Les fortes chaleurs et les interruptions répétées d’électricité ont perturbé la production d’eau minérale en Tunisie cet été, alors que la demande de la population a continué de progresser, selon Ouest France. La conjugaison de ces deux facteurs a entraîné une pénurie d’eau en bouteille dans plusieurs régions du pays, suscitant des tensions chez les consommateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Une pénurie d’eau en bouteille a touché la Tunisie cet été, en raison des vagues de chaleur et des coupures d’électricité.
- La production d’eau minérale a été freinée, tandis que la demande des ménages a augmenté, aggravant la situation.
- Plusieurs régions du pays ont été concernées, avec des rayons vides dans les commerces et des files d’attente aux points de distribution.
- Les autorités n’ont pas encore communiqué de données précises sur l’ampleur de la pénurie, mais les associations de consommateurs alertent sur le risque de hausse des prix.
Des températures records et des coupures en cascade
Avec des températures dépassant régulièrement les 40°C cet été, la Tunisie a subi l’une des vagues de chaleur les plus intenses de ces dernières années. Ces conditions ont non seulement accru la consommation d’eau potable, mais aussi perturbé la chaîne de production des bouteilles d’eau minérale. « Les usines fonctionnent au ralenti, faute d’électricité suffisante pour maintenir les chaînes de remplissage et de conditionnement », a expliqué un responsable du secteur, sous couvert d’anonymat. Les coupures, parfois prolongées, ont forcé certains producteurs à réduire leurs volumes ou à interrompre leur activité pendant plusieurs heures par jour.
Une demande en hausse, une offre en berne
Dans ce contexte, la consommation d’eau en bouteille a bondi de près de 15 % par rapport à l’été dernier, selon les estimations du ministère de l’Industrie. Pourtant, la production nationale n’a pas suivi, en partie à cause de la dépendance du secteur aux importations de matières premières comme le PET (polytéréphtalate d’éthylène), dont les coûts ont flambé en raison de la crise énergétique mondiale. « On observe des ruptures de stock dans les supermarchés, surtout en périphérie des grandes villes », a témoigné un épicier de Tunis, joint par téléphone. Certains magasins limitent désormais les quantités vendues par client, tandis que d’autres affichent des prix majorés de 20 à 30 % pour les packs d’eau.
Des réactions contrastées des autorités
Face à la crise, le gouvernement tunisien a tenté de rassurer la population. « Des mesures sont en cours pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable et soutenir la production locale », a indiqué le ministre de l’Industrie, dans une déclaration reprise par l’agence TAP. Pour autant, aucune mesure concrète n’a encore été dévoilée pour soulager le marché de l’eau en bouteille. Des associations de consommateurs, comme l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ont appelé à un encadrement des prix et à des contrôles renforcés pour éviter les abus. « La situation est préoccupante, surtout pour les ménages les plus modestes », a souligné un représentant de l’UGTT.
« Les usines fonctionnent au ralenti, faute d’électricité suffisante pour maintenir les chaînes de remplissage et de conditionnement. »
Cette crise met en lumière les vulnérabilités structurelles du secteur tunisien de l’eau embouteillée, dépendant à la fois des aléas climatiques et des fluctuations du marché énergétique. Elle soulève aussi des questions sur la résilience des infrastructures face au changement climatique, un enjeu qui dépasse largement le cadre de la seule pénurie estivale.
Selon les témoignages recueillis par Ouest France, les zones périphériques de Tunis, Sfax et Sousse sont particulièrement affectées, avec des ruptures de stock fréquentes dans les commerces. Les régions du sud, comme Gabès ou Médenine, rapportent également des difficultés, bien que moins médiatisées.