À peine un an après l’adoption de mesures restrictives sur les locations de courte durée, la ville de Nice va en assouplir certaines. Selon Le Figaro, le maire Éric Ciotti a annoncé qu’il comptait revenir sur deux dispositifs clés votés sous le mandat de son prédécesseur, Christian Estrosi, lors du prochain conseil municipal prévu ce vendredi 20 juin 2026. Une décision qui marque un tournant dans la politique municipale en matière de logements touristiques.

Ce qu'il faut retenir

  • En novembre 2025, le conseil municipal niçois, dirigé par Christian Estrosi, avait adopté à l’unanimité des mesures strictes contre les locations Airbnb, notamment des quotas par quartier et une limitation de la durée des autorisations.
  • Parmi ces mesures figuraient une réduction de la durée maximale des autorisations temporaires de six à trois ans, non renouvelables, ainsi qu’une limitation à 90 jours par an pour la location des résidences principales.
  • Éric Ciotti prévoit désormais de porter la durée des autorisations temporaires à cinq ans, sans possibilité de renouvellement, et d’augmenter la durée maximale de location des résidences principales à 120 jours.

Un virage politique après une année de restrictions

En novembre 2025, sous l’impulsion de Christian Estrosi, le conseil municipal de Nice avait durci le ton à l’égard des plateformes de location courte durée. Les mesures adoptées visaient à limiter l’impact des logements touristiques sur le marché locatif local, particulièrement tendu dans certains quartiers de la baie des Anges. Parmi les dispositifs phares figuraient l’instauration de quotas par secteur, afin de mieux répartir ces activités dans l’espace urbain. Selon Le Figaro, ces quotas concernaient « les quatre secteurs les plus touchés » par la prolifération des locations touristiques.

Deux autres mesures avaient particulièrement retenu l’attention. D’une part, la durée des autorisations temporaires avait été ramenée de six à trois ans, sans possibilité de renouvellement. D’autre part, les résidences principales ne pouvaient plus être louées plus de 90 jours par an, contre 120 jours auparavant. Ces restrictions avaient été justifiées par la volonté de préserver l’accès au logement pour les Niçois, alors que la pression immobilière s’intensifiait.

Éric Ciotti inverse la tendance pour relancer l’attractivité touristique

C’est précisément sur ces deux dernières mesures que le maire actuel, Éric Ciotti, souhaite revenir. Lors du conseil municipal de ce vendredi, il proposera d’allonger la durée des autorisations temporaires à cinq ans, toujours sans possibilité de renouvellement. Par ailleurs, la durée maximale de location des résidences principales serait rétablie à 120 jours par an. Une décision qui s’inscrit dans une logique de rééquilibrage, après une année marquée par des tensions entre les propriétaires, les professionnels du tourisme et les associations de défense des locataires.

Interrogé sur cette volte-face, Éric Ciotti a justifié ce revirement par la nécessité de « ne pas laisser les Niçois être empêchés de vivre à Nice ». Une phrase qui rappelle les déclarations de son prédécesseur, Christian Estrosi, qui avait lui aussi brandi l’argument de la défense du pouvoir d’achat des habitants face à la spéculation immobilière. Bref, la question du logement reste au cœur des débats politiques locaux, même si les solutions envisagées divergent selon les sensibilités.

Un contexte économique et politique sous haute tension

Cette décision intervient dans un contexte où la ville de Nice, comme d’autres grandes métropoles touristiques, tente de concilier attractivité économique et équilibre social. Les locations de courte durée, bien que critiquées pour leur impact sur le marché immobilier, représentent un apport non négligeable pour les propriétaires et une manne pour l’économie locale, notamment en période estivale. Selon une étude citée par Le Figaro, certaines communes de la région PACA concentrent à elles seules une part importante des communes littorales les mieux classées en France, mais réservent quelques surprises en matière de régulation.

Pour les opposants à cette libéralisation, ces assouplissements risquent d’aggraver la crise du logement. Certains propriétaires pourraient être tentés de basculer vers des locations touristiques plus rentables, réduisant encore l’offre disponible pour les résidents permanents. À l’inverse, les partisans d’une régulation plus souple arguent que ces mesures pourraient stimuler l’activité économique, notamment dans un secteur touristique encore fragilisé par les années de pandémie et les incertitudes économiques récentes.

Et maintenant ?

Le vote de ce vendredi sera déterminant pour la suite de la politique municipale en matière de logement. Si les nouvelles propositions d’Éric Ciotti sont adoptées, elles pourraient entrer en vigueur dès le mois de juillet 2026. Reste à voir comment les différents acteurs – propriétaires, locataires, professionnels du tourisme et associations – réagiront à ce changement de cap. Une chose est sûre : la question du logement à Nice continuera de cristalliser les tensions politiques et sociales dans les mois à venir.

Pour l’instant, les détails précis des modalités d’application de ces nouvelles règles restent à préciser. Les propriétaires concernés devront probablement se conformer à de nouvelles démarches administratives, tandis que les plateformes comme Airbnb pourraient adapter leurs offres en conséquence. Une chose est certaine : cette décision ne manquera pas de relancer le débat sur l’équilibre entre attractivité touristique et droit au logement dans une ville où la pression immobilière reste forte.

Selon Le Figaro, les quatre secteurs concernés par les quotas étaient « les plus touchés » par les locations de courte durée, notamment autour de la baie des Anges. Ces zones avaient été identifiées comme étant les plus soumises à la pression des logements touristiques, au point d’envahir le marché locatif local.

Actuellement, la durée maximale de location d’une résidence principale à Nice est de 90 jours par an. Éric Ciotti propose de la porter à 120 jours lors du prochain conseil municipal.