Le sociologue britannique Jason Arday, figure emblématique de la diversité à l’université de Cambridge, a annoncé mercredi 5 août 2026 sa démission, mettant fin à une carrière académique marquée par des controverses. 188 passages de sa thèse repérés comme plagiés par The Daily Telegraph le 24 juillet, ainsi que des inexactitudes dans son CV signalées par The Guardian le 1er août, ont précipité sa chute. Dans une note publiée sur un blog personnel, il a justifié son départ par son bien-être, celui de sa famille et de ses soutiens, sans pour autant reconnaître de faute.
Ce qu'il faut retenir
- Le professeur Jason Arday a démissionné de son poste à l’université de Cambridge le 5 août 2026, invoquant des raisons personnelles.
- Un total de 188 passages de sa thèse ont été identifiés comme plagiés par The Daily Telegraph, selon les révélations du 24 juillet 2026.
- Des inexactitudes dans son CV, notamment des ajouts non vérifiés, ont été pointées par The Guardian le 1er août 2026.
- Arday était le plus jeune professeur noir jamais nommé à Cambridge, une nomination qui avait fait la une en 2023.
- Son embauche s’inscrivait dans une volonté affichée de l’établissement d’améliorer la diversité parmi son corps professoral.
Selon Courrier International, la trajectoire de Jason Arday, jusqu’alors considérée comme un symbole de la diversité dans l’enseignement supérieur britannique, a basculé en quelques semaines. Recruté en 2023 à l’âge de 37 ans, il était devenu une personnalité médiatique, souvent invitée dans les émissions phares de la BBC. Son arrivée avait été saluée comme un tournant pour une université longtemps critiquée pour son manque de représentation ethnique.
Pourtant, dès juin 2026, des doutes commençaient à émerger. Des universitaires et étudiants avaient signalé des incohérences dans ses travaux et son parcours. The Guardian avait révélé que certains éléments de son CV, comme des postes ou des distinctions, ne correspondaient pas aux vérifications effectuées. Quant à sa thèse, intitulée Towards a Critical Race Theory of Education, les experts consultés par The Daily Telegraph avaient identifié des passages quasi identiques à d’autres publications, sans mention des sources originales.
« Le cirque médiatique entourant son embauche était digne d’une tournée promotionnelle hollywoodienne. Arday n’a pas été traité comme un professeur, mais comme une mascotte, bien utile pour une institution en quête de diversité », a souligné le chroniqueur Jason Okundaye dans les colonnes du Guardian.
Le scandale a pris une ampleur nationale, alimenté par la couverture médiatique des grands quotidiens britanniques. Les réseaux sociaux se sont emparés de l’affaire, certains y voyant une preuve des limites des politiques de quotas, d’autres dénonçant une chasse à l’homme contre une personnalité issue de la diversité. Interrogé par Courrier International, un porte-parole de Cambridge a indiqué que l’université suivait « une procédure interne » tout en refusant de commenter davantage, invoquant le respect de la vie privée de l’intéressé.
Dans sa déclaration publiée en ligne, Jason Arday a écrit : « Après mûre réflexion, j’ai décidé de me retirer pour préserver mon bien-être, celui de ma famille et de tous ceux qui m’ont soutenu durant cette période éprouvante. » Il n’a cependant pas reconnu explicitement les faits qui lui sont reprochés. La formulation a laissé planer le doute sur une éventuelle reconnaissance implicite des manquements évoqués.
Son départ intervient à un moment où les universités britanniques sont sous haute surveillance concernant la gestion de la diversité. En 2023, l’embauche d’Arday avait été présentée comme une avancée majeure. Aujourd’hui, son cas interroge sur les critères de recrutement et la pression exercée sur les professeurs issus de minorités pour incarner une représentation symbolique.
Cette affaire soulève également des questions sur l’impact des polémiques médiatiques sur les carrières académiques. Faut-il y voir un cas isolé ou le signe d’un contrôle accru sur les parcours des enseignants ? Une chose est sûre : l’image de Cambridge, longtemps perçue comme un bastion élitiste, se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs, cette fois pour des raisons bien moins glorieuses.
Jason Arday a indiqué avoir pris sa décision pour des raisons personnelles, sans préciser ses projets futurs. L’université de Cambridge n’a pas communiqué sur d’éventuelles suites disciplinaires. Il reste à voir si des plaintes ou des enquêtes indépendantes seront engagées à son encontre.