En Tunisie, les professionnels du droit se mobilisent en masse pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Selon RFI, plus d’une centaine d’avocats se sont rassemblés devant le tribunal de première instance de Tunis pour exprimer leur mécontentement, à l’appel de l’Ordre des avocats. Cette manifestation marque le début d’une série de grèves régionales, qui s’étendront à partir de cette semaine, avant une grève générale prévue pour le **18 juin 2026**. La grogne des avocats s’explique par un sentiment de saturation face à l’absence de dialogue avec la ministre de la Justice.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 100 avocats se sont réunis devant le tribunal de première instance de Tunis pour protester, selon RFI.
  • L’Ordre des avocats a lancé une série de grèves régionales à partir de mai 2026.
  • Une grève générale est prévue pour le 18 juin 2026.
  • Les avocats dénoncent la détérioration de leurs conditions de travail et le manque de communication avec la ministre de la Justice.
  • La mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes au sein du secteur judiciaire tunisien.

Une mobilisation sans précédent dans le secteur judiciaire

La scène s’est jouée devant le tribunal de première instance de Tunis, où les robes noires ont convergé pour faire entendre leur voix. Selon les informations rapportées par RFI, cette manifestation s’inscrit dans le cadre d’un mouvement plus large, orchestré par l’Ordre des avocats. Les professionnels du droit dénoncent une situation de plus en plus intenable, marquée par des charges de travail accrues et une reconnaissance insuffisante de leur métier. « Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions », a indiqué un avocat présent sur place, soulignant l’urgence d’une réponse des autorités.

Grèves régionales puis générale : un calendrier déjà acté

Dès cette semaine, les avocats tunisiens engagent une série de grèves régionales, étalées sur plusieurs semaines. L’objectif est clair : exercer une pression maximale sur les pouvoirs publics avant le 18 juin 2026, date de la grève générale. « La situation est devenue insupportable, et nous n’avons plus le choix que de paralyser notre activité pour faire entendre nos revendications », a précisé un membre du bureau de l’Ordre des avocats. Les négociations avec le ministère de la Justice, jugées inexistantes, figurent parmi les principaux griefs des manifestants.

Des revendications précises et un dialogue rompu

Côté revendications, les avocats réclament une amélioration immédiate de leurs conditions matérielles et une revalorisation de leurs salaires, jugés insuffisants au regard de leurs responsabilités. « Nous assurons la défense des citoyens, mais nos propres droits ne sont pas respectés », a déploré un participant. Selon RFI, l’absence de communication avec la ministre de la Justice a exacerbé les tensions. « Nous avons tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue, mais nos demandes restent sans réponse », a ajouté un porte-parole de l’Ordre. Le manque de transparence et l’inertie des autorités sont pointés du doigt.

« Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions. La grève est notre dernier recours pour faire entendre nos revendications. »
— Un avocat participant à la manifestation

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Si les grèves régionales ne suffisent pas à relancer le dialogue, la grève générale du 18 juin pourrait paralyser une partie du système judiciaire tunisien. Les autorités devront alors trancher : soit engager des négociations sérieuses, soit affronter une crise majeure dans un secteur déjà fragilisé. Reste à voir si le gouvernement réagira avant que la situation ne dégénère.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où le secteur judiciaire tunisien est déjà sous tension, entre réformes en cours et critiques sur l’indépendance de la justice. La capacité des avocats à maintenir une mobilisation unie jusqu’en juin pourrait déterminer l’issue de ce conflit.

Les avocats réclament une amélioration de leurs conditions matérielles, une revalorisation de leurs salaires et un dialogue constructif avec le ministère de la Justice. Ils dénoncent également un manque de reconnaissance de leur rôle dans la société.

Une grève générale pourrait paralyser temporairement le fonctionnement des tribunaux, retardant le traitement des affaires en cours. Cela pourrait également aggraver les tensions déjà présentes au sein du secteur judiciaire.