Alors que les prix des carburants restent un sujet de préoccupation majeur pour les automobilistes français, le député du Rassemblement National (RN) Jean-Philippe Tanguy a vivement critiqué la politique menée par le gouvernement actuel. Dans un entretien accordé à BFM - Politique, il a accusé l’exécutif de « chercher uniquement à gagner du temps » sans proposer de mesures structurelles pour enrayer la hausse des coûts à la pompe. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où les prix des carburants, après une légère accalmie en début d’année, repartent à la hausse depuis plusieurs semaines, en raison notamment des tensions géopolitiques persistantes et de la volatilité des marchés pétroliers.
Les déclarations de Jean-Philippe Tanguy surviennent alors que le gouvernement multiplie les annonces pour tenter d’alléger la facture des ménages, sans toujours convaincre. Selon BFM - Politique, le député RN a estimé que les mesures actuelles relèvent davantage du « pansement » que d’une solution durable. Cette critique s’ajoute à celle de l’opposition, qui reproche à l’exécutif de ne pas avoir anticipé les conséquences économiques de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie, deux facteurs ayant fortement impacté les prix de l’énergie en Europe.
Ce qu'il faut retenir
- Le député RN Jean-Philippe Tanguy accuse le gouvernement de « chercher uniquement à gagner du temps » sur la question des prix des carburants, d’après BFM - Politique.
- Les prix des carburants repartent à la hausse depuis plusieurs semaines, en raison des tensions géopolitiques et de la volatilité des marchés pétroliers.
- Le RN reproche au gouvernement de ne pas proposer de mesures structurelles pour réduire durablement les coûts à la pompe.
- Les mesures gouvernementales actuelles sont perçues comme des « pansements » par l’opposition, qui critique l’absence d’anticipation face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine.
- TotalEnergies a récemment annoncé plafonner les prix du gazole en France, une initiative saluée par la députée LREM Maud Bregeon comme « une très bonne chose ».
Une stratégie gouvernementale jugée insuffisante par l’opposition
Dans son intervention, Jean-Philippe Tanguy n’a pas hésité à pointer du doigt l’inaction supposée du gouvernement. « Ce gouvernement ne cherche qu’à gagner du temps », a-t-il lancé, avant d’ajouter que les mesures prises jusqu’ici « ne répondent pas à l’urgence » ressentie par les Français. Selon lui, les annonces répétées sur des chèques énergie ou des baisses de taxes ponctuelles ne suffisent pas à compenser la hausse des coûts pour les ménages les plus modestes. Cette critique s’inscrit dans une logique plus large du RN, qui dénonce depuis des mois la politique économique du gouvernement, jugée trop favorable aux grandes entreprises et insuffisamment protectrice pour les classes moyennes et populaires.
D’après BFM - Politique, l’opposition de droite comme de gauche multiplie les interventions sur ce sujet. Certains élus locaux, notamment dans les zones rurales, appellent à une baisse immédiate des taxes sur les carburants, tandis que d’autres prônent des subventions ciblées pour les professionnels dépendants de la route, comme les agriculteurs ou les transporteurs. Le gouvernement, de son côté, mise sur des solutions à moyen terme, comme le développement des énergies alternatives ou la renégociation des contrats d’approvisionnement, sans pour autant promettre de résultats rapides.
TotalEnergies limite la hausse du gazole, une mesure saluée mais insuffisante
Face à la grogne sociale, le géant pétrolier TotalEnergies a annoncé qu’il plafonnerait les prix du gazole en France à partir du mois de juin. Une décision saluée par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a qualifié cette initiative de « très bonne chose ». « Quand Total redistribue en France une partie de ses bénéfices en plafonnant les prix sur le gazole, je pense que c’est une très bonne chose », a-t-elle déclaré, soulignant que cette mesure pourrait atténuer l’impact de la hausse des prix pour les automobilistes. Pourtant, cette annonce a été accueillie avec prudence par les associations de consommateurs, qui rappellent que le prix final dépend aussi des taxes et des marges des distributeurs.
Selon les dernières données disponibles, le prix moyen du litre de gazole en France s’élève à 1,85 euro, un niveau proche de celui observé avant la crise ukrainienne. Cependant, les variations régionales restent importantes, avec des écarts pouvant atteindre 10 à 15 centimes entre les départements. Les stations-service indépendantes, souvent plus chères, continuent de faire l’objet de critiques, certains élus locaux réclamant leur inclusion dans les dispositifs de contrôle des prix.
Un contexte économique tendu et des solutions limitées
La question des carburants s’inscrit dans un contexte économique plus large, marqué par une inflation persistante et un pouvoir d’achat en berne pour de nombreux ménages. Les tensions géopolitiques, notamment le conflit en Ukraine et les sanctions contre la Russie, ont maintenu les prix de l’énergie à un niveau élevé, malgré une légère baisse observée au printemps 2025. Les experts s’accordent à dire que les prix des carburants ne devraient pas redescendre significativement avant la fin de l’année, sauf en cas de détente majeure sur les marchés internationaux.
Le gouvernement mise sur plusieurs leviers pour atténuer l’impact de cette hausse : le bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz, prolongé jusqu’à la fin 2026, ainsi que des aides spécifiques pour les professionnels. Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par une partie de la classe politique, qui réclame une refonte complète de la fiscalité sur les carburants, avec notamment une baisse de la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques). Une proposition difficile à mettre en œuvre, compte tenu des besoins de recettes de l’État et des engagements européens en matière de transition écologique.
En attendant, les associations de consommateurs appellent les Français à comparer les prix via les applications dédiées, tandis que certains députés proposent de conditionner les subventions aux entreprises à des engagements sur la modération des marges. Une chose est sûre : la question des carburants continuera de dominer le débat public dans les mois à venir, alors que le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des Français.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse : les tensions géopolitiques persistantes, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient, qui perturbent les chaînes d’approvisionnement, ainsi que la volatilité des marchés pétroliers. La demande mondiale, tirée par la reprise économique en Asie, maintient également les cours à un niveau élevé.
Le gouvernement a prolongé le bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz jusqu’à la fin 2026 et mis en place des aides ciblées pour les professionnels dépendants des carburants. Une baisse de la TICPE, bien que régulièrement évoquée, n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour, en raison des contraintes budgétaires de l’État.