Le 6 mai dernier à Londres, Abby Disney a présenté un documentaire qui plonge au cœur des disparités sociales aux États-Unis, mettant en lumière les conditions de travail précaires au sein même de l’empire familial qu’elle incarne. Selon Le Monde, cette héritière milliardaire, petite-fille de Roy Disney et petite-nièce de Walt Disney, y critique ouvertement le système économique américain sous l’administration Trump, qu’elle juge profondément inégalitaire.
Ce film, qui s’attarde sur les employés du groupe Disney, révèle des témoignages accablants sur les salaires de misère et l’absence de protections sociales dans certaines filiales. Abby Disney y dénonce une « injustice structurelle » où les profits colossaux des actionnaires contrastent avec la précarité des travailleurs, souvent contraints de cumuler plusieurs emplois pour survivre.
Ce qu'il faut retenir
- Abby Disney, héritière du groupe Disney, a présenté un documentaire à Londres le 6 mai 2026, selon Le Monde.
- Le film aborde les conditions de travail des employés du groupe familial, souvent marquées par des salaires insuffisants et un manque de protections sociales.
- Elle y critique l’inégalité économique extrême aux États-Unis, en lien avec la politique menée sous l’administration Trump.
- Abby Disney est la petite-fille de Roy Disney et la petite-nièce de Walt Disney, fondateurs de l’empire du divertissement.
Un héritage familial mis à nu
Abby Disney, figure atypique au sein de la dynastie Disney, n’hésite pas à pointer du doigt les contradictions internes du groupe. Dans son documentaire, elle interroge les employés de Disneyland ou des studios d’animation, dont certains gagnent à peine le salaire minimum fédéral, fixé à 7,25 dollars de l’heure en 2026. « On nous vend de la magie, mais pour beaucoup, la réalité est bien moins enchantée », a-t-elle déclaré lors de la projection londonienne. Son engagement s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle des milliardaires dans une société où les écarts de richesse n’ont cessé de se creuser.
Ce documentaire s’ajoute à une série de prises de position publiques où Abby Disney plaide pour une réforme fiscale visant à taxer davantage les ultra-riches. Elle cite régulièrement l’exemple de son propre patrimoine, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, pour illustrer l’absurdité d’un système où une poignée d’individus concentre une richesse colossale tandis que des millions de travailleurs peinent à joindre les deux bouts.
Une critique systémique de l’Amérique de Trump
Le documentaire d’Abby Disney ne se limite pas à une analyse interne du groupe Disney. Il s’inscrit dans une critique plus large du capitalisme américain sous l’ère Trump, marquée par des réductions d’impôts pour les entreprises et les plus aisés, couplées à un démantèlement progressif des filets sociaux. « Les politiques menées ces dernières années ont aggravé les inégalités, et les milliardaires comme moi en sont les premiers bénéficiaires », a-t-elle souligné lors d’un entretien avec Le Monde.
Elle cite notamment le Tax Cuts and Jobs Act de 2017, qui a réduit l’impôt sur les sociétés de 35 % à 21 %, une mesure dont les effets sur les inégalités restent visibles aujourd’hui. Selon des études citées dans le film, les 1 % les plus riches possèdent désormais près de 35 % des richesses du pays, contre 28 % en 2007. Abby Disney y voit une « trahison des valeurs fondatrices des États-Unis », où l’opportunité et l’ascension sociale devraient primer sur la concentration des richesses.
Reste à savoir si ces prises de position, bien que médiatisées, parviendront à influencer les débats sur la fiscalité ou les droits des travailleurs aux États-Unis. Abby Disney a d’ores et déjà annoncé qu’elle comptait poursuivre son engagement, en ciblant notamment les actionnaires du groupe familial pour qu’ils revoient leurs pratiques salariales.
Une chose est sûre : son documentaire a jeté un pavé dans la mare d’un secteur, celui du divertissement, où les inégalités sont rarement exposées au grand jour. Entre héritage familial et militantisme, Abby Disney semble déterminée à faire entendre une voix qui dérange, celle d’une milliardaire qui refuse de tourner le dos à la réalité des travailleurs.
Abby Disney est la petite-fille de Roy Disney, cofondateur du groupe avec son frère Walt. Elle appartient donc à la deuxième génération de la famille à contrôler l’empire du divertissement, bien qu’elle ne fasse plus partie de la direction opérationnelle depuis plusieurs années.