Avec la publication de « Élégage », Yves di Manno signe un ultime titre chez Flammarion pour clore plus de trente ans de direction de la collection « Poésie ». Selon Le Monde, cette parution marque l’aboutissement d’un parcours éditorial et littéraire marqué par l’exigence et l’audace, alors que la collection cesse définitivement ses activités après des décennies de publications marquantes.
Ce qu'il faut retenir
- Yves di Manno a dirigé la collection « Poésie » chez Flammarion pendant plus de trente ans
- La collection « Poésie » cesse ses activités après cette dernière publication
- L’ouvrage « Élégage » constitue le point final de son engagement éditorial
- Di Manno est également reconnu comme poète et traducteur
- Son travail a profondément influencé le paysage de l’édition poétique en France
Né en 1954, Yves di Manno s’est imposé comme une figure incontournable de l’édition et de la poésie contemporaine. Selon Le Monde, il a marqué de son empreinte la collection « Poésie » de Flammarion, qu’il a dirigée avec une rigueur intellectuelle et un sens aigu de la découverte littéraire. Son travail a permis de publier des auteurs majeurs tout en offrant une vitrine à des voix émergentes, faisant de cette collection un lieu de référence pour les amateurs de poésie.
« Élégage », son dernier titre, s’inscrit dans la continuité de cette démarche. Comme il l’explique dans une interview accordée au Monde, ce recueil est avant tout un « dernier titre pour boucler la boucle ». L’ouvrage reflète à la fois son parcours personnel et l’évolution de la poésie contemporaine, avec une écriture qui oscille entre classicisme et modernité. Di Manno y explore les thèmes chers à sa réflexion, comme la perturbation du réel par la poésie, une idée qu’il défend depuis des années.
« La poésie vient introduire une perturbation dans la réalité. »
Yves di Manno, poète, éditeur et traducteur
Son approche éditoriale a toujours été guidée par cette conviction : la poésie doit bousculer les codes, déstabiliser le lecteur et, surtout, révéler des angles inédits sur le monde. Selon Le Monde, cette philosophie a façonné la ligne éditoriale de la collection « Poésie », qui a accueilli des textes de auteurs comme Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet ou encore Anne Carson, tout en restant ouverte aux expérimentations formelles.
Parallèlement à son travail d’éditeur, Yves di Manno a développé une œuvre poétique personnelle, saluée par la critique. Ses recueils, souvent marqués par une langue épurée et une réflexion métaphysique, ont contribué à forger sa réputation. Comme il l’a souvent rappelé, son engagement pour la poésie ne se limite pas à la page écrite : il s’étend à la transmission, à la traduction (notamment des poètes italiens contemporains) et à la défense d’un art accessible sans être simpliste.
La poésie, selon Yves di Manno, ne se contente pas de refléter le monde : elle le transforme. Son départ de la scène éditoriale marque la fin d’une époque, mais aussi l’occasion de questionner l’avenir d’un genre qui, malgré tout, continue de résister et de se réinventer. Comme il l’a souligné à plusieurs reprises, la poésie « vient introduire une perturbation dans la réalité » — une perturbation nécessaire, pour les lecteurs comme pour la société tout entière.
Parmi les auteurs phares figurent Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Anne Carson, mais aussi des poètes contemporains comme Emmanuel Hocquard ou Dominique Fourcade. La collection a également publié des traductions d’auteurs étrangers, contribuant à élargir le panorama de la poésie francophone.