Alors que le débat sur l’usage des pesticides en France reste vif, un collectif associatif prend à partie le sénateur Laurent Duplomb. Ce dernier plaide pour la réautorisation de l’acétamipride, un néonicotinoïde classé comme cancérogène. Selon Reporterre, Michel Faure, membre du mouvement Nous voulons des coquelicots Beaujolais/Val-de-Saône et de la Coordination Santé Environnement Rhône-Nord (Csern), a adressé une tribune au parlementaire afin de dénoncer cette position. Dans ce texte, il rappelle avec fermeté les risques sanitaires liés à ce produit.
Ce qu'il faut retenir
- Laurent Duplomb, sénateur de la Haute-Loire, propose de réintroduire l’acétamipride, un pesticide classé cancérogène.
- Michel Faure, militant écologiste, lui a adressé une tribune pour s’y opposer, soulignant les dangers de ce produit.
- L’acétamipride appartient à la famille des néonicotinoïdes, déjà pointés du doigt pour leur toxicité.
- Le collectif Nous voulons des coquelicots milite pour l’interdiction totale des pesticides.
Une tribune cinglante contre la réintroduction d’un pesticide dangereux
Dans sa missive, Michel Faure, figure locale du mouvement écologiste, rappelle une évidence que Laurent Duplomb semble occulter : « Le cancer, ça reste une grosse brute surarmée qui bouscule toute votre vie ! » Selon Reporterre, le militant insiste sur les dangers de l’acétamipride, un insecticide dont les propriétés cancérogènes sont documentées. Son retour sur le marché agricole, s’il était acté, marquerait, selon lui, un recul sanitaire inacceptable. Le texte, transmis directement au sénateur, s’inscrit dans une logique de mobilisation contre les pesticides, portée par des associations locales et nationales.
Un collectif mobilisé contre les néonicotinoïdes
Le mouvement Nous voulons des coquelicots, auquel appartient Michel Faure, milite activement pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. La Coordination Santé Environnement Rhône-Nord (Csern), qui regroupe des professionnels de santé et des citoyens, partage cette position. Ces structures dénoncent les impacts des néonicotinoïdes sur la santé publique et les écosystèmes. Leur opposition à l’acétamipride s’appuie sur des études scientifiques récentes, qui mettent en lumière ses effets perturbateurs endocriniens et neurotoxiques. — Autant dire que pour ces militants, le débat ne porte pas seulement sur un produit, mais sur l’avenir même de la santé des générations futures.
La réponse du sénateur encore inconnue
À ce stade, le contenu de la tribune n’a pas encore reçu de réponse officielle de la part de Laurent Duplomb. Contacté par Reporterre, le sénateur n’a pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat. Pourtant, sa position en faveur de la réintroduction de l’acétamipride avait déjà suscité des vives critiques lors de précédents débats parlementaires. En 2023, lors des discussions sur la loi visant à encadrer les produits phytosanitaires, il s’était montré favorable à une approche plus souple, au nom de la « compétitivité » des agriculteurs. — Bref, le ton est donné : ce dossier promet de s’envenimer.
Ce conflit illustre une fois de plus les tensions récurrentes autour de l’agriculture et de la santé publique. Entre protection des cultures et préservation de l’environnement, le débat reste plus que jamais ouvert.
L’acétamipride, un néonicotinoïde, est classé comme cancérogène par plusieurs études scientifiques. Il est également suspecté d’être un perturbateur endocrinien et d’avoir des effets neurotoxiques. Son utilisation est déjà restreinte dans plusieurs pays, notamment en Europe, en raison de ces risques sanitaires avérés.