D'après nos confrères de Capital, une affaire complexe se joue dans la petite commune du Var, Le Pradet. Lorsque leur père décède en 2023 à l'âge de 93 ans, ses enfants apprennent qu'un testament a été réalisé. Mais stupeur, ils ne sont pas les bénéficiaires, toute la fortune du nonagénaire est léguée à sa commune de résidence. Au total, il y en a pour plus de neuf millions d'euros.
Ce testament date de 2021, un nouveau, puisque selon nos confrères, les précédents mentionnaient ses enfants et petits-enfants comme bénéficiaires. Aujourd'hui, selon son fils, le vieil homme a été victime d'abus de faiblesse, lui qui vivait seul au Pradet.
Ce qu'il faut retenir
- Un nonagénaire lègue neuf millions d'euros à sa commune.
- Ses descendants veulent faire annuler le testament.
- Ils estiment que le vieil homme a été victime d'abus de faiblesse.
- Un contrat d'assurance-vie d'un montant de 300 000 euros avait changé de bénéficiaire.
- La famille a déposé plainte pour abus de faiblesse et extorsion.
Les faits
Au cours d'une audience civile devant le tribunal judiciaire de Toulon, la famille a sollicité l'annulation du testament. Sur ce point, un premier délibéré doit être rendu le 26 avril prochain, indique Nice-Matin. Le fils du défunt s'appuie sur l'état physique de son père. En effet, ce dernier était «très sourd et voyait très mal» et un médecin avait même «constaté un mois avant son décès une altération de son état général».
La mairie du Pradet assure qu'aucun document médical en ce sens n'a été communiqué. Alors, qui dit vrai ? La famille du défunt s'étonne que le maire n'ait jamais répondu à leur proposition de transaction «à hauteur de deux millions d'euros impliquant notre désistement de toutes les actions en justice en cours».
Les suspicions
Leur avocat indique en outre que cette question n'a même pas été inscrite à l'ordre du jour du conseil municipal. Surtout, il aurait découvert un nouvel élément : un abus de faiblesse. Dans son viseur ? Le couple de gardiens de la villa du nonagénaire au Pradet. Selon l'avocat, sans que les enfants et petits-enfants ne soient mis au courant, un contrat d'assurance-vie d'un montant de 300 000 euros avait changé de bénéficiaire. Les nouveaux ? Le couple de gardiens.
Dans la foulée, la famille a donc déposé plainte pour abus de faiblesse et extorsion, débouchant sur une suspension du versement de l'assurance-vie. Va-t-on au-devant d'un procès ? Vraisemblablement, d'autant qu'il a été mis au jour que ce couple avait déjà été mis en cause dans une affaire similaire.
En attendant, la commune du Pradet et les descendants du nonagénaire restent dans l'expectative, attendant de connaître le sort de la fortune du défunt. Cette affaire soulève également des questions sur la protection des personnes âgées et vulnérables contre les abus de faiblesse et les exploitations financières.
