Trois résidentes canadiennes ont décidé de saisir la justice pour contester la politique environnementale du gouvernement de Mark Carney, Premier ministre libéral en poste depuis mars 2025. Leur action en justice vise à dénoncer l'abrogation de plusieurs mesures clés destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre, parmi lesquelles la taxe sur le carbone pour les particuliers et le plafond d'émissions imposé au secteur pétrolier. Selon Libération, cette initiative s'inscrit dans un contexte de tensions accrues autour des engagements climatiques du Canada, alors que le pays reste l'un des plus gros émetteurs de CO₂ par habitant au monde.
Ce qu'il faut retenir
- Trois Canadiennes ont engagé une action en justice contre l'État pour inaction climatique, selon Libération.
- Le Premier ministre libéral Mark Carney, en fonction depuis mars 2025, a supprimé la taxe sur le carbone pour les particuliers et le plafond des émissions du secteur pétrolier.
- Cette affaire soulève des questions sur la crédibilité des engagements climatiques du Canada, malgré ses engagements internationaux.
- Les plaignantes demandent à la justice de reconnaître l'illégalité de ces abrogations au regard du droit à un environnement sain.
Un recours juridique pour des mesures environnementales jugées insuffisantes
Les trois plaignantes, dont les identités n'ont pas été dévoilées, s'appuient sur des arguments juridiques liés aux droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à la santé et à un environnement sain. Leur recours cible directement les décisions prises par le gouvernement Carney, accusé d'avoir affaibli les outils de lutte contre le réchauffement climatique. Selon Libération, cette plainte s'inscrit dans une tendance croissante de recours contre les États pour inaction climatique, comme l'a illustré l'affaire récente du « climat vs. États » devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Parmi les mesures supprimées figurent la taxe carbone sur les carburants pour les ménages, un outil économique central pour inciter à la réduction des émissions. Le gouvernement a également levé le plafond d'émissions imposé aux entreprises du secteur pétrolier et gazier, une décision qui, pour les plaignantes, va à l'encontre des objectifs de réduction de 40 à 45 % des émissions d'ici 2030, annoncés par le Canada lors de l'Accord de Paris.
Un gouvernement en porte-à-faux avec ses engagements internationaux
Le recours des trois Canadiennes met en lumière les contradictions entre la politique environnementale intérieure et les engagements internationaux du pays. Ottawa avait en effet réaffirmé, lors de la COP28 en décembre 2025, sa volonté de jouer un rôle de leader dans la transition écologique. Pourtant, les mesures adoptées depuis l'arrivée de Mark Carney au pouvoir semblent aller à l'encontre de cette ambition. Selon Libération, cette situation alimente les critiques des ONG et des scientifiques, qui dénoncent un recul sans précédent des politiques climatiques canadiennes.
Le gouvernement justifie ces abrogations par la nécessité de soutenir l'économie, notamment dans un contexte de ralentissement post-pandémique. « Ces mesures étaient trop contraignantes pour les ménages et les entreprises, sans garantie d'impact réel sur les émissions », a indiqué un porte-parole du ministère de l'Environnement, cité par Libération. Une argumentation qui ne convainc pas les plaignantes, ni les observateurs extérieurs, pour qui ces décisions risquent d'aggraver la crise climatique.
Cette initiative rappelle que la question climatique ne se limite plus aux débats politiques, mais s'invite désormais devant les tribunaux. Elle pose aussi la question de l'équilibre entre développement économique et préservation de l'environnement, un débat qui devrait s'intensifier à l'approche des prochaines échéances électorales.
Les trois Canadiennes attendent désormais une audience préliminaire, prévue d'ici la fin de l'été 2026, où leurs arguments seront examinés par la justice. Si la plainte est jugée recevable, une procédure plus longue pourrait s'engager, avec des débats sur le fond du dossier.
Une condamnation dépendrait de la capacité des plaignantes à prouver que les abrogations de mesures climatiques violent leurs droits fondamentaux. Si la justice donne raison aux plaignantes, le gouvernement pourrait être contraint de rétablir certaines mesures ou d'en adopter de nouvelles.