Depuis plusieurs années, les universités françaises tentent de lutter contre les fraudes lors des examens, notamment en renforçant les contrôles et en installant des caméras. Pourtant, certains étudiants trouvent encore des moyens de contourner ces dispositifs, comme en témoigne Vassili, dont le récit a été recueilli par Libération. Dans le troisième épisode d’une série consacrée aux pratiques estudiantines, ce dernier relate ses passages répétés aux toilettes pendant ses partiels, une stratégie qu’il qualifie lui-même de « triche ».
Ce qu'il faut retenir
- Une pratique répandue : certains étudiants profitent des allers-retours aux toilettes pour consulter leurs notes ou échanger des informations, sans que ces mouvements ne soient systématiquement vérifiés.
- Des contrôles insuffisants : Vassili souligne que « personne ne vérifie qui est aux toilettes », illustrant un manque de surveillance dans les établissements.
- Une série documentaire : le récit de Vassili s’inscrit dans une enquête plus large publiée par Libération, qui explore les différentes formes de fraude aux examens.
Des toilettes, un lieu de fraude insoupçonné
Les examens universitaires sont souvent synonymes de stress et d’enjeux pour les étudiants. Pourtant, certains n’hésitent pas à franchir la ligne rouge en utilisant des stratagèmes pour maximiser leurs chances. Vassili, interrogé par Libération, évoque une méthode particulièrement répandue : multiplier les allers-retours aux toilettes pendant les épreuves. Selon lui, ce subterfuge permettrait de consulter discrètement des documents ou de discuter avec des complices, sans que les surveillants ne s’en aperçoivent. « On fait semblant d’y aller, mais en réalité, on triche », explique-t-il sans détour.
Cette pratique, bien que moins médiatisée que d’autres formes de fraude comme les antisèches ou le piratage des sujets, soulève une question : pourquoi les établissements ne parviennent-ils pas à la éradiquer ? Pour Vassili, la réponse est simple : « Personne ne vérifie qui est aux toilettes. » Un aveu qui en dit long sur les failles des systèmes de surveillance actuels.
Un phénomène difficile à quantifier
Si les universités ont renforcé leurs dispositifs anti-fraude ces dernières années, avec l’installation de caméras et de logiciels de détection, certaines pratiques restent difficiles à contrôler. Les toilettes, par exemple, échappent souvent à la vigilance des surveillants, occupés à surveiller les salles d’examen. D’après Libération, cette situation est d’autant plus problématique que les étudiants concernés agissent en toute impunité, convaincus que leurs agissements passent inaperçus.
Certains établissements tentent pourtant de contrer ce phénomène. À l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, par exemple, les surveillants sont désormais tenus de noter le nombre de passages aux toilettes par étudiant, afin d’identifier d’éventuelles anomalies. Une mesure qui, selon les responsables, a permis de réduire les cas de fraude de près de 30 % en deux ans. Pourtant, cette approche reste marginale et ne couvre pas tous les établissements.
« C’est une pratique que l’on rencontre régulièrement, même si elle est difficile à quantifier. Les étudiants savent qu’ils prennent un risque, mais beaucoup estiment que les bénéfices l’emportent sur les conséquences. »
— Un responsable pédagogique d’une université parisienne, cité par Libération
Des conséquences variables selon les établissements
Les sanctions en cas de fraude aux examens varient considérablement d’une université à l’autre. Certaines appliquent des pénalités sévères, comme l’annulation pure et simple de l’épreuve, tandis que d’autres se contentent d’un simple avertissement. Vassili, lui, n’a jamais été pris sur le fait et assume pleinement ses méthodes. « C’est une question de survie. Si je rate mes partiels, c’est toute mon année qui est compromise », justifie-t-il.
Pour les établissements, cette problématique pose un dilemme : comment concilier rigueur académique et bienveillance envers des étudiants sous pression ? Certaines facultés misent sur la prévention, en organisant des ateliers pour sensibiliser les étudiants aux risques de la fraude. D’autres, plus strictes, n’hésitent pas à expulser les fraudeurs, quitte à les priver de toute seconde chance.
Une chose est sûre : tant que les contrôles resteront aussi laxistes dans certains lieux, des pratiques comme celles décrites par Vassili continueront de prospérer. La question n’est plus seulement de savoir comment sanctionner, mais comment prévenir efficacement la fraude dans un système où la pression académique ne cesse de s’intensifier.