Six militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion ont été interpellés, vendredi 16 mai 2026 en fin d’après-midi, après avoir déployé un drapeau palestinien de 4x3 mètres sur le toit de la brasserie Madame, située au premier étage de la tour Eiffel à Paris. Selon Le Figaro, l’action visait à commémorer les 78 ans de la Nakba, terme arabe désignant l’exode des Palestiniens consécutif à la création de l’État d’Israël en 1948.
Ce qu'il faut retenir
- Six militants d’Extinction Rebellion ont déployé un drapeau palestinien de 4x3 mètres sur le toit de la brasserie Madame, au premier étage de la tour Eiffel, vendredi 16 mai 2026 en fin d’après-midi.
- L’action commémorait les 78 ans de la Nakba, période d’exil des Palestiniens lors de la création d’Israël en 1948.
- Les militants ont été interceptés par les agents de sécurité avant d’être remis à la police et placés en garde à vue pour « intrusion non autorisée dans un site classé » et « mise en danger de la vie d’autrui ».
- Le groupe a justifié son action en dénonçant les « massacres en cours à Gaza » et en affirmant qu’« il n’y a pas de lutte écologique possible sans lutte contre ces abominations ».
- La députée européenne Rima Hassan (LFI) a critiqué leur placement en garde à vue, évoquant un traitement différent de celui réservé à l’éclairage de la tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023.
Une action symbolique sur un monument classé
L’intervention des militants s’est déroulée en fin de journée, alors que la tour Eiffel, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, était ouverte au public. Selon une source policière citée par Le Figaro, les agents de sécurité de l’édifice ont repéré les six individus sur le toit de la brasserie Madame avant qu’ils ne déploient leur drapeau. Après une brève intervention, ils ont été interceptés et remis aux forces de l’ordre.
Placés en garde à vue au commissariat du 7e arrondissement de Paris, ils encourent des poursuites pour « intrusion non autorisée dans un site classé » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Une enquête préliminaire a été ouverte pour ces faits, selon les informations transmises par les autorités.
Le contexte politique et les réactions
L’action s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour du conflit israélo-palestinien, alors que la France reste divisée sur la question de la reconnaissance de l’État de Palestine. Extinction Rebellion a partagé une vidéo de l’intervention sur le réseau social X, en déclarant : « Il n’y a pas de lutte écologique possible, si “nous”, humanité, ne sommes pas capables de lutter contre l’abomination des massacres en cours à Gaza. »
Cette prise de position a immédiatement suscité des réactions politiques. La députée européenne Rima Hassan, membre du groupe La France insoumise (LFI) au Parlement européen, a dénoncé leur placement en garde à vue sur le même réseau social. Elle a écrit : « Hidalgo n’a pas eu de garde à vue pour avoir éclairé la Tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien. »
Un précédent controversé : l’éclairage de la tour Eiffel aux couleurs israéliennes
La députée fait référence à l’éclairage de la tour Eiffel en bleu et blanc, projeté dans la nuit du 8 au 9 octobre 2023, au lendemain des attaques du Hamas contre Israël. Cette initiative, décidée par la mairie de Paris, avait été justifiée comme un geste de solidarité avec Israël. Anne Hidalgo, alors maire de Paris, avait par ailleurs projeté côte à côte, le 21 septembre 2025, les drapeaux israélien et palestinien sur un écran géant installé sur la tour Eiffel. L’objectif affiché était de « soutenir l’initiative portée aux Nations Unies par le président de la République française pour la reconnaissance de l’État de Palestine ».
Cette décision avait alors suscité une vive polémique. Jean-Luc Mélenchon, président de La France insoumise, l’avait qualifiée de « consternante de stupidité après deux ans de génocide ».
Une tension récurrente autour des symboles politiques
L’affaire illustre les divisions persistantes en France autour de la question israélo-palestinienne, mais aussi les débats sur l’utilisation des symboles nationaux et des monuments publics à des fins militantes. Alors que certaines associations et personnalités politiques appellent à une reconnaissance accrue de l’État de Palestine, d’autres y voient une instrumentalisation politique contraire à l’apaisement.
Dans ce contexte, l’intervention des militants d’Extinction Rebellion sur la tour Eiffel s’ajoute à une série d’actions symboliques récentes, qu’elles soient pro-palestiniennes ou pro-israéliennes, qui ont régulièrement donné lieu à des interventions policières et à des polémiques.
Reste à voir si cette intervention aura un impact sur les positions françaises concernant le conflit israélo-palestinien, ou si elle restera un simple fait divers politique parmi d’autres. Une chose est sûre : le débat sur la symbolique des monuments et la liberté d’expression militante est loin d’être clos.
Ils ont choisi ce site emblématique pour attirer l’attention sur leur message, en lien avec la commémoration de la Nakba. La tour Eiffel, monument classé et hautement symbolique, offre une visibilité maximale à leur action militante.
Ils devraient être présentés à un magistrat dans les 24 à 48 heures suivant leur garde à vue pour une éventuelle mise en examen. Une décision judiciaire est attendue d’ici la fin de la semaine prochaine pour déterminer la suite de la procédure.