Le géant européen de l’aéronautique Airbus opère un changement majeur à sa tête. Selon Capital, l’Espagnole Amparo Moraleda a été désignée pour succéder à René Obermann à la présidence du Conseil d’administration du groupe, un poste qu’elle occupera à compter du 1er octobre 2026. Une première dans l’histoire du constructeur, où ni un Français ni un Allemand n’avaient jusqu’ici occupé cette fonction.

Ce qu'il faut retenir

  • Amparo Moraleda deviendra la première femme à présider le Conseil d’administration d’Airbus et la première personne ni française ni allemande à occuper ce poste.
  • Âgée de 62 ans, elle remplacera René Obermann, en fonction depuis 2020, qui ne se représente pas pour un nouveau mandat.
  • Sa prise de fonction est prévue pour le 1er octobre 2026, tandis que René Obermann rejoindra le groupe allemand SAP à la même date.
  • Diplômée de l’école d’ingénieurs ICAI et de l’IESE Business School, Moraleda a occupé des postes de direction chez IBM, Iberdrola et présidé des conseils d’administration chez Faurecia, Solvay, Vodafone ou encore Maersk.
  • L’Espagne détient environ 4 % du capital d’Airbus via la SEPI, contre 10 % pour la France et l’Allemagne.
  • Un dividende de 3,2 euros par action a été approuvé pour l’exercice 2025 lors de l’assemblée générale du groupe.

Un tournant historique pour Airbus

Pour la première fois depuis sa création, Airbus change de président du Conseil d’administration sans nommer ni un Français ni un Allemand. Selon Capital, c’est l’Espagnole Amparo Moraleda, actuellement membre du conseil depuis 2015, qui endossera cette responsabilité à partir du 1er octobre 2026. Elle succédera à René Obermann, qui aura dirigé le groupe pendant près de six ans et qui rejoindra ensuite le conseil d’administration de l’entreprise allemande de logiciels SAP.

Dans un communiqué, René Obermann a salué « l’engagement » des 165 000 collaborateurs d’Airbus. Il a évoqué « un honneur et un privilège de servir Airbus pendant près d’une décennie, une période qui a sans cesse mis à l’épreuve la résilience de l’ensemble de l’entreprise ». Moraleda, quant à elle, a tenu à souligner la gestion « rigoureuse » de son prédécesseur, notamment durant des périodes marquées par des crises majeures comme la pandémie de Covid-19, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et un contexte géopolitique dégradé.

Un profil d’exception pour une mission exigeante

Amparo Moraleda n’est pas une inconnue dans le monde de l’industrie et de la finance. Diplômée de l’école d’ingénieurs ICAI à Madrid et de l’IESE Business School, elle cumule une carrière internationale au sein de grands groupes. Selon Capital, elle a notamment dirigé IBM Espagne et Portugal en tant que directrice générale, puis occupé des fonctions clés chez Iberdrola, où elle a supervisé la division internationale des opérations.

Son parcours l’a également conduite à siéger dans les conseils d’administration de nombreuses entreprises, dont Faurecia, Solvay, KPMG Espagne, Vodafone, CaixaBank et, depuis 2021, Maersk. Membre de l’Académie royale des sciences économiques et financières d’Espagne, son profil reflète un ancrage solide dans les réseaux économiques européens, ce qui pourrait s’avérer stratégique pour Airbus dans un contexte international concurrentiel.

L’Espagne, un acteur historique et stratégique pour Airbus

L’arrivée de Moraleda intervient à un moment où l’Espagne, pays fondateur du groupe, renforce son rôle au sein d’Airbus. Selon La Tribune et Capital, Madrid détient un peu plus de 4 % du capital du constructeur via la Société étatique de participations industrielles (SEPI). À titre de comparaison, les gouvernements français et allemand en détiennent chacun 10 %. Ce poids, bien que modeste, s’accompagne d’une présence industrielle significative : l’Espagne abrite plusieurs sites dédiés à la conception et au montage d’avions, notamment à Getafe, Barajas et Tablada.

Airbus joue un rôle clé dans l’économie espagnole, où le secteur aérospatial emploie directement 14 500 personnes. Le groupe soutient activement cette filière, qui constitue un pilier industriel pour le pays. Par ailleurs, les actionnaires d’Airbus ont validé lors de la dernière assemblée générale le versement d’un dividende de 3,2 euros par action pour l’exercice 2025, une décision qui témoigne de la bonne santé financière du groupe malgré les défis récents.

Un héritage à porter, entre innovation et résilience

La nomination de Moraleda intervient après une période particulièrement difficile pour Airbus. Entre la crise sanitaire du Covid-19, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et un environnement géopolitique instable, le groupe a dû faire preuve d’une résilience à toute épreuve. Dans ses premiers mots, la future présidente a tenu à saluer le travail accompli par René Obermann, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts dans un secteur en pleine mutation.

Moraleda devra notamment veiller à maintenir la compétitivité d’Airbus face à son rival américain Boeing, tout en accélérant la transition écologique du secteur aéronautique. Le groupe mise en effet sur des innovations technologiques, comme en témoignent ses récents projets dans les drones ou les hélicoptères, mais aussi sur des commandes majeures en Europe, en Asie et aux États-Unis. Récemment, Airbus a ainsi annoncé des accords significatifs, comme la livraison de 18 avions C295 à l’armée espagnole ou une commande record de 100 appareils auprès d’un opérateur asiatique.

Et maintenant ?

Le passage de relais entre René Obermann et Amparo Moraleda devrait s’effectuer en douceur, le nouveau président devant officiellement prendre ses fonctions le 1er octobre 2026. D’ici là, Moraleda aura l’opportunité de s’imprégner des dossiers stratégiques du groupe et de préparer sa feuille de route pour les années à venir. Reste à voir si sa nomination, inédite à plusieurs égards, marquera un tournant dans la gouvernance d’Airbus ou si elle s’inscrira dans la continuité de la stratégie actuelle. Les prochains mois seront également cruciaux pour observer l’évolution des commandes et la capacité du constructeur à maintenir sa position face à une concurrence accrue.

Avec cette transition, Airbus confirme sa volonté de diversifier ses profils dirigeants et de s’appuyer sur des expertises internationales. La question reste entière : dans quelle mesure cette nouvelle gouvernance influencera-t-elle les orientations stratégiques du groupe, notamment en matière d’innovation et de durabilité ? Une chose est sûre, l’aéronautique européenne entre dans une nouvelle ère.

Parmi les défis majeurs figurent la transition écologique du secteur aéronautique, la concurrence accrue avec Boeing, la gestion des chaînes d’approvisionnement toujours fragilisées et la nécessité de maintenir la croissance des commandes, notamment dans un contexte géopolitique incertain. Moraleda devra aussi consolider la résilience du groupe après les crises récentes.