Le sommet du G7, qui se tiendra du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains, accueillera pour la première fois Sam Altman, le patron d’OpenAI, comme l’a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, selon BFM Business. Bien que la présence d’Altman n’ait pas été officiellement confirmée par l’Élysée, plusieurs médias, dont CNBC, rapportent qu’il aurait été invité par Emmanuel Macron pour participer aux discussions sur l’intelligence artificielle et ses enjeux géopolitiques.
Ce qu'il faut retenir
- Sam Altman, PDG d’OpenAI, assistera au G7 d’Évian du 15 au 17 juin, une première pour le dirigeant.
- La question du développement de l’IA et de ses risques, notamment en matière de cybersécurité, sera au centre des débats.
- Les ministres du numérique du G7 ont adopté fin mai une déclaration commune sur l’IA, incluant un volet sécurité et un engagement en faveur de l’innovation.
- OpenAI prévoit de nouer des partenariats avec des pays pour renforcer ses infrastructures et étendre l’accès à ses outils comme ChatGPT.
- Récemment, Anthropic a choisi de ne pas commercialiser son modèle Mythos, jugé trop risqué, préférant le partager avec 150 organisations pour en tester la sécurité.
Ce sommet marque une étape symbolique dans la reconnaissance de l’IA comme enjeu majeur des politiques publiques. Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron multiplie les initiatives pour attirer les géants de la tech en France. L’annonce récente d’un investissement de 75 milliards d’euros par SoftBank dans les infrastructures d’IA sur le territoire français en est l’une des illustrations les plus concrètes. Masayoshi Son, fondateur et PDG du groupe japonais, a révélé que le président français avait personnellement sollicité cette rencontre avant de l’encourager à implanter un centre de données en France. Les deux hommes ont ensuite finalisé leur accord par SMS, selon ses déclarations à CNBC.
La participation de Sam Altman au G7 s’inscrit dans cette dynamique de collaboration entre les acteurs privés et les États. Chris Lehane, directeur des affaires internationales d’OpenAI, a précisé à CNBC que l’entreprise s’attend à ce que son dirigeant prenne part aux « discussions au plus haut niveau ». « La priorité absolue de Sam au G7 est la sécurité des jeunes, mais plus largement, l’intelligence artificielle est passée du stade de débat futuriste à celui de réalité politique », a-t-il ajouté. Une déclaration qui reflète l’évolution rapide du sujet, désormais au cœur des agendas gouvernementaux.
L’IA, un dossier brûlant pour le G7
Les ministres chargés du numérique des sept pays membres du G7 ont adopté fin mai une déclaration commune à l’issue d’une réunion à Paris. Ce texte reconnaît explicitement « la pression croissante sur les réseaux électriques » liée au développement de l’IA, un phénomène qui soulève des questions sur la durabilité des infrastructures énergétiques. Les annexes publiées en marge de cette déclaration abordent notamment la sécurité des systèmes d’IA, soulignant « que les systèmes d’IA peuvent présenter certains risques » et « faire l’objet d’une utilisation abusive par des acteurs malveillants ». Les pays du G7 se sont engagés à « adopter une approche favorable à l’innovation pour faire face à ces risques », un équilibre délicat entre progrès technologique et protection des citoyens.
OpenAI, de son côté, mise sur des « engagements volontaires » de la part des entreprises du secteur lors du sommet. L’entreprise a déjà renforcé les garde-fous intégrés à son dernier modèle, GPT-5.5, sorti fin avril, afin de limiter les risques de détournement à des fins de piraterie informatique. Une précaution qui répond aux craintes croissantes autour des dérives possibles de l’IA, un sujet devenu central après les choix récents d’autres acteurs du secteur.
Les hésitations des géants de la tech face aux risques de l’IA
La prudence de certains acteurs illustre les tensions qui traversent aujourd’hui l’industrie. Anthropic, concurrent direct d’OpenAI, a ainsi décidé de ne pas commercialiser son nouveau modèle Mythos, jugé trop dangereux pour la cybersécurité. À la place, l’entreprise a choisi de le partager avec 50 organisations pour leur permettre de combler des vulnérabilités logicielles avant une éventuelle sortie plus large. Mardi 4 juin, Anthropic a étendu cette initiative en ajoutant 150 partenaires supplémentaires, issus d’une quinzaine de pays, dont une majorité de pays non américains. Une évolution qui montre une volonté de coopération internationale pour encadrer les risques liés à l’IA.
De son côté, OpenAI mise sur une stratégie différente, combinant renforcement des protections techniques et partenariats stratégiques. L’entreprise entend profiter du G7 pour nouer des accords avec plusieurs pays afin d’accroître les capacités de ses centres de données. L’objectif ? Déployer ChatGPT auprès de citoyens et d’administrations, tout en garantissant un accès sécurisé et maîtrisé. Une démarche qui pourrait servir de modèle pour d’autres acteurs du secteur, alors que les gouvernements cherchent à concilier innovation et contrôle.
Un sommet sous haute tension technologique
L’arrivée de Sam Altman à Évian symbolise l’importance prise par l’IA dans les relations internationales. Depuis des années, le sujet était principalement traité dans des cercles techniques ou académiques, mais il est désormais un enjeu de souveraineté pour les États. La France, en accueillant le G7, place ce dossier au cœur de ses priorités. Les discussions à Évian pourraient ainsi poser les bases d’un cadre commun pour l’IA, entre régulation, innovation et sécurité.
Reste à savoir si les engagements pris lors de ce sommet seront suivis d’effets concrets. Les déclarations des ministres du numérique en mai ont montré une volonté de coopération, mais les défis techniques et politiques restent immenses. Pour OpenAI et d’autres entreprises, la participation à ce sommet représente aussi une opportunité de dialoguer directement avec les décideurs, alors que les régulations se multiplient dans le monde.
Ce sommet pourrait ainsi marquer un tournant dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, même si les décisions finales dépendront des arbitrages politiques entre les sept grandes puissances économiques. Une chose est sûre : l’IA n’est plus un sujet abstrait, mais une réalité qui façonne déjà les rapports de force internationaux.
Elle marque la reconnaissance de l’IA comme un enjeu géopolitique majeur. Jusqu’à présent, les discussions sur le sujet étaient souvent cantonnées à des cercles techniques. Son invitation par Emmanuel Macron montre aussi la volonté de la France de jouer un rôle central dans la régulation de ces technologies.
Les ministres du numérique du G7 ont souligné deux risques principaux : la pression sur les réseaux électriques due à l’essor de l’IA, et les dangers liés à une utilisation malveillante des systèmes d’IA, notamment en matière de cybersécurité. Ces préoccupations ont conduit à l’adoption d’un volet sécurité dans la déclaration finale de mai.