L’émissaire spécial des États-Unis pour le Groenland a marqué son passage à Nuuk, la capitale du territoire autonome danois, par des déclarations saluant ouvertement la volonté d’indépendance de l’île. Selon RFI, qui publie une interview de ce représentant le 20 mai 2026, cette visite s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Copenhague autour des ambitions groenlandaises.

Ce qu'il faut retenir

  • Une visite non sollicitée de l’émissaire américain à Nuuk, la capitale groenlandaise, le 20 mai 2026.
  • Des propos publics de l’émissaire soulignant le « désir d’indépendance » du Groenland, un territoire danois autonome.
  • Un regain de tensions entre les États-Unis et le Danemark, déjà observé sous l’administration Trump.
  • Le Groenland, riche en ressources naturelles, suscite un intérêt stratégique croissant pour Washington.
  • L’absence d’invitation officielle de la part des autorités groenlandaises pour cette visite.

L’émissaire américain, dont le nom n’est pas précisé dans l’interview publiée par RFI, s’est exprimé sans détour sur la question de l’autonomie du Groenland. « Le territoire exprime clairement sa volonté de déterminer son propre avenir », a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis « reconnaissent et soutiennent cette aspiration ». Ces propos interviennent alors que les relations entre Washington et Copenhague restent tendues depuis plusieurs années, notamment en raison des projets américains d’investissements miniers et militaires sur l’île.

Cette visite surprise survient dans un contexte où le Groenland, riche en terres rares et en minerais stratégiques, attire de plus en plus l’attention des grandes puissances. Rappelons que Donald Trump avait, en 2019, évoqué l’idée d’acquérir le territoire lors d’un échange avec des journalistes. Bien que l’idée ait été rapidement rejetée par les autorités danoises et groenlandaises, elle avait révélé l’intérêt stratégique du Groenland pour les États-Unis.

Pour les observateurs, cette visite pourrait s’interpréter comme une tentative de Washington de renforcer son influence auprès des autorités locales, indépendamment des relations avec Copenhague. D’après RFI, l’émissaire américain n’a pas été invité officiellement par le gouvernement groenlandais, ce qui ajoute une dimension délicate à ce déplacement. Le Premier ministre groenlandais, Múte Bourup Egede, n’a pas encore réagi publiquement à ces déclarations.

« Le Groenland a le droit de décider de son avenir, et nous sommes prêts à l’accompagner dans cette démarche. »
— L’émissaire américain pour le Groenland, lors d’une interview publiée le 20 mai 2026.

Cette prise de position américaine intervient alors que le Groenland prépare activement son référendum sur l’indépendance, prévu pour 2028. Un scrutin dont les résultats pourraient redéfinir les équilibres géopolitiques dans la région Arctique. Pour l’instant, les autorités danoises maintiennent leur position : le Groenland reste un territoire autonome au sein du royaume, mais son indépendance nécessiterait une transition négociée et encadrée.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être marquées par des réactions officielles de Copenhague et de Nuuk face à cette visite américaine. Une réunion entre les ministres des Affaires étrangères danois et groenlandais est attendue avant l’été, tandis que les autorités locales devraient clarifier leur position sur les propositions de coopération avec Washington. Reste à voir si cette intervention diplomatique aura un impact concret sur le calendrier du référendum d’indépendance.

Dans l’immédiat, les autorités groenlandaises n’ont pas réagi aux déclarations de l’émissaire américain. Les tensions entre les États-Unis et le Danemark, déjà palpables, pourraient s’exacerber si Washington tente d’imposer une coopération directe avec Nuuk, contournant ainsi Copenhague. Autant dire que la situation reste à suivre de près dans les semaines à venir.

Le Groenland, avec ses vastes réserves de terres rares et de minerais stratégiques, représente un enjeu économique et militaire majeur pour les grandes puissances. Sa position géographique en fait également un point stratégique pour le contrôle de l’Arctique, une région dont l’importance ne cesse de croître.