Depuis le début du mois de mai, les émanations nauséabondes liées aux échouages massifs d’algues sargasses en Guadeloupe et en Martinique ont conduit plusieurs établissements scolaires à adapter leur fonctionnement, voire à fermer partiellement. À Petit-Bourg et Sainte-Anne, en Guadeloupe, les élèves du lycée des Droits de l’Homme subissent depuis le 11 mai des restrictions horaires, avec des cours terminés dès 12 h 30 et la suspension des séances d’éducation physique et sportive. Ces mesures, justifiées par des maux de tête et des nausées signalés par les enseignants et les élèves, illustrent la persistance d’un phénomène récurrent qui s’aggrave avec le temps.

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis le 11 mai 2026, le lycée des Droits de l’Homme à Petit-Bourg (Guadeloupe) a réduit ses horaires de cours à 12 h 30 et suspendu les séances d’EPS en raison des émanations de sargasses.
  • Les nuisances olfactives provoquent des maux de tête et des nausées chez les élèves et le personnel éducatif, selon des signalements recueillis par Reporterre.
  • Le problème des sargasses, récurrent aux Antilles, s’inscrit dans un contexte de dégradation environnementale qui peine à trouver des solutions durables.

Comme le rapporte Reporterre, cette situation n’est pas isolée : d’autres communes guadeloupéennes, comme Sainte-Anne, sont également touchées. Les autorités locales peinent à endiguer le phénomène, qui se répète chaque année avec une intensité croissante. Les établissements scolaires, lieux de concentration d’enfants et d’adultes, deviennent des espaces particulièrement vulnérables face à ces nuisances.

Des établissements scolaires en première ligne

À Petit-Bourg, l’établissement désert en ce début d’après-midi de mai témoigne des perturbations engendrées. Les responsables pédagogiques ont dû prendre des mesures exceptionnelles pour protéger la santé des élèves. « On ne peut pas demander aux enfants de rester dans un environnement où l’air est irrespirable », a indiqué un membre de l’équipe éducative sous couvert d’anonymat. Les cours sont désormais terminés plus tôt, et les activités en extérieur, comme l’EPS, sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

En Guadeloupe, la gestion de cette crise s’ajoute à d’autres défis environnementaux. Les sargasses, en se décomposant sur les côtes, libèrent des gaz toxiques qui irritent les voies respiratoires et provoquent des symptômes similaires à ceux observés lors d’intoxications. Les écoles, souvent situées près des zones littorales, sont en première ligne face à ces nuisances.

Un phénomène récurrent qui s’aggrave

Les échouages de sargasses ne sont pas nouveaux aux Antilles. Depuis plusieurs années, les îles des Caraïbes et de l’Atlantique sont confrontées à des invasions massives de ces algues brunes, dont la prolifération est favorisée par le réchauffement des océans et les courants marins. En 2026, la situation semble particulièrement critique, avec des quantités record s’échouant sur les plages.

D’après les observations des scientifiques et des autorités locales, les sargasses libèrent de l’ammoniac et du sulfure d’hydrogène au moment de leur décomposition, deux gaz responsables des odeurs nauséabondes et des troubles de santé. « L’odeur est insupportable, on ne peut plus ouvrir les fenêtres », a témoigné une habitante de Sainte-Anne, dont le quartier est régulièrement touché par les échouages.

Quelles solutions pour endiguer la crise ?

Face à l’ampleur du phénomène, les pouvoirs publics peinent à proposer des solutions efficaces. Les méthodes de ramassage mécanique ou manuel, bien que nécessaires, restent insuffisantes face à l’ampleur des échouages. Certaines communes tentent de recycler les sargasses en engrais ou en matériaux de construction, mais ces initiatives restent marginales.

« Il faut une réponse globale, qui combine prévention, ramassage et recherche », a souligné un chercheur spécialisé dans les écosystèmes marins, contacté par Reporterre. Pour l’instant, les autorités locales appellent à la vigilance et recommandent aux populations de limiter les activités en extérieur lorsque les odeurs sont trop fortes. En Martinique, des dispositifs de surveillance de la qualité de l’air ont été renforcés dans les zones les plus exposées.

Et maintenant ?

La saison des sargasses s’étend généralement de mars à octobre, ce qui laisse présager plusieurs mois de perturbations pour les établissements scolaires et les habitants. Les autorités devraient annoncer dans les prochaines semaines un plan d’urgence renforcé, incluant des moyens supplémentaires pour le ramassage et la gestion des déchets. Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour limiter l’impact de ce phénomène récurrent.

Une chose est sûre : sans une action coordonnée à l’échelle régionale et internationale, les Antilles continueront de subir les conséquences de ces échouages massifs. La santé des populations et la continuité pédagogique des élèves dépendront, dans les mois à venir, de la capacité des autorités à trouver des solutions durables.

Les sargasses, en se décomposant sur les côtes, libèrent des gaz toxiques comme l’ammoniac et le sulfure d’hydrogène, responsables d’odeurs nauséabondes et de troubles respiratoires. Leur prolifération est favorisée par le réchauffement des océans et les courants marins, et les méthodes actuelles de ramassage restent insuffisantes face à l’ampleur des échouages.