Depuis le 16 juin 2026, le Pays de Montbéliard, dans le Doubs, propose un dispositif inédit pour les enfants victimes de violences. Cinq séances gratuites chez un psychologue leur sont désormais accessibles, comme le rapporte Franceinfo - Santé. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une convention signée entre le tribunal judiciaire, la protection judiciaire de la jeunesse, l’aide sociale à l’enfance (ASE), ainsi que les associations France Victimes Nord Franche-Comté et l’Addsea Sauvegarde Bourgogne Nord Franche-Comté.
Ce qu'il faut retenir
- Un bon de cinq séances gratuites chez un psychologue est proposé aux enfants victimes de violences dans le Pays de Montbéliard.
- La convention, signée lundi 16 juin 2026, implique plusieurs acteurs institutionnels et associatifs.
- L’objectif est d’accélérer la prise en charge des mineurs pour limiter les conséquences psychologiques.
- Une dizaine de psychologues partenaires couvrent le territoire, avec un financement mixte incluant le fonds de contribution citoyenne et l’ARS.
- Les séances sont adaptées à l’âge de l’enfant, avec un renouvellement possible sur accord de l’adulte responsable.
Un protocole né d’un an de travail
Le dispositif a été élaboré sur près d’un an avant d’être officialisé lundi au tribunal judiciaire de Montbéliard. Il vise à « renforcer l’identification et l’accompagnement des mineurs victimes d’infractions pénales », précise le tribunal dans un communiqué. Pour les enfants victimes, l’enjeu est double : d’abord, leur offrir un soutien psychologique adapté, ensuite, prévenir les conséquences à long terme comme les difficultés scolaires, les addictions ou les troubles de la vie sexuelle.
Selon Jérémy Lhadi, substitut du procureur en charge des atteintes aux personnes et des mineurs, « on sait que parmi les enfants victimes de violences sexuelles, un tiers deviendra, à son tour, auteur de violences sexuelles, sans accompagnement adapté ». Ce constat souligne l’importance d’une prise en charge précoce et spécialisée, afin d’éviter un cycle de violences.
Un accompagnement adapté et un réseau de psychologues mobilisé
Les séances proposées sont personnalisées en fonction de l’âge et du vécu de chaque enfant. Romain Bonnot, directeur de France Victimes en Nord Franche-Comté, insiste sur l’écoute et la crédibilité accordée aux mineurs : « On est persuadé qu’un enfant qui vit un traumatisme et qui ne l’exprime pas forcément, il faut qu’il soit entendu et cru. Il faut surtout qu’il soit cru ». Avec l’accord de l’adulte responsable, le psychologue peut proposer de renouveler le bon de consultations si nécessaire.
Une dizaine de professionnels partenaires sont impliqués dans ce dispositif pour couvrir au mieux le territoire du Pays de Montbéliard. Les séances, facturées aux alentours de 60 euros de l’heure, sont financées par plusieurs sources : le fonds de contribution citoyenne (40 000 euros pour l’antenne Nord Franche-Comté), ainsi que des subventions de l’Agence régionale de santé (ARS), à hauteur de 25 000 euros.
Une réponse concrète à un enjeu de santé publique
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre les violences faites aux mineurs. En 2023, la Commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) avait formulé plusieurs recommandations, dont seulement un tiers était pleinement effectif. Face à ce constat, des initiatives locales comme celle du Pays de Montbéliard prennent une importance particulière pour combler les lacunes existantes.
Le dispositif mis en place ne se limite pas à une aide ponctuelle. Il s’agit d’un premier pas vers une prise en charge globale, incluant l’écoute, le suivi psychologique et, le cas échéant, un accompagnement judiciaire. Pour les acteurs locaux, cette approche préventive pourrait servir de modèle à d’autres territoires.
Les acteurs locaux espèrent également que ce programme contribuera à briser le silence autour des violences faites aux enfants. En facilitant l’accès à un soutien psychologique, ils visent à créer un environnement où les mineurs victimes se sentent en confiance pour parler et être écoutés.
L’enfant doit être orienté par un professionnel (tribunal, ASE, associations partenaires). Un bon de cinq séances est alors délivré, avec l’accord de l’adulte responsable. Les séances sont assurées par un psychologue partenaire du réseau.
Le protocole cible les mineurs victimes d’infractions pénales, ce qui inclut les violences physiques, sexuelles ou psychologiques. Les professionnels adaptent l’accompagnement en fonction du type de traumatisme subi.