossiles », déclare-t-il sans détour. Il rappelle que ces énergies, en plus d’alimenter les crises climatiques, pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des Français, leur coût étant directement lié aux fluctuations des cours internationaux.

« La transition écologique n’est pas un luxe, mais une nécessité pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles, dont le prix échappe à notre contrôle et dont l’impact environnemental est désastreux. »
— Sylvain Waserman, président de l’Ademe

Dans son ouvrage, l’expert détaille les leviers concrets pour accélérer cette transition. Il cite notamment l’électrification des transports, la rénovation thermique des bâtiments ou encore le développement des énergies renouvelables. Autant de secteurs où la France dispose déjà d’atouts, même si des retards persistent. Waserman souligne que les solutions techniques existent, mais que leur déploiement se heurte parfois à des freins administratifs ou à un manque de coordination entre les acteurs publics et privés. Il appelle à une mobilisation collective pour dépasser ces obstacles.

Le président de l’Ademe ne se contente pas de critiquer le statu quo. Il propose une feuille de route pour les années à venir, avec des objectifs chiffrés et des échéances précises. Parmi les priorités, il place en tête l’accélération des projets d’énergies renouvelables, notamment l’éolien offshore et le solaire, dont le potentiel reste sous-exploité en France. Il insiste également sur la nécessité de former les professionnels aux nouveaux métiers de la transition, afin de répondre aux besoins croissants du marché du travail dans ces secteurs.

Et maintenant ?

La publication de ce livre intervient alors que le gouvernement prépare la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont les grandes lignes devraient être dévoilées d’ici la fin de l’année 2026. Ce texte, qui fixe les orientations énergétiques de la France pour la décennie à venir, sera un test pour la crédibilité des ambitions affichées par Waserman et l’Ademe. Les prochains mois pourraient donc voir se cristalliser les débats sur le rythme et les moyens de la transition, entre ceux qui prônent une accélération et ceux qui appellent à la prudence pour éviter une hausse des coûts pour les ménages.

Quoi qu’il en soit, la position de Sylvain Waserman rappelle que le débat sur la transition énergétique ne se limite pas à une question technique ou environnementale. Il engage aussi la société dans son ensemble, sur des enjeux économiques et sociaux majeurs. Comme le souligne le président de l’Ademe, « choisir de rester dépendant des énergies fossiles, c’est choisir de subir leurs crises répétées ». Une équation que la France, comme beaucoup d’autres pays, devra résoudre dans les années à venir.

Waserman évoque principalement des obstacles administratifs et un manque de coordination entre les acteurs publics et privés. Il souligne aussi que certains projets, bien que techniquement viables, peinent à voir le jour en raison de lenteurs réglementaires ou de réticences locales.