Alors que l’intelligence artificielle générative s’impose toujours davantage dans la production de contenus, des scientifiques de l’Atelier d’écologie politique (Atécopol), basé à Toulouse, appellent à la création d’un label distinctif. Ce dispositif, baptisé « sans-IAg », permettrait aux lecteurs et aux consommateurs d’identifier rapidement les œuvres réalisées sans recourir à des outils d’IA générative. Selon Reporterre, cette initiative s’inscrit dans une réflexion plus large menée par ce collectif interdisciplinaire, composé de chercheurs engagés sur les enjeux écologiques.
Ce qu'il faut retenir
- Un collectif toulousain, Atécopol, propose la création d’un label « sans-IAg » pour signaler les contenus non générés par IA.
- Ce label vise à répondre à l’essor massif de l’IA générative dans les médias, la littérature et d’autres domaines culturels.
- La tribune, signée par des chercheurs comme Marianne Blanchard, Guillaume Carbou, Julian Carrey ou Jean-Michel Hupé, a été publiée sur Reporterre.
- L’objectif affiché est de préserver l’authenticité des productions humaines face à l’automatisation croissante.
Un plaidoyer pour l’authenticité face à l’IA générative
Dans une tribune publiée par Reporterre, des membres de l’Atelier d’écologie politique défendent l’idée que l’essor de l’intelligence artificielle générative soulève des questions éthiques et écologiques. Le texte, rédigé entre autres par Marianne Blanchard, Guillaume Carbou et Jean-Michel Hupé, souligne que l’IA, bien qu’utile dans certains domaines, pose un risque de dilution des pratiques humaines authentiques. Pour ces chercheurs, la généralisation de ces outils pourrait entraîner une uniformisation des contenus, au détriment de la diversité et de la créativité individuelle. « Il est temps de choisir son camp », écrivent-ils, en insistant sur la nécessité de distinguer clairement les productions assistées par IA de celles entièrement réalisées par des humains.
Un collectif engagé sur les enjeux écologiques et technologiques
L’Atécopol, collectif toulousain composé de scientifiques issus de disciplines variées, s’est formé en réponse à l’urgence écologique. Ses membres, parmi lesquels figurent des chercheurs en sciences sociales, en informatique ou en sciences de l’environnement, ont choisi d’élargir leur champ d’action aux questions numériques. Leur tribune sur le label « sans-IAg » s’appuie sur des travaux antérieurs analysant les impacts environnementaux et sociétaux de l’IA. Pour eux, la création d’un tel label ne relève pas seulement d’une question de transparence, mais aussi d’une volonté de préserver des modèles de production respectueux des ressources et des savoir-faire humains.
Les signataires rappellent que l’IA générative, bien que performante, consomme d’importantes ressources énergétiques. Ils citent notamment les études montrant que l’entraînement de modèles comme ceux utilisés par les générateurs de texte ou d’images peut générer des émissions de CO₂ comparables à celles de plusieurs vols transatlantiques. « La sobriété numérique doit aussi passer par une réflexion sur les outils que nous utilisons », a déclaré Jean-Michel Hupé, l’un des auteurs du texte.
Cette proposition s’inscrit dans un contexte où les fausses informations et les contenus générés par IA se multiplient, brouillant les frontières entre réel et artificiel. Alors que les plateformes comme les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche peinent à réguler ces dérives, un label « sans-IAg » pourrait offrir une alternative crédible pour les consommateurs soucieux de transparence. Le collectif toulousain espère ainsi impulser une dynamique visant à concilier innovation technologique et respect des processus humains.
D’après les auteurs de la tribune, le label reposerait sur un processus de certification indépendant, impliquant des audits réalisés par des organismes spécialisés. Les critères précis, encore en discussion, pourraient inclure des vérifications techniques sur les processus de création des contenus, ainsi que des déclarations de transparence de la part des producteurs. L’objectif est d’éviter les abus tout en garantissant une reconnaissance claire pour les œuvres authentiques.