Les compagnies aériennes Volotea et Transavia ont drastiquement réduit leurs vols à destination de la Corse depuis le début du printemps, en raison de l’instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient et de la hausse des coûts du carburant. Selon Le Figaro, environ 80 vols programmés entre avril et mai ont été annulés par la compagnie low cost espagnole Volotea, principalement sur les liaisons au départ de Lyon, Beauvais et Bordeaux vers les deux principaux aéroports de l’île, Bastia et Ajaccio.

Ce qu'il faut retenir

  • 80 vols supprimés entre avril et mai par Volotea, selon la Chambre de commerce et d’industrie de Corse (CCI).
  • Les annulations concernent principalement les départs de Lyon, Beauvais et Bordeaux vers Bastia et Ajaccio.
  • Transavia a également réduit ses liaisons, avec 6 000 sièges en moins prévus en mai et juin, et la suppression de la ligne hebdomadaire Lyon-Ajaccio jusqu’à mi-juillet.
  • Hausse des tarifs appliquée par Volotea en mars 2025, avec des majorations allant jusqu’à 14 euros sur des réservations déjà effectuées, avant un recul partiel.
  • Plus de 200 euros de frais supplémentaires pour certains passagers ayant dû modifier leurs réservations ou opter pour des alternatives.
  • Certains voyageurs se tournent vers le bateau, notamment les liaisons depuis Toulon, pour éviter les annulations.

La CCI de Corse, gestionnaire des aéroports et ports de l’île, a confirmé l’absence d’informations concernant les mois de juin et d’août à ce stade. « Le début de saison est mauvais et le trafic est en baisse en avril, ainsi qu’en mai », a indiqué l’organisme, pointant du doigt « le prix des carburants et le climat anxiogène » comme principaux facteurs. Volotea, de son côté, évoque « le contexte international, notamment l’instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient », ainsi que « l’augmentation du prix du kérosène » pour justifier ces annulations en cascade.

Des vacanciers pénalisés par les suppressions de vols

Les témoignages de passagers en colère se multiplient. Patrice, originaire de Picardie, n’a pas pu prendre son vol prévu pour Pâques au départ de Beauvais vers Bastia : « Mon vol a été annulé. Je suis dégoûté », a-t-il confié. Chantal, résidente suisse, a subi des désagréments similaires. Son vol Genève-Bastia a été annulé, l’obligeant à prendre un avion pour Paris, puis un vol Marseille-Calvi, avec un surcoût de 830 euros : « Nous n’avons eu aucune information préalable », a-t-elle dénoncé.

D’autres voyageurs ont dû revoir l’intégralité de leur séjour. Quentin, dont le vol Strasbourg-Ajaccio de juin a été annulé, a dû modifier son hôtel et sa location de voiture, engendrant des frais supplémentaires de « plus de 200 euros ». « Mon vol prévu en mai au départ de Beauvais a été annulé il y a un mois », se désole Pascal, qui avait acheté son billet 100 euros avant de le voir passer à 250 euros après l’annonce de l’annulation. « C’est scandaleux », a-t-il ajouté.

Certains ont dû prolonger leur séjour. Didier et Chantal, partis de Beauvais pour trois jours, ont vu leurs vacances s’allonger sur huit jours en raison des annulations successives. « À cause des annulations en cascade, nous avons dû prolonger nos vacances », a expliqué Didier. D’autres, comme Serge, ont appris l’annulation de leur vol à la dernière minute : « Un vol du 2 mai a encore été annulé à l’instant », a-t-il déclaré, exaspéré.

Transavia réduit aussi ses capacités, et les prix fluctuent

Volotea n’est pas la seule compagnie à ajuster ses vols. Transavia, filiale low cost du groupe Air France-KLM, a annoncé vouloir réduire ses liaisons vers la Corse. Selon les informations du Figaro, 6 000 sièges ont été supprimés pour les mois de mai et juin. La ligne hebdomadaire Lyon-Ajaccio, habituellement opérée toute l’année, a été purement et simplement suspendue d’avril à mi-juillet. Cette décision intervient dans un contexte où les compagnies aériennes subissent de plein fouet la hausse des coûts opérationnels, notamment celle du carburant, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Par ailleurs, Volotea a mis en place des hausses tarifaires inédites en mars 2025. Les réservations déjà effectuées ont vu leurs tarifs augmenter de jusqu’à 14 euros, une mesure qui a provoqué un tollé. Face aux réactions négatives, la compagnie a finalement revu sa décision… mais uniquement pour les agences de voyage. Les passagers ayant réservé directement sur son site internet restent soumis à ces majorations. Cette politique tarifaire a été vivement critiquée, notamment par ceux qui avaient déjà payé leur billet à un tarif inférieur, puis vu le prix augmenter après coup.

Le bateau, une alternative de plus en plus prisée

Face à l’incertitude des vols, certains voyageurs se tournent vers des solutions alternatives, comme le bateau. Les liaisons maritimes entre le continent et la Corse, notamment depuis Toulon avec Corsica Ferries, connaissent un regain d’intérêt. Delphine, qui prévoit de se rendre en Corse en juin avec son mari et ses deux enfants, a choisi cette option : « Dès qu’on a vu les annonces des compagnies low cost que nous avons l’habitude de prendre, on n’a pas hésité longtemps », explique-t-elle. « On a pris nos billets avec la Corsica Ferries depuis Toulon avec une traversée de nuit ». Si le trajet est plus long, il offre une meilleure visibilité sur les horaires et évite les risques d’annulation de dernière minute.

Cette tendance pourrait s’amplifier dans les prochains mois, alors que l’été approche et que les incertitudes persistent sur la disponibilité des vols. Les professionnels du tourisme en Corse, déjà affectés par la baisse du trafic aérien, pourraient voir leur activité encore fragilisée si la situation ne s’améliore pas d’ici juin. La Chambre de commerce et d’industrie de l’île a d’ailleurs rappelé que « le début de saison est mauvais », sans pour autant pouvoir prédire l’évolution des réservations pour l’été.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de ces annulations sur la saison touristique en Corse. Les compagnies aériennes pourraient ajuster leurs stratégies en fonction de l’évolution du contexte géopolitique et des coûts du carburant. Une réunion est prévue début juin entre les représentants des compagnies et les autorités locales pour discuter des mesures à mettre en place. D’ici là, les voyageurs devront soit s’adapter aux changements de dernière minute, soit opter pour des alternatives comme le bateau, dont les réservations restent plus stables.

Pour les mois de juin et août, aucune information précise n’a encore été communiquée par les compagnies ou les autorités locales. Les passagers sont donc invités à suivre de près les annonces officielles et à anticiper leurs réservations, sous peine de se retrouver confrontés à de nouvelles suppressions de vols ou à des hausses tarifaires. La situation rappelle, une fois encore, la vulnérabilité du secteur aérien face aux crises internationales et aux fluctuations économiques.

Volotea a supprimé environ 80 vols entre avril et mai, principalement au départ de Lyon, Beauvais et Bordeaux vers Bastia et Ajaccio. Transavia, filiale d’Air France-KLM, a réduit ses liaisons avec 6 000 sièges en moins en mai et juin, et a suspendu la ligne Lyon-Ajaccio jusqu’à mi-juillet.

Les compagnies évoquent principalement « l’instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient » et « l’augmentation du prix du kérosène ». La Chambre de commerce et d’industrie de Corse ajoute également « le climat anxiogène » et la baisse du trafic aérien en avril et mai.