Selon Libération, l’affaire Lyhanna, jeune femme dont le féminicide a été commis en 2024, continue de cristalliser les débats sur l’inaction des pouvoirs publics face à l’ampleur des violences conjugales en France.
Ce qu'il faut retenir
- Une affaire emblématique : Lyhanna, 24 ans, a été assassinée par son ex-compagnon en janvier 2024, malgré plusieurs signalements aux autorités.
- Des dysfonctionnements dénoncés : Les proches de la victime et les associations pointent des défaillances dans le suivi des plaintes et des mesures d’éloignement.
- L’indignation des politiques : Responsables gouvernementaux et parlementaires multiplient les déclarations choquées, sans pour autant proposer de réformes structurelles.
- Un phénomène persistant : En 2025, plus de 120 féminicides ont été recensés en France, selon les associations féministes.
Dès l’annonce de ce nouveau drame, les réactions politiques se sont multipliées. « C’est insupportable, il faut agir », a déclaré Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, lors d’une conférence de presse le 15 mai 2026. Pourtant, comme le rappelle Libération, les mêmes discours avaient été tenus après chaque féminicide médiatisé, sans traduction concrète dans les politiques publiques.
Les associations féministes, elles, ne décolèrent pas. « On compte nos mortes, mais rien ne change », dénonce Caroline De Haas, cofondatrice de l’association « Osez le Féminisme ! ». Dans un rapport publié en avril 2026, le collectif rappelle que 80 % des féminicides en France sont précédés de violences conjugales signalées, souvent sans suite judiciaire. « Les mesures existent sur le papier, mais leur application reste aléatoire », précise-t-elle.
L’affaire Lyhanna illustre ces dysfonctionnements. Malgré trois plaintes déposées par la victime entre 2022 et 2024, aucune mesure d’éloignement n’a été prononcée à l’encontre de son ex-compagnon. Un scénario tragique, qui se répète dans de nombreux cas. Selon les chiffres de l’Observatoire national des violences faites aux femmes, seulement 20 % des mesures d’éloignement sont effectivement appliquées.
« Le problème ne vient pas d’un manque de lois, mais d’un manque de volonté politique. Les dispositifs existent, mais ils ne sont pas appliqués faute de moyens et de formation des magistrats et des forces de l’ordre. »
— Caroline De Haas, cofondatrice d’Osez le Féminisme !
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé en mai 2026 un plan de 50 millions d’euros pour renforcer les dispositifs de protection des femmes victimes de violences. Une enveloppe jugée insuffisante par les associations, qui réclament un budget de 200 millions, incluant notamment le recrutement de 500 magistrats spécialisés et la création de 1 000 places en hébergement d’urgence.
« Ce plan est une goutte d’eau dans l’océan, a réagi Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes. Il faut une réforme globale, avec des moyens humains et financiers à la hauteur de l’urgence. »
Cette affaire, comme tant d’autres, soulève une question lancinante : jusqu’à quand les pouvoirs publics se contenteront-ils de « constater » l’hécatombe sans agir de manière décisive ? Entre déclarations d’intention et réalité des moyens déployés, le décalage persiste, au détriment des victimes.
Le gouvernement a annoncé un plan de 50 millions d’euros en mai 2026, incluant le renforcement des unités spécialisées dans les commissariats et l’augmentation des places en hébergement d’urgence. Cependant, les associations jugent ces mesures insuffisantes face à l’ampleur des besoins.