Deuxième matériau le plus fabriqué au monde après le ciment, l’acier est présent dans notre quotidien sous des formes variées : voitures, bâtiments, électroménager ou encore ustensiles de cuisine. Pourtant, sa production représente à elle seule 7 % des émissions mondiales de CO2. Face à une demande qui devrait augmenter de 30 % d’ici 2050, la question de sa décarbonation devient cruciale. Comme le rapporte France 24, des solutions existent, mais à un coût bien plus élevé.
Ce qu'il faut retenir
- L’acier, deuxième matériau le plus produit au monde, génère 7 % des émissions mondiales de CO2.
- La demande devrait croître de 30 % d’ici 2050, selon les projections.
- Des procédés sans charbon ni énergie fossile sont envisageables, mais bien plus coûteux.
- En France, ArcelorMittal teste une production d’acier recyclé au Creusot.
Un secteur industriel sous pression environnementale
Chaque année, plus de 1,8 milliard de tonnes d’acier sont produites dans le monde, un chiffre en constante augmentation depuis des décennies. Pourtant, ce matériau emblématique de l’industrie moderne reste l’un des plus polluants. Sa production repose encore majoritairement sur l’utilisation de charbon, indispensable dans les hauts fourneaux pour transformer le minerai de fer en acier. Résultat : des émissions massives de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre directement responsable du réchauffement climatique.
Selon les dernières projections, la demande mondiale en acier devrait continuer à progresser, portée par les besoins des économies émergentes et les exigences de modernisation des infrastructures. Sans changement radical, les émissions liées à sa production pourraient encore s’aggraver, alors que les engagements internationaux en faveur de la neutralité carbone d’ici 2050 se précisent.
L’acier vert : une alternative encore marginale, mais en développement
Face à ce constat, des industriels explorent des méthodes de production moins polluantes. Parmi elles, la réduction directe du minerai de fer à l’aide d’hydrogène vert, ou encore le recyclage intensif de l’acier usagé. Ces procédés permettent de supprimer l’usage du charbon, principal responsable des émissions du secteur. En revanche, leur adoption reste freinée par des coûts de production bien supérieurs à ceux des méthodes traditionnelles.
En France, le géant ArcelorMittal mise sur l’acier recyclé pour amorcer la transition. Le site du Creusot, en Bourgogne-Franche-Comté, abrite l’un des projets pilotes du groupe. « Nous testons des procédés innovants pour produire de l’acier à partir de ferraille, en utilisant des fours électriques », a expliqué un porte-parole de l’entreprise à France 24. Une démarche qui, si elle se généralise, pourrait réduire significativement l’empreinte carbone de l’industrie sidérurgique française.
Un défi économique autant que technologique
Le principal obstacle à la généralisation de l’acier vert réside dans son prix. Sans subventions ou incitations fiscales, sa production reste entre 20 % et 50 % plus chère que celle de l’acier traditionnel. Les industriels soulignent que sans soutien public ou cadre réglementaire contraignant, les investissements nécessaires peineront à être rentabilisés.
Pourtant, certains pays montrent l’exemple. En Suède, le projet HYBRIT, associant le groupe SSAB, le géant minier LKAB et le producteur d’électricité Vattenfall, a réussi à produire de l’acier « presque sans carbone » grâce à l’hydrogène vert. Une première mondiale qui prouve que la technologie est disponible. Reste à savoir si elle sera déployable à grande échelle, et à quel coût.
Une question subsiste : dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée, les industriels européens parviendront-ils à assumer seuls le surcoût de la décarbonation ?