Le troisième fils de Simone et Antoine Veil, Pierre-François Veil, s’est éteint le 6 mai 2026 à l’âge de 72 ans. Homme engagé pour la paix et la justice, il défendait avec conviction l’idée que la mémoire de la Shoah constitue un rempart essentiel contre l’intolérance et la haine. Selon Le Monde, son parcours et ses engagements laissent une empreinte durable dans le paysage mémoriel français.
Pierre-François Veil, avocat de formation, a consacré une grande partie de sa vie à la transmission de l’histoire et à la lutte contre les discriminations. Son héritage s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de ses parents, Simone Veil, ancienne ministre et rescapée de la Shoah, et Antoine Veil, haut fonctionnaire et compagnon de sa vie. Son décès survient alors que la France commémore régulièrement les victimes de la déportation et du génocide des Juifs d’Europe.
Ce qu'il faut retenir
- Pierre-François Veil, troisième fils de Simone et Antoine Veil, est décédé le 6 mai 2026 à l’âge de 72 ans.
- Avocat de profession, il a présidé la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dédiée à la préservation de la mémoire des victimes de la Shoah.
- Il incarnait une vision de la mémoire comme outil de lutte contre l’intolérance et la haine, héritée de ses parents.
- Son engagement s’inscrivait dans un contexte historique marqué par la transmission des témoignages des rescapés.
- La Fondation pour la mémoire de la Shoah joue un rôle clé dans l’éducation et la recherche sur la Shoah en France.
Un héritage familial et mémoriel
Pierre-François Veil naît dans une famille où l’histoire de la Shoah occupe une place centrale. Ses parents, Simone et Antoine Veil, ont marqué l’histoire française par leur combat pour les droits humains et la mémoire des victimes. Simone Veil, survivante d’Auschwitz, est devenue une figure incontournable de la mémoire de la Shoah, notamment grâce à son rôle dans la loi sur l’IVG et son engagement européen. Antoine Veil, quant à lui, a occupé des fonctions publiques majeures, notamment celle de préfet.
Pierre-François Veil a choisi de perpétuer cet héritage en s’investissant dans la Fondation pour la mémoire de la Shoah, créée en 2000 sous l’impulsion de Simone Veil. Cette fondation a pour mission de soutenir la recherche historique, d’organiser des commémorations et de promouvoir des actions éducatives pour lutter contre le négationnisme et l’antisémitisme. Son engagement reflète une conviction profonde : la transmission de l’histoire est un devoir envers les victimes et une nécessité pour les générations futures.
Un combat pour la mémoire et la justice
Au sein de la Fondation, Pierre-François Veil a milité pour que la mémoire de la Shoah reste un pilier de l’identité collective française.
« La connaissance et la mémoire sont des remparts indispensables contre l’intolérance et la haine »,a-t-il souvent rappelé, selon les témoignages recueillis par Le Monde. Son approche s’appuyait sur des valeurs de justice et de dialogue, refusant toute forme de récupération politique ou idéologique de la mémoire.
Il a notamment œuvré pour que les travaux historiques sur la Shoah bénéficient d’un soutien public et privé. Sous sa présidence, la Fondation a renforcé ses partenariats avec des institutions comme le Mémorial de la Shoah ou l’Institut national de l’audiovisuel (INA) pour archiver et diffuser les témoignages des rescapés. Ces archives, souvent difficiles d’accès, sont devenues des ressources essentielles pour les chercheurs et les enseignants.
Un contexte marqué par les défis mémoriels
Le décès de Pierre-François Veil intervient dans un contexte où la mémoire de la Shoah fait face à de nouveaux enjeux. D’une part, la disparition progressive des derniers témoins directs du génocide impose de repenser les modes de transmission. D’autre part, la montée des discours négationnistes et des théories complotistes en ligne rend le travail de la Fondation plus crucial que jamais. En 2025, une étude de l’Ifop révélait que 23 % des 18-34 ans en France ne savaient pas ce qu’était Auschwitz, un chiffre qui a interpellé les acteurs de la mémoire.
Face à ces défis, la Fondation a lancé des programmes éducatifs innovants, comme des ateliers pédagogiques dans les écoles ou des collaborations avec des influenceurs pour toucher un public jeune. Pierre-François Veil avait souligné à plusieurs reprises l’importance de ces initiatives, rappelant que « la mémoire ne se décrète pas, elle se construit ».
Son décès rappelle également l’urgence de préserver la mémoire de sa famille, dont l’histoire incarne à elle seule le combat contre l’oubli. Simone Veil, décédée en 2017, avait laissé un testament moral fort : « Vous qui vivez en toute liberté, n’oubliez pas que vous avez été sauvés par des actes de courage et de sacrifice. » Une phrase que son fils a toujours considérée comme un guide.
La Fondation pour la mémoire de la Shoah a pour mission de soutenir la recherche historique sur la Shoah, d’organiser des commémorations, de financer des projets éducatifs et de lutter contre le négationnisme et l’antisémitisme. Elle travaille en partenariat avec des institutions comme le Mémorial de la Shoah ou l’INA pour archiver et diffuser les témoignages des rescapés.