Avec seulement trois des treize champions olympiques de Paris 2024 encore disponibles, l'équipe de France masculine de volley doit se reconstruire pour aborder la Ligue des nations, qui démarre aujourd'hui, puis le championnat d'Europe en septembre. Selon Franceinfo - Sport, le sélectionneur Andrea Giani mise sur une génération de jeunes talents pour insuffler une nouvelle dynamique après l'ère dorée des derniers Jeux.

Ce qu'il faut retenir

  • L'équipe de France ne comptera que trois des treize médaillés d'or de Paris 2024 lors de la Ligue des nations (du 10 juin au 24 août) et du championnat d'Europe (du 9 au 26 septembre).
  • Le sélectionneur Andrea Giani mise sur une jeune génération, dont certains éléments ont déjà brillé lors du Mondial 2025 aux Philippines.
  • Antoine Brizard, nouveau capitaine, et Trévor Clévenot appellent à une transmission rapide des valeurs et de l'expérience des anciens vers les plus jeunes.
  • Les Bleus, champions olympiques en titre, visent une place en quart de finale à l'Euro et la phase finale de la Ligue des nations, malgré un groupe remanié.
  • La qualification pour les Jeux de Los Angeles 2028, via le classement mondial, dépendra des résultats de cet été et des saisons à venir.

Un effectif profondément remanié pour l'été 2026

Sur les treize champions olympiques de Paris 2024, neuf sont absents pour la Ligue des nations qui débute aujourd'hui et le championnat d'Europe en septembre. Parmi eux, on compte notamment Earvin Ngapeth, Kévin Tillie ou Benjamin Toniutti, qui a pris sa retraite internationale. Le sélectionneur italien Andrea Giani ne pourra donc s'appuyer que sur trois cadres expérimentés : Stephen Boyer (médaillé d'or en 2021), Timothée Carle (réserviste à Paris), et le jeune Antoine Brizard, nommé capitaine après le départ de Toniutti.

« Les anciens jouent depuis quinze ans en équipe de France. Beaucoup m'ont dit être fatigués l'an passé, donc ils ont demandé du repos », a expliqué Giani à Franceinfo - Sport, soulignant l'exigence d'une disponibilité de cinq mois pour les fenêtres internationales. Kévin Tillie, absent l'été dernier pour des raisons familiales, a confirmé : « Mon deuxième enfant a un an et demi, c'est difficile de partir aussi longtemps. » Il n'exclut pas un retour futur, mais assume son choix pour l'instant. « Si je n'ai plus la chance de revenir en équipe de France, tant pis, c'est le choix que j'ai fait. »

Une opportunité pour lancer une nouvelle dynamique

Pour Andrea Giani, ces absences ne sont pas un problème, mais une chance de renouveler l'identité de l'équipe. « Notre équipe a besoin de nouveaux joueurs, car avant, la responsabilité ne reposait que sur certains », a-t-il déclaré. Il a également changé d'adjoint et de kinésithérapeute pour accompagner cette transition. « Il va falloir travailler ensemble pour créer une nouvelle identité. L'objectif est que l'équipe prenne du niveau et de la confiance pour gagner des matchs. »

Le sélectionneur compte notamment sur les jeunes ayant déjà remporté des titres avec les équipes de France jeunes, comme le Mondial U19 ou l'Euro U20. « Ils ont la qualité, mais il leur faut aussi de l'expérience. En équipe nationale, c'est différent : il faut jouer avec des coéquipiers que tu ne connais pas, avec un style de jeu différent, et passer beaucoup de temps à l'hôtel », a-t-il souligné. Antoine Brizard et Trévor Clévenot sont chargés de transmettre les valeurs d'union et de discipline qui ont fait la force des Bleus.

« Les anciens nous ont appris les valeurs de respect des autres, de tolérance, de compréhension des différences de chacun, de travail. Ce sont des valeurs qui nous tiennent à cœur et qu'on a envie de transmettre à notre tour. »
Antoine Brizard, capitaine de l'équipe de France

Une transmission générationnelle en marche

Antoine Brizard, 28 ans, et Trévor Clévenot, 31 ans, insistent sur l'importance de cette transmission. « Un nouveau cycle commence. Ça va être super intéressant de bosser avec cette génération, de créer une nouvelle identité, une nouvelle énergie », a déclaré Clévenot. Pour Brizard, pas question d'attendre Los Angeles 2028 pour voir de nouveaux succès : « Moi, je n'ai pas envie qu'on attende après les Jeux de Los Angeles pour que le volley français gagne de nouveau. Il faut qu'on fasse la bascule le plus vite possible, dès cet été si possible. »

« Il n'y a pas de recette magique, assure Brizard. Il faut qu'on passe du temps ensemble, qu'on joue beaucoup de matchs, qu'on apprenne à gagner et à perdre ensemble, le plus rapidement possible. » Le capitaine invite aussi les anciens à ne pas rester figés sur les méthodes passées : « Il faut être suffisamment ouverts pour que les jeunes apportent des choses, une nouvelle vision, une nouvelle énergie. »

« Les jeunes ont déjà des repères entre eux, à nous de les découvrir, de nous adapter. »
Trévor Clévenot

Et maintenant ?

La Ligue des nations, qui s'ouvre aujourd'hui, servira de premier test pour ce groupe remanié. Les Bleus, doubles champions olympiques en titre et vainqueurs de la Ligue des nations en 2022 et 2024, ne partent pas favoris mais visent une place en quart de finale à l'Euro en septembre. « Quand tu joues pour l'équipe de France, tu as la responsabilité de défendre des titres », rappelle Giani. La qualification pour Los Angeles 2028, via le classement mondial, dépendra en grande partie des résultats obtenus cet été et dans les saisons à venir.

Un groupe élargi pour préparer l'avenir

Andrea Giani a fait le choix d'un effectif large pour la préparation de la Ligue des nations. « C'est important que la jeune génération performe. On aura un groupe hyper élargi, c'est utile pour le sélectionneur », a noté Trévor Clévenot. Certains anciens, comme Earvin Ngapeth, ont choisi de faire une pause pour mieux revenir en vue des Jeux de 2028. D'autres, comme Kévin Tillie, ont pris leurs distances pour des raisons personnelles, mais pourraient revenir si l'envie leur en prend.

« La campagne pour Los Angeles 2028 commence cet été », a rappelé Brizard. « Des joueurs vont prendre de l'importance cet été. Ceux qui ne sont pas là devront prendre le train en marche. » Giani, lui, est convaincu que les absences de poids actuelles permettront à l'équipe de grandir plus vite. « Les anciens sont d'ailleurs conscients qu'ils devront montrer qu'ils ont encore leur place l'an prochain », a-t-il conclu.

Pour les supporters, cet été marquera donc bien plus qu'une simple compétition : ce sera le premier chapitre d'un nouveau cycle pour les Bleus du volley, où l'expérience des uns devra se mêler au talent des autres pour écrire une nouvelle page de l'histoire du sport français.

Les Bleus visent une place en phase finale de la Ligue des nations et un quart de finale à l'Euro en septembre. Selon Andrea Giani, « l'équipe doit être compétitive car la qualification pour les JO sera difficile ». La victoire n'est pas exclue, mais l'objectif principal reste la préparation pour Los Angeles 2028.

Plusieurs cadres, comme Earvin Ngapeth ou Kévin Tillie, ont choisi de prendre du repos après les Jeux ou pour des raisons personnelles. D'autres, comme Benjamin Toniutti, ont pris leur retraite internationale. Le sélectionneur Andrea Giani a expliqué que « beaucoup m'ont dit être fatigués l'an passé ».