Le secteur du transport aérien français pourrait traverser une période difficile après l'été, selon l'Union des aéroports français (UAF). Thomas Juin, son président, a tiré la sonnette d'alarme jeudi 7 mai 2026 sur RMC, évoquant un « contre-coup à l'automne » après la crise énergétique actuelle et le triplement de la taxe sur les billets d'avion. Selon BFM Business, cette mesure fiscale, entrée en vigueur, fragilise déjà les compagnies aériennes, qui devraient procéder à des arbitrages sévères sur leurs liaisons.
Ce qu'il faut retenir
- L'UAF craint un « contre-coup à l'automne » pour le secteur aérien, malgré la stabilité estivale anticipée.
- Thomas Juin, président de l'UAF, réclame l'annulation du triplement de la taxe sur les billets d'avion (TSBA).
- En 2025, cette taxe avait entraîné la suppression d'un million de sièges dans les aéroports français.
- La France n'a pas retrouvé son niveau d'activité d'avant-Covid, contrairement à d'autres pays européens comme l'Espagne ou l'Italie.
- Le gouvernement n'envisage pas, pour l'instant, de revenir sur cette mesure fiscale.
Un été sous tension, mais sans annulations massives
Malgré les craintes d'un automne compliqué, l'UAF estime que « on passera l'été » sans perturbations majeures. Cependant, le secteur ne sortira pas indemne de la crise énergétique actuelle, jugée « structurelle » par Thomas Juin. « Tout le secteur sortira très fragilisé », a-t-il déclaré, soulignant que les compagnies aériennes, déjà affaiblies, devront opérer des choix drastiques sur leurs dessertes. Les suppressions de lignes pourraient ainsi s'intensifier, comme ce fut le cas en 2025 après l'application de la taxe sur les billets d'avion.
La taxe sur les billets d'avion pointée du doigt
La mesure fiscale, qui a triplé le coût de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA), est au cœur des inquiétudes du secteur. Lors d'une réunion avec le gouvernement la veille de ses déclarations, les acteurs de l'aérien ont demandé son effacement pur et simple. « On a eu pratiquement un million de sièges supprimés sur nos aéroports français en faisant cette taxe », a rappelé Thomas Juin. Selon lui, cette politique fiscale « n'est pas pragmatique » et risque d'aggraver la situation des aéroports français, déjà en retard par rapport à leurs voisins européens.
Un retard français face à l'Europe
Contrairement à l'Espagne, au Portugal ou à l'Italie, où le trafic aérien a dépassé de plus de 15 % à 20 % son niveau d'avant-Covid, la France peine à retrouver sa dynamique d'antan. Thomas Juin a pointé du doigt cette disparité, estimant que « la France n'a pas retrouvé son niveau d'avant Covid ». Pour le président de l'UAF, il est urgent d'adopter une « politique fiscale aérienne pragmatique » qui ne pénalise pas davantage le secteur. « Il faut engager une politique fiscale aérienne qui soit pragmatique et qui ne soit pas contre-productive pour notre secteur », a-t-il conclu.
Le gouvernement reste ferme sur sa position
Lors de la réunion avec les professionnels du secteur, le gouvernement n'a pas montré de signe de flexibilité concernant la TSBA. Selon Thomas Juin, les autorités ont indiqué qu'il n'était « pas le moment d'aborder ce sujet ». Le ministre de l'Économie, Roland, a par ailleurs assuré qu'il n'y avait « à priori aucune crainte » de pénurie de kérosène pour les mois de mai et juin, et a évoqué « sans doute peu de risque » pour la suite. Une position qui contraste avec les alertes du secteur aérien.
« On passera l'été, mais le secteur ne sortira pas indemne de cette crise énergétique qui s'annonce structurelle. Ce qui est à craindre, c'est qu'on subisse le contre-coup à l'automne. »
Thomas Juin, président de l'Union des aéroports français, le 7 mai 2026 sur RMC
Les tensions entre l'État et le secteur aérien risquent de s'exacerber dans les mois à venir, alors que les compagnies aériennes appellent à un assouplissement fiscal pour éviter une crise plus profonde. Le débat sur la soutenabilité de la TSBA pourrait ainsi resurgir, surtout si les suppressions de lignes s'intensifient à l'automne.