Selon Le Monde, l’idée d’ouvrir une « salle de shoot » à Marseille gagne du terrain, alors qu’une mission de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) examine actuellement les parcours de prise en charge en addictologie en France. Ces deux initiatives s’inscrivent dans un contexte où la loi « narcotrafic », adoptée en 2025, a marqué une première étape vers une réponse publique plus globale aux enjeux des addictions.

Ce qu'il faut retenir

  • Une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) évalue actuellement les parcours de soins en addictologie, selon Le Monde.
  • À Marseille, l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque (SCMR) est sérieusement envisagée.
  • La loi « narcotrafic », promulguée en 2025, a posé les bases d’une politique publique intégrant des volets répressifs et sanitaires.

Une mission de l’IGAS pour évaluer les dispositifs sanitaires et sociaux

Une mission confiée à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) est en cours d’exécution pour analyser les parcours de prise en charge des personnes souffrant d’addictions en France. Cette évaluation intervient dans un contexte où les politiques publiques peinent encore à combiner efficacité sanitaire et accompagnement social, malgré les avancées législatives récentes. Les conclusions de cette mission pourraient servir de base à de nouvelles orientations pour les prochaines années.

Parmi les pistes explorées figurent notamment l’amélioration de l’accès aux soins, la réduction des risques et la lutte contre les discriminations envers les personnes dépendantes. L’IGAS doit rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année 2026, selon des informations transmises à Le Monde.

Marseille en première ligne pour une salle de consommation à moindre risque

Côté terrain, Marseille se positionne comme un laboratoire pour l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque (SCMR), également appelée « salle de shoot ». Cette structure permettrait aux usagers de drogues de consommer dans un cadre médicalisé, réduisant ainsi les risques d’overdoses et de transmission de maladies infectieuses. Plusieurs villes françaises, dont Paris et Strasbourg, ont déjà adopté ce type de dispositifs, mais Marseille pourrait devenir la première à les généraliser dans le sud du pays.

Cette initiative s’appuie sur des retours d’expérience positifs issus d’autres pays européens, comme le Portugal ou la Suisse, où ces salles ont démontré leur utilité en matière de santé publique. Les acteurs locaux, associatifs et institutionnels, travaillent actuellement à l’élaboration d’un projet concret, bien que des obstacles administratifs et politiques subsistent.

La loi « narcotrafic » : un premier pas vers une approche globale

Adoptée en 2025, la loi « narcotrafic » a marqué un tournant dans la politique française en matière de drogues. Elle renforce les moyens de lutte contre les trafics tout en introduisant des mesures destinées à améliorer la prise en charge sanitaire et sociale des usagers. Parmi ces mesures figurent le développement des programmes de substitution, l’accès facilité aux traitements et la promotion de la réduction des risques.

Cependant, selon plusieurs observateurs, cette loi ne suffit pas à elle seule à répondre à l’ensemble des défis posés par les addictions. Les associations et certains élus réclament depuis des années une refonte plus ambitieuse du système, intégrant davantage de moyens humains et financiers. La mission de l’IGAS et les expérimentations locales, comme celle envisagée à Marseille, pourraient ainsi contribuer à combler ces lacunes.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour les projets en cours. D’ici la fin de l’année, les conclusions de la mission de l’IGAS pourraient influencer les orientations du gouvernement en matière de santé publique. À Marseille, une concertation entre la mairie, les associations et les services de l’État devrait aboutir à une feuille de route pour l’ouverture éventuelle d’une salle de consommation à moindre risque. Une décision pourrait être prise d’ici le premier trimestre 2027, sous réserve de l’obtention des financements nécessaires.

Ces évolutions s’inscrivent dans un débat plus large sur la manière de concilier répression des trafics et protection des usagers. Si les avancées restent limitées, elles témoignent néanmoins d’une volonté croissante de repenser l’action publique face aux addictions.

Une salle de consommation à moindre risque (SCMR) est un espace médicalisé où les usagers de drogues peuvent consommer leurs substances sous la supervision de professionnels de santé. L’objectif est de réduire les risques d’overdoses, de transmission de maladies (comme le VIH ou les hépatites) et de nuisances publiques. Ces structures existent déjà dans plusieurs pays européens, comme aux Pays-Bas ou en Espagne, et leur efficacité a été démontrée en matière de santé publique.