Un élément d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, abandonné dans l’espace depuis février 2015, devrait s’écraser sur la surface lunaire au début du mois d’août, selon Journal du Geek. Cet événement, bien qu’inattendu, ne présente selon les astronomes aucun risque particulier pour notre satellite naturel.

Ce qu'il faut retenir

  • Un étage de Falcon 9, partie d’une fusée lancée en février 2015, doit s’écraser sur la Lune début août 2026.
  • La trajectoire de l’objet, initialement prévue pour rester en orbite autour de la Terre, a été perturbée par l’attraction lunaire.
  • Les astronomes considèrent cet impact comme sans danger pour la Lune ou pour les missions spatiales en cours.
  • Cet événement illustre les défis liés à la gestion des débris spatiaux en orbite terrestre et lunaire.

Une trajectoire imprévue pour un déchet spatial

Le morceau de fusée en question, un étage supérieur de Falcon 9, a été laissé en orbite après avoir rempli sa mission initiale. Il s’agissait alors de lancer l’observatoire DSCOVR (Deep Space Climate Observatory) en direction du point de Lagrange L1, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Or, après avoir libéré sa charge utile, le propulseur n’avait plus assez de carburant pour revenir se consumer dans l’atmosphère terrestre, comme le font généralement les étages de fusée.

Les calculs des astronomes Bill Gray et Pete Birtwhistle, qui suivent cet objet depuis des années, indiquent que l’étage devrait frapper la Lune le 4 août 2026 à une vitesse estimée à 2,58 km/s. « C’est la première fois qu’un débris spatial de cette taille s’écrase accidentellement sur la Lune », a précisé Bill Gray, qui a contribué à identifier la trajectoire de l’objet.

Un impact sans conséquences majeures

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cet impact ne devrait pas avoir de conséquences notables. La Lune, dépourvue d’atmosphère, ne risque pas d’être perturbée par une explosion ou une pollution chimique. De plus, l’étage de 4 tonnes, principalement constitué d’aluminium, devrait se désintégrer à l’impact, sans laisser de trace durable.

Les scientifiques soulignent que la Lune a déjà subi de nombreux impacts de météorites et d’objets artificiels au cours de son histoire. « Un étage de fusée de quelques tonnes, c’est une poussière à l’échelle lunaire », a rappelé un porte-parole de la NASA. Aucune mission habitée ou robotique n’est en cours sur la face cachée de la Lune à cette date, ce qui limite encore les risques.

Un rappel des enjeux liés aux débris spatiaux

Cet événement met en lumière une fois de plus la question épineuse des débris spatiaux. Depuis le début de l’ère spatiale, plus de 10 000 tonnes de matériel ont été abandonnées en orbite terrestre, selon l’Agence spatiale européenne. Ces objets, qui se déplacent à des vitesses pouvant dépasser 28 000 km/h, représentent un danger pour les satellites actifs et les missions habitées.

Les agences spatiales travaillent sur des solutions pour limiter ces risques, comme le désorbitage contrôlé des étages de fusée ou le développement de technologies de capture des débris. Cependant, les régulations restent encore insuffisantes, notamment pour les missions lunaires, où les trajectoires des objets sont moins prévisibles.

Et maintenant ?

Les astronomes vont continuer à affiner leurs calculs dans les mois à venir pour préciser l’heure et le lieu exacts de l’impact. Des télescopes terrestres pourraient être mobilisés pour observer le phénomène, bien que la zone d’impact sur la Lune reste difficile à prévoir avec précision. Cet événement pourrait aussi inciter les acteurs du spatial à renforcer les protocoles de gestion des débris en orbite lunaire, un sujet qui prend de l’importance avec l’augmentation des missions vers la Lune dans le cadre du programme Artemis.

En attendant, les scientifiques restent sereins : l’impact d’un étage de fusée sur la Lune, aussi spectaculaire soit-il, ne devrait pas laisser de trace visible depuis la Terre. Une preuve supplémentaire que l’espace, même lorsqu’il est pollué, conserve une certaine indifférence à notre égard.

Non, l’impact ne sera pas visible depuis la Terre, car il se produira sur la face cachée de la Lune. Même les télescopes les plus puissants ne pourront pas observer le phénomène en temps réel, bien que des recherches pourraient tenter de repérer les modifications du sol lunaire après l’impact.