Depuis le 8 avril 2026, les habitants de Zagreb peuvent désormais utiliser un service de taxis autonomes, une première en Europe. Selon le Figaro, la capitale croate a lancé un projet pilote avec une flotte de dix véhicules équipés de la technologie de conduite autonome développée par l’entreprise chinoise Pony.ai. Verne, une société locale fondée en 2019 au sein du groupe Rimac, est à l’origine de cette initiative.
Ce qu'il faut retenir
- Zagreb devient la première ville européenne à autoriser des taxis autonomes, avec une flotte de 10 véhicules équipés de la technologie Pony.ai
- Le service couvre actuellement le centre-ville, Novi Zagreb et l’aéroport, avec une extension progressive prévue
- Environ 300 trajets ont été réalisés depuis le lancement, avec plus de 4 000 personnes inscrites sur liste d’attente
- Le tarif est fixé à 1,99 euro pour encourager les essais, avec un ajustement futur
- Verne vise une autonomie complète d’ici fin 2026, bien qu’un chauffeur reste actuellement présent à bord
Une fois à bord, le passager active la course via un écran tactile. Le véhicule, doté de 14 caméras, neuf lidars et quatre radars, est capable de percevoir son environnement sur 650 mètres. Pendant le trajet, le système peut signaler des interventions nécessaires, comme des freinages d’urgence pour éviter des obstacles imprévus.
Pour l’heure, le service est encore encadré par un opérateur humain à bord, mais Verne ambitionne d’atteindre une autonomie totale d’ici la fin de l’année. Le directeur général de l’entreprise, Marko Pejkovic, a indiqué que la voiture « prévient le passager en cas de freinage » et que « chaque nouveau quartier sera ajouté progressivement après validation des performances en conditions réelles ».
Depuis son lancement, le service a enregistré environ 300 trajets réalisés, tandis que plus de 4 000 personnes se sont inscrites sur liste d’attente. Le tarif, fixé à 1,99 euro par course, vise à démocratiser l’accès à cette technologie. « Nous voulons permettre au plus grand nombre de tester le service et de donner leur avis », a expliqué Marko Pejkovic. À terme, ce tarif sera ajusté en fonction de la demande et des retours des utilisateurs.
Un déploiement encadré et une zone d’action limitée
Pour l’instant, les trajets sont possibles dans trois zones : le centre-ville, le quartier de Novi Zagreb et l’aéroport. « L’extension de la zone desservie sera progressive, chaque nouveau quartier étant introduit seulement après une validation détaillée et une fois que le système se sera avéré fiable en conditions réelles », précise Marko Pejkovic. Jusqu’à présent, aucun incident n’a été signalé.
Le service est accessible via l’application Verne, mais sera bientôt disponible sur la plateforme Uber. La société a déjà entamé des discussions avec 11 villes en Europe, au Royaume-Uni et au Moyen-Orient pour étendre son offre. Verne, fondée en hommage à l’écrivain français Jules Verne, se positionne comme un acteur clé dans la mobilité autonome en Europe.
Des investissements massifs pour un projet ambitieux
En 2023, la Commission européenne avait approuvé le versement de 179 millions d’euros d’aides destinées au développement d’un service de mobilité urbaine reposant sur des véhicules électriques entièrement autonomes, porté par Rimac. Verne affirme avoir utilisé 89,7 millions d’euros de ces fonds. Par ailleurs, l’entreprise a levé plus de 100 millions d’euros auprès d’investisseurs privés, un montant qui devrait encore augmenter dans les mois à venir.
Ces financements reflètent l’engouement des acteurs publics et privés pour les véhicules autonomes, un secteur en pleine expansion. Comme le souligne le Figaro, des géants de la tech comme Google ou Nvidia suivent de près cette évolution, tandis qu’Uber multiplie les partenariats pour intégrer ces technologies à ses services. Aux États-Unis, Boeing a récemment annoncé le lancement d’essais pour des taxis volants autonomes, illustrant la course mondiale vers la mobilité du futur.
L’enjeu pour Verne sera de démontrer la fiabilité et la sécurité de ses véhicules, un critère essentiel pour convaincre les autorités locales et les usagers. À plus long terme, la société envisage de s’étendre au-delà de l’Europe, en ciblant notamment le Moyen-Orient. Reste à voir si d’autres villes européennes suivront l’exemple de Zagreb, ou si cette initiative restera isolée dans un premier temps.