L’administration du président américain Donald Trump a récemment supprimé plus d’une trentaine de réglementations relatives aux armes à feu aux États-Unis. Ces mesures, dénoncées par les détracteurs du locataire de la Maison-Blanche pour leur impact sur la sécurité publique, visent notamment à assouplir le contrôle sur les ventes d’armes entre particuliers. Selon Courrier International, qui reprend les informations du New York Times, ces changements rétablissent également le droit de posséder une arme pour certaines personnes souffrant de troubles mentaux, tout en mettant fin à la politique de « tolérance zéro » appliquée aux armureries coupables de ventes illégales.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 30 réglementations supprimées par l’administration Trump sur les armes à feu depuis le début de son mandat.
- Rétablissement du droit de posséder une arme pour certaines personnes souffrant de troubles mentaux, une mesure critiquée pour son impact sur la sécurité publique.
- Fin de la politique de « tolérance zéro » envers les armureries vendant illégalement des armes.
- Assouplissement des ventes entre particuliers, facilitant les transactions sans vérification systématique des antécédents des acheteurs.
- Donald Trump Jr., fils aîné du président, siège au conseil d’administration de GrabAGun, une entreprise de vente d’armes en ligne, et pourrait bénéficier des nouvelles règles.
- Les modifications envisagées permettraient pour la première fois l’envoi direct d’armes de poing à domicile, une mesure actuellement interdite par la réglementation fédérale.
Ces assouplissements surviennent dans un contexte marqué par une série de fusillades de masse aux États-Unis. Sous la présidence de Joe Biden, entre 2021 et 2025, plusieurs mesures strictes avaient été adoptées pour tenter de limiter l’accès aux armes à feu. « Ces changements ne font que ramener la réglementation sur les armes à feu à son niveau d’avant l’entrée en fonctions de Joe Biden », a déclaré un porte-parole des partisans du droit au port d’armes, comme le rapporte Courrier International.
Des règles fédérales remises en cause pour faciliter les ventes en ligne
Parmi les modifications les plus controversées figure la possibilité d’envoyer directement des armes de poing à domicile via des plateformes en ligne. Actuellement, la réglementation fédérale interdit cette pratique : les acheteurs doivent se rendre en magasin pour récupérer leur commande, où sont effectuées les vérifications d’antécédents et les transferts d’armes. « La réglementation fédérale exige que les vérifications d’antécédents et les transferts d’armes à feu se fassent en personne », précise Courrier International, reprenant les propos du Washington Post.
Les nouvelles règles envisagées par l’administration Trump permettraient pour la première fois de réaliser des ventes entièrement en ligne, les armes étant expédiées directement aux domiciles des acheteurs. Une telle mesure, si elle est adoptée, profiterait directement à des entreprises comme GrabAGun, une plateforme spécialisée dans la vente d’armes et de munitions en ligne. Fondée sur le modèle d’Amazon, GrabAGun se présente comme l’« Amazon des armes à feu », permettant aux consommateurs d’acheter des armes et des munitions depuis chez eux.
Un conflit d’intérêts potentiel autour de Donald Trump Jr.
Le fils aîné du président américain, Donald Trump Jr., occupe une place centrale dans cette affaire. Non seulement il siège au conseil d’administration de GrabAGun, mais il en est également consultant et détient des parts dans l’entreprise. Selon le Washington Post, les modifications réglementaires envisagées « profiteraient directement à la société GrabAGun ainsi qu’au fils du président », ce qui soulève des questions sur un possible conflit d’intérêts. « Un tel changement profiterait directement à la société GrabAGun ainsi qu’au fils du président, soit un conflit d’intérêts potentiel qui a attiré l’attention des organismes de surveillance en matière d’éthique », souligne le quotidien américain.
Cette situation a suscité l’inquiétude des observateurs, qui y voient une nouvelle illustration des liens étroits entre le pouvoir politique et les intérêts économiques aux États-Unis. GrabAGun, qui opère dans plusieurs États américains, pourrait ainsi étendre son activité si les nouvelles règles sont adoptées, renforçant par la même occasion la position de Donald Trump Jr. dans le secteur des armes à feu.
Entre sécurité publique et défense des droits des propriétaires d’armes
Les défenseurs d’un plus grand contrôle sur les armes à feu dénoncent ces assouplissements, qu’ils jugent dangereux pour la sécurité publique. « Ces changements se font au détriment de la sécurité publique », a déclaré un représentant d’une association de lutte contre la violence par armes à feu, cité par Courrier International. En revanche, les partisans du droit au port d’armes défendent ces mesures, les présentant comme un retour à un cadre réglementaire plus équilibré.
Parmi les mesures supprimées figurent également celles qui permettaient aux autorités fédérales de poursuivre plus facilement les armureries négligentes. La fin de la « tolérance zéro » envers ces établissements, qui étaient auparavant tenus responsables des ventes illégales réalisées via leurs locaux, est perçue par certains comme une porte ouverte à davantage d’abus. D’autres assouplissements concernent la possession d’armes par des personnes souffrant de certains troubles mentaux, une décision critiquée par les associations de santé mentale.
En attendant, le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis reste plus que jamais d’actualité, dans un pays où les fusillades de masse rythment l’actualité et alimentent les tensions politiques.
Parmi les principales mesures figurent la suppression de plus de 30 réglementations, le rétablissement du droit de posséder une arme pour certaines personnes souffrant de troubles mentaux, la fin de la politique de « tolérance zéro » envers les armureries vendant illégalement des armes, et l’assouplissement des ventes entre particuliers. Une modification majeure, encore en discussion, permettrait également l’envoi direct d’armes de poing à domicile via des plateformes en ligne, actuellement interdit par la réglementation fédérale.
Cette politique permettait aux autorités fédérales de poursuivre plus facilement les armureries négligentes, responsables de ventes illégales réalisées via leurs locaux. Sa suppression est perçue par les détracteurs de l’administration Trump comme une mesure favorisant l’impunité des armureries et risquant d’accroître les ventes illégales d’armes. Les associations de lutte contre la violence par armes à feu y voient un recul dangereux pour la sécurité publique.