Un homme résidant en Saône-et-Loire a déposé plainte en mars dernier pour un viol commis dans un collège marocain géré par l’institution scolaire française Bétharram, comme le rapporte Ouest France. Selon les informations révélées par le quotidien, au moins six autres victimes ont également été identifiées en Côte d’Ivoire, élargissant ainsi l’affaire au-delà des frontières françaises.

Ce qu'il faut retenir

  • Un homme de Saône-et-Loire a porté plainte en mars 2026 pour un viol commis dans un collège marocain géré par Bétharram
  • Six autres victimes ont été identifiées en Côte d’Ivoire dans le cadre de la même affaire
  • L’établissement scolaire concerné est géré par l’institution religieuse Bétharram, fondée au XIXe siècle
  • L’affaire soulève des questions sur les dysfonctionnements dans la gestion des établissements scolaires à l’étranger par des organismes français

Une plainte déposée en France pour des faits commis au Maroc

La plainte déposée en mars 2026 par un habitant de Saône-et-Loire concerne des faits remontant à plusieurs années, commis dans un collège situé au Maroc et placé sous la tutelle de l’institution Bétharram. Selon les éléments transmis à la justice française, les faits auraient été perpétrés dans un cadre scolaire, mais les détails précis concernant les circonstances ou les responsables n’ont pas encore été rendus publics. Les autorités judiciaires françaises ont été saisies, ce qui permet d’envisager une enquête transnationale, bien que les modalités pratiques de cette collaboration restent à préciser.

Côté marocain, les réactions des autorités locales n’ont pas encore été communiquées officiellement. L’établissement concerné, géré par des religieux, n’a pour l’heure fait l’objet d’aucun communiqué. L’affaire rappelle d’autres cas similaires où des établissements français à l’étranger ont été mis en cause pour des manquements graves, soulevant des interrogations sur les mécanismes de contrôle et de supervision.

Six victimes supplémentaires identifiées en Côte d’Ivoire

Outre le plaignant français, six autres victimes ont été identifiées en Côte d’Ivoire, toujours dans le cadre de l’institution Bétharram. Ces nouvelles révélations, comme le précise Ouest France, élargissent considérablement l’ampleur du dossier. Les faits pourraient concerner des années voire des décennies, selon les témoignages recueillis. Les victimes, dont certaines seraient mineures au moment des faits, auraient subi des violences sexuelles dans un contexte scolaire ou éducatif.

Les avocats des victimes et les associations de défense des droits de l’enfant ont été saisis pour accompagner les plaignants. Une procédure judiciaire pourrait être engagée en Côte d’Ivoire, en coordination avec les autorités françaises, afin de faire la lumière sur ces agissements. Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour d’éventuelles auditions ou confrontations, la priorité restant à la protection des victimes et à la collecte des preuves.

Le groupe Bétharram sous le feu des projecteurs

Fondé en 1820 par saint Michel Garicoïts, l’institut religieux Bétharram gère plusieurs établissements scolaires en France et à l’étranger, notamment en Afrique. L’affaire actuelle n’est pas la première à entacher la réputation du groupe, qui a déjà été confronté à des accusations de maltraitance ou de dysfonctionnements éducatifs dans le passé. En 2020, une enquête interne avait révélé des manquements dans la gestion d’un internat en France, sans qu’il n’y ait eu de suites judiciaires majeures.

Cette fois, l’ampleur géographique du dossier — impliquant des établissements au Maroc et en Côte d’Ivoire — pourrait contraindre la direction du groupe à prendre des mesures radicales, comme la suspension de certains responsables ou la fermeture temporaire des établissements concernés. Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été communiquée par la direction de Bétharram, qui n’a pas répondu aux sollicitations d’Ouest France.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des investigations menées par les justices française et ivoirienne, qui devraient coordonner leurs efforts pour rassembler les preuves et identifier d’éventuels complices ou responsables. Une réunion entre les deux pays pourrait être organisée dans les prochaines semaines, bien que aucune date précise n’ait été évoquée pour l’instant. Du côté des victimes, la constitution d’un collectif pour porter plainte de manière groupée est envisagée, une stratégie qui pourrait renforcer leur position face aux institutions.

Reste à savoir si d’autres victimes émergeront dans d’autres pays où l’institution Bétharram est présente, comme au Sénégal ou au Cameroun, où des établissements similaires fonctionnent sous sa tutelle. Pour l’heure, les associations de défense des droits de l’homme appellent à une transparence totale de la part du groupe, tandis que les autorités locales pourraient être amenées à renforcer les contrôles sur les écoles gérées par des organismes étrangers.

L’institution Bétharram est un groupe éducatif et religieux fondé en 1820 par saint Michel Garicoïts. Elle gère des établissements scolaires en France et à l’étranger, notamment en Afrique. Le groupe est placé sous l’autorité de la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus.