Ce vendredi 24 avril 2026, le collectif SOS Périscolaire était reçu à Matignon pour un entretien avec les autorités gouvernementales. L’objectif ? Engager un travail interministériel afin de lutter contre les violences dans les structures périscolaires à l’échelle nationale, après des signalements répétés dans plusieurs villes, dont Paris.

Selon BFM - Faits Divers, cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un rendez-vous à l’Élysée le mois dernier, où les mêmes représentants avaient déjà échangé avec des conseillers d’Emmanuel Macron. « Nous sommes très satisfaites, car ils partagent notre constat : le périscolaire est un angle mort des violences faites aux enfants et nécessite des mesures nationales, fortes et concrètes », avait alors déclaré le collectif dans un communiqué.

Ce qu'il faut retenir

  • Le collectif SOS Périscolaire a été reçu ce 24 avril 2026 à Matignon pour demander un plan national contre les violences dans le périscolaire, selon BFM - Faits Divers.
  • Plusieurs signalements ont émergé à Paris depuis 2025, mais le problème touche d’autres villes françaises, où les structures ne sont pas toujours encadrées.
  • Le collectif demande une uniformisation des modes de garde et un encadrement par les services départementaux à la jeunesse et aux sports (SDJES).
  • Les violences incluent des cas de pédocriminalité, comme en témoignent les 16 animateurs suspendus à Paris depuis janvier 2026.
  • Le gouvernement a déjà reconnu l’ampleur du problème, après des rencontres en mars 2026 avec deux conseillers d’Emmanuel Macron.

Un problème national, malgré des signalements concentrés à Paris

Si les médias se sont largement fait l’écho des violences dans le périscolaire parisien depuis 2025, le phénomène dépasse la capitale. Comme le rapporte BFM - Faits Divers, d’autres villes françaises sont concernées, mais leur gestion varie selon les territoires. À Paris, le périscolaire est piloté par la Direction des Affaires scolaires (DASCO), qui délègue aux Circonscriptions des affaires scolaires et de la petite enfance (CASPE).

En revanche, ailleurs en France, les structures peuvent relever des Accueils collectifs de mineurs (ACM), encadrés par les services départementaux à la jeunesse et aux sports (SDJES). Ces derniers disposent de moyens de contrôle et de signalement. Mais certaines garderies fonctionnent sans aucun encadrement : « Un certain nombre d’écoles ne sont pas déclarées par le maire aux SDJES et ne sont alors encadrées par rien. Là, c’est le Far West : les animateurs peuvent être de simples agents municipaux, la dame de la cantine, le conducteur du bus ou encore le jardinier, sans formation ni expérience », explique Anne, membre de SOS Périscolaire.

Des revendications précises pour un encadrement renforcé

Le collectif SOS Périscolaire plaide pour une harmonisation des modes de garde en France. « Si on parvient à entamer ce travail interministériel, on devrait pouvoir entrer dans un processus de cercle vertueux », espère Anne. Les ministres de la Jeunesse, de la Famille, de l’Éducation nationale, de la Santé et de la Justice sont appelés à collaborer pour identifier les failles du système et y remédier.

Les demandes du collectif s’appuient sur des constats accablants. À Paris, 16 animateurs périscolaires ont été suspendus depuis janvier 2026 pour des soupçons de faits pédocriminels, comme l’a révélé BFM - Faits Divers le 12 mars dernier. Ces cas illustrent l’urgence d’agir, alors que le périscolaire reste un secteur peu régulé dans certaines communes.

« Le périscolaire est l’angle mort des violences faites aux enfants et il nécessite des mesures nationales, fortes et concrètes. »
— Communiqué du collectif SOS Périscolaire, après un rendez-vous à l’Élysée en mars 2026

Un calendrier déjà marqué par des avancées locales

À Paris, la prise de conscience a été plus rapide qu’ailleurs. Le Conseil de Paris a adopté, le 20 mars 2026, un plan d’action de 20 millions d’euros destiné à protéger les enfants dans le périscolaire. Ce budget doit permettre de renforcer les contrôles et la formation des personnels, mais aussi de mieux prendre en charge les victimes.

Le 28 avril 2026, les représentantes de SOS Périscolaire rencontreront Cristelle Gillard, la nouvelle déléguée à la protection des enfants à l’École de l’Éducation nationale. Une étape supplémentaire pour faire avancer les dossiers, après les échanges déjà menés avec l’Élysée et Matignon.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions des discussions à Matignon. Si le gouvernement valide un plan interministériel, les prochains mois pourraient voir la mise en place de mesures concrètes, comme l’uniformisation des statuts des structures périscolaires ou l’obligation de déclaration systématique aux SDJES. Reste à voir si ces annonces se traduiront par des actes, alors que le calendrier politique s’accélère avec la perspective de l’élection présidentielle de 2027.

Pour l’heure, le collectif SOS Périscolaire se dit « satisfaite » des premiers échanges, mais insiste sur la nécessité d’agir vite. « Au niveau national, il ne s’est encore rien passé », rappelait Anne début avril. La rencontre de ce vendredi pourrait bien marquer un tournant dans la reconnaissance des violences dans le périscolaire comme un enjeu de santé publique et de protection de l’enfance.

Le périscolaire désigne les activités et temps de garde organisés autour de l’école, en dehors des heures de cours. Cela inclut la garderie, les études surveillées, les activités extrascolaires ou encore l’accueil des enfants avant et après la classe. Certaines structures sont encadrées par les mairies, d’autres relèvent des départements ou d’associations.

Le périscolaire est souvent perçu comme un service municipal ou associatif de proximité, moins structuré que l’école traditionnelle. Les signalements y sont moins systématiques, et les victimes ou témoins hésitent parfois à porter plainte. De plus, les structures les moins encadrées échappent aux radars des autorités, ce qui aggrave l’isolement des cas de maltraitance.