Le Pérou s’apprête à organiser un second tour historique de l’élection présidentielle le 7 juin prochain, après un mois d’attente pour finaliser le dépouillement. Selon Le Monde, Roberto Sanchez, candidat de gauche, a finalement devancé son adversaire d’extrême droite, Rafael Lopez Aliaga, validant ainsi sa qualification pour le duel final face à Keiko Fujimori, figure de la droite populiste.
Ce qu'il faut retenir
- Roberto Sanchez (gauche) affrontera Keiko Fujimori (droite populiste) au second tour de la présidentielle péruvienne le 7 juin 2026.
- Le dépouillement, qui a duré un mois, a confirmé la victoire de Sanchez face à Rafael Lopez Aliaga.
- Le scrutin se déroule dans un contexte marqué par l’insécurité et une défiance généralisée envers les institutions.
Ce résultat met fin à des semaines d’incertitude, alors que le Pérou traverse une période de tensions politiques et sociales. Les observateurs soulignent que ce second tour opposera deux visions radicalement différentes pour le pays. D’un côté, Sanchez, soutenu par les mouvements progressistes, propose une refonte des politiques économiques et sociales. De l’autre, Fujimori, héritière de l’ancien président Alberto Fujimori, défend un retour à l’ordre et à une ligne plus conservatrice, tout en capitalisant sur un discours anti-élites.
Un duel aux enjeux majeurs pour le Pérou
La qualification de Sanchez et de Fujimori reflète une polarisation croissante de l’électorat péruvien. Selon les dernières estimations, Sanchez aurait obtenu 28 % des voix au premier tour, contre 22 % pour Lopez Aliaga, tandis que Fujimori, en tête des sondages avant le scrutin, terminerait troisième avec environ 18 % des suffrages. « Ce second tour marquera un tournant pour le Pérou », a déclaré un analyste politique local, « car il opposera deux projets de société opposés, l’un tourné vers le changement, l’autre vers la restauration d’un modèle passé ».
Les élections de 2026 surviennent dans un contexte économique et social particulièrement tendu. Le pays, encore marqué par la crise du Covid-19 et une inflation persistante, fait face à une hausse de la criminalité et à une défiance accrue envers ses dirigeants. Les institutions judiciaires et politiques sont régulièrement pointées du doigt pour leur inefficacité, voire leur corruption. « Les Péruviens attendent des réponses concrètes », a souligné un éditorial du Peru21, « mais le choix qui s’offre à eux divise autant qu’il inquiète ».
Keiko Fujimori : héritage controversé et stratégie de reconquête
Keiko Fujimori, 47 ans, incarne une droite populiste et nationaliste, héritière d’un nom associé à près de trois décennies de pouvoir au Pérou. Sa candidature repose sur une promesse de stabilité, dans un pays où les alternances politiques rapides ont souvent conduit à des crises institutionnelles. « Nous devons restaurer l’autorité de l’État », a-t-elle affirmé lors d’un meeting à Lima, « et mettre fin à l’impunité qui mine notre démocratie ».
Son parcours n’est pas exempt de controverses. Arrêtée en 2018 pour corruption présumée dans le cadre de l’affaire Odebrecht, elle a finalement été libérée sous caution après deux ans de détention. Son retour en politique s’accompagne d’une stratégie de communication axée sur la sécurité et la lutte contre la pauvreté, deux thèmes porteurs dans un pays où 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (source : INEI, 2025).
Roberto Sanchez : un projet de rupture sociale et économique
Roberto Sanchez, 52 ans, ancien ministre de l’Éducation sous Pedro Castillo, se présente comme l’alternative progressiste face au statu quo. Son programme repose sur une augmentation des dépenses sociales, une réforme fiscale ciblant les grandes fortunes, et une renégociation des contrats miniers, secteur clé de l’économie péruvienne. « Le Pérou a besoin d’une redistribution plus juste des richesses », a-t-il déclaré, « et nous ne pouvons plus dépendre d’un modèle extractiviste qui appauvrit nos régions ».
Sanchez bénéficie du soutien de mouvements indigènes et de syndicats, mais aussi d’une partie de la jeunesse urbaine, lassée par des décennies de politiques néolibérales. Cependant, ses détracteurs lui reprochent un manque de pragmatisme économique et des propositions jugées trop radicales, notamment sur la question minière. « Son projet pourrait effrayer les investisseurs étrangers », a estimé un économiste de l’Université du Pacifique, « surtout dans un contexte où le Pérou cherche à relancer sa croissance ».
Quoi qu’il en soit, ce scrutin pourrait redéfinir l’avenir politique du Pérou pour les cinq prochaines années. Entre les promesses de Sanchez et les craintes suscitées par Fujimori, les Péruviens seront appelés à trancher dans un contexte où l’instabilité politique reste une menace constante.
Roberto Sanchez axe sa campagne sur une augmentation des dépenses sociales, une réforme fiscale ciblant les grandes fortunes, et une renégociation des contrats miniers pour mieux redistribuer les richesses. Il propose également une augmentation du salaire minimum et des investissements massifs dans l’éducation et la santé publique.