D’après Euronews FR, Uber envisage de déployer des robotaxis autonomes à Munich en partenariat avec l’entreprise israélienne d’intelligence artificielle Autobrains. La décision a été officiellement annoncée lors de la conférence technologique GTC à Taipei, mais concerne bien la capitale bavaroise. « Sous réserve de l’approbation des autorités, Munich servira de première ville de déploiement pour le programme de robotaxis », précise un communiqué d’Uber publié le 2 juin 2026.

Ce qu’il faut retenir

  • Uber prévoit de lancer des robotaxis autonomes de niveau 4 à Munich, sous réserve des autorisations des autorités allemandes.
  • Le projet repose sur un partenariat avec Autobrains, spécialiste de l’IA agentique, et la plateforme DRIVE Hyperion de Nvidia.
  • Contrairement à d’autres projets, la technologie sera compatible avec des véhicules de différents constructeurs, sans nécessiter de modèles dédiés.
  • Les détails techniques, comme la taille de la flotte ou les constructeurs impliqués, n’ont pas encore été communiqués.
  • L’Allemagne et l’Europe restent en retard sur les États-Unis ou la Chine en matière de déploiement à grande échelle des robotaxis.

Munich, future vitrine européenne de la conduite autonome

Uber a choisi Munich pour plusieurs raisons structurelles. La ville est un pôle automobile européen, avec une densité de trafic urbain élevée et un cadre réglementaire allemand considéré comme favorable à l’innovation en matière de conduite autonome. « L’objectif est de développer un modèle reproductible dans d’autres villes et sur différentes plateformes », explique l’entreprise dans son communiqué. Autant dire que la Bavière pourrait devenir un tremplin pour une expansion plus large en Europe.

Ce qui distingue ce projet des autres initiatives de robotaxis, c’est son approche modulaire et ouverte. Contrairement aux flottes autonomes reposant sur des véhicules spécialement conçus, Uber et Autobrains misent sur une solution compatible avec des modèles existants. Une stratégie qui vise à réduire les coûts et à accélérer le déploiement, selon les observateurs du secteur.

Une technologie basée sur l’IA agentique, loin des modèles monolithiques

Au cœur du système se trouve le logiciel d’Autobrains, qui repose sur une architecture d’IA agentique. Contrairement aux approches concurrentes, qui s’appuient sur un unique grand modèle pour gérer l’ensemble des scénarios de conduite, Autobrains divise la tâche en plusieurs agents d’IA spécialisés. Chaque agent évalue des situations spécifiques en temps réel et prend des décisions adaptées. « La conduite autonome ne sera pas scalable si l’on compte sur un seul modèle pour résoudre chaque scénario », a déclaré Igal Raichelgauz, fondateur d’Autobrains, lors de la présentation à Taipei.

Les véhicules utiliseront la plateforme DRIVE Hyperion de Nvidia, une architecture de calcul et de capteurs permettant un niveau d’automatisation niveau 4. Ce niveau autorise, en théorie, des trajets sans intervention humaine dans des zones géographiques prédéfinies. Les premiers tests sur route devraient permettre de valider la robustesse du système face à des situations complexes et imprévisibles.

Uber abandonne la course aux flottes propriétaires pour une stratégie de partenariats

Cette initiative s’inscrit dans un virage stratégique pour Uber. L’entreprise a progressivement abandonné le développement en interne de systèmes de conduite autonome pour privilégier les partenariats technologiques. Les véhicules autonomes sont intégrés à son réseau de VTC existant, où les passagers peuvent les réserver via l’application. « Nous collaborons avec des fournisseurs spécialisés pour accélérer l’adoption de cette technologie », a indiqué un porte-parole d’Uber.

Parmi ces partenaires, Nvidia occupe une place centrale. Le vice-président de la division automobile du groupe, Ali Kani, avait déjà évoqué en janvier 2026 une accélération des déploiements, sous réserve de l’évolution des réglementations. « Nous devons avancer aussi vite que la réglementation le permet. Et je pense qu’elle est en train de s’ouvrir », avait-il souligné. À long terme, Uber et Nvidia prévoient de déployer des flottes autonomes dans plusieurs dizaines de villes à travers le monde.

Un marché en pleine effervescence, mais encore embryonnaire en Europe

Alors que des services commerciaux de robotaxis fonctionnent déjà dans des villes américaines comme San Francisco ou Phoenix, ainsi qu’à Pékin, l’Europe en est encore à ses débuts. Madrid avait initialement prévu le lancement de taxis autonomes en 2026, mais aucun calendrier précis n’a été confirmé. Pour l’Allemagne, l’arrivée d’Uber à Munich représenterait une avancée majeure, même si les autorisations réglementaires et les preuves de sécurité restent des étapes incontournables.

La concurrence s’intensifie également sur ce marché. Aux États-Unis, Waymo, filiale de Google, exploite déjà des services commerciaux dans plusieurs grandes villes. Tesla, Mobileye et des acteurs chinois comme Baidu ou Pony.ai travaillent également sur des solutions de flottes autonomes. Le patron de Tesla, Elon Musk, avait prédit que les véhicules autonomes pourraient dominer la circulation routière d’ici quelques années, une affirmation qui reste à confirmer.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de plusieurs facteurs. D’abord, l’obtention des autorisations réglementaires allemandes, essentielle pour un déploiement commercial. Ensuite, la validation de la technologie par des tests approfondis, notamment sur la gestion des situations complexes et la sécurité des passagers. Enfin, la viabilité économique du modèle devra être démontrée, alors que les coûts des flottes autonomes restent élevés. Une mise en service commerciale à Munich n’est pas attendue avant 2027, si les conditions sont réunies.

Dans ce contexte, Munich pourrait bien devenir le laboratoire européen de la conduite autonome, à condition que les promesses technologiques se concrétisent et que le cadre légal suive.

L’IA agentique consiste à diviser la tâche de conduite en plusieurs agents spécialisés, chacun gérant un type de situation (circulation dense, piétons, conditions météo, etc.). Contrairement à une approche monolithique où un seul modèle gère tout, cette méthode vise à améliorer la robustesse du système face à des scénarios imprévisibles. Autobrains, fondée en 2018, mise sur cette technologie pour rendre les robotaxis plus fiables.

Munich a été sélectionnée pour son statut de pôle automobile européen, sa densité de trafic et un cadre réglementaire allemand considéré comme progressiste en matière de conduite autonome. La ville offre également une infrastructure adaptée et une population réceptive aux innovations technologiques, ce qui en fait un terrain d’essai idéal pour une expansion européenne.