D’après Le Figaro, la France enregistre 90 assassinats et tentatives d’assassinats au premier trimestre 2026, un bilan qui illustre l’extension de la violence liée aux trafics de stupéfiants. Quatre jours après une attaque meurtrière à Nice, une nouvelle fusillade à Nantes a coûté la vie à un adolescent de 15 ans et blessé deux autres jeunes, âgés de 13 et 14 ans.
Ce qu'il faut retenir
- 90 assassinats et tentatives d’assassinats recensés en France au premier trimestre 2026, selon Le Figaro.
- Deux morts et six blessés lors d’une fusillade à Nice, dans le quartier des Moulins, perpétrée par un sicaire circulant en trottinette.
- Un adolescent de 15 ans tué et deux autres jeunes (13 et 14 ans) blessés lors d’une attaque à Nantes, dans le quartier Port-Boyer.
- Deux tireurs encagoulés ont fait irruption vers 19h30 dans un hall d’immeuble utilisé comme point de deal, avant d’ouvrir le feu.
- Un des blessés a été pourchassé jusqu’au 13e étage d’un immeuble avant de se réfugier dans un appartement.
Une escalade de la violence dans les cités
L’attaque de Nantes s’inscrit dans une série de règlements de comptes qui s’intensifient depuis le début de l’année. Jeudi soir, deux individus circulant à deux-roues ont fait irruption dans un hall d’immeuble du quartier Port-Boyer, un secteur connu pour son trafic de stupéfiants. Le jeune homme de 15 ans, touché par une balle, est décédé sur place. Les deux autres adolescents, également touchés, ont fui avant d’être secourus. L’un d’eux, poursuivi par les tireurs, a trouvé refuge au 13e étage d’un immeuble, où il a pu échapper à ses poursuivants.
Côté niçois, la violence a également frappé de plein fouet. Dans la soirée du 11 mai, un sicaire circulant en trottinette a ouvert le feu sur une place commerçante du quartier des Moulins, faisant deux morts et six blessés. Cet événement, survenu en plein cœur de la ville, a marqué les esprits par son audace et sa brutalité, rappelant l’émergence de modes opératoires inspirés des conflits latino-américains.
L’État face à l’impuissance : une « mexicanisation » annoncée ?
Ces attaques successives alimentent les débats sur la capacité de l’État à endiguer la violence des trafics. Selon Le Figaro, cette escalade interroge sur l’érosion du contrôle des institutions sur certains territoires. « L’État perd le monopole du contrôle physique de territoires entiers, c’est inédit dans notre histoire récente », a souligné Jérôme Fourquet, spécialiste des questions sociétales, lors d’une intervention relayée par le quotidien. Une situation qui rappelle, pour certains observateurs, les mécanismes de violence observés au Mexique dans les années 2000.
Les forces de l’ordre, déjà sous tension, peinent à endiguer ce phénomène. Les enquêtes, souvent complexes en raison du manque de témoins ou de la peur des habitants, se heurtent à des réseaux criminels toujours plus organisés. Les quartiers nord de Marseille, les banlieues lyonnaises ou encore certains secteurs de Clermont-Ferrand sont régulièrement cités comme des foyers de cette criminalité endémique.
Des méthodes d’exécution qui interrogent
Les attaques à Nice et à Nantes illustrent une professionnalisation croissante des réseaux criminels. L’utilisation de trottinettes pour échapper aux forces de l’ordre, ou encore la rapidité des exécutions, témoignent d’une adaptation des méthodes aux contraintes du terrain. À Nantes, les tireurs ont visiblement ciblé des lieux stratégiques, comme un hall d’immeuble servant de point de deal, avant de prendre la fuite sans laisser de trace.
Ces modes opératoires, de plus en plus sophistiqués, posent la question de l’origine des armes utilisées. Les enquêtes devraient, dans les prochains mois, se pencher sur les circuits d’approvisionnement, souvent liés à des trafics transfrontaliers ou à des vols ciblés dans des armureries. Une piste qui, si elle se confirmait, ajouterait une dimension internationale à un phénomène jusqu’ici principalement local.
Cette recrudescence de la violence dans le narcotrafic rappelle que le défi sécuritaire ne se limite pas à une question de moyens, mais aussi de stratégie et de temps long. Alors que les trafics de stupéfiants s’enracinent dans des territoires déjà fragilisés, la réponse de l’État devra être à la hauteur de l’enjeu : à la fois ferme pour dissuader, et sociale pour prévenir.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse. D’abord, la saturation des réseaux traditionnels de trafic pousse les groupes criminels à s’affronter pour le contrôle des points de vente. Ensuite, la professionnalisation des sicaires, comme en témoignent l’usage de trottinettes ou la rapidité des exécutions, suggère une montée en puissance des méthodes. Enfin, la pression policière dans certaines zones a pu déplacer les conflits vers des territoires moins surveillés, où les règlements de comptes sont plus faciles à organiser.