Le groupe taïwanais Asus a présenté lors du salon Computex 2026 sa vision d’un avenir où Taïwan deviendrait un modèle mondial de « ville de l’IA », tout en dévoilant des solutions matérielles et logicielles centrées sur l’intelligence artificielle. Selon Euronews FR, ces annonces s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à positionner l’île comme un hub technologique incontournable pour l’IA en périphérie (edge AI) et le calcul en flux continu.

Ce qu'il faut retenir

  • Asus a présenté son cadre AI City, un écosystème exportable intégrant transports intelligents, santé, sécurité publique et gouvernance durable
  • Le groupe taïwanais collabore avec des municipalités européennes et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour déployer ses solutions
  • Les nouveaux PC portables ProArt P16 et P14, équipés de la puce Nvidia RTX Spark, offrent jusqu’à dix fois plus de performance par watt que les générations précédentes
  • Asus a également dévoilé Asus Zenni Claw, un écosystème d’IA unifié couvrant appareils grand public, professionnels et dédiés aux créateurs
  • Le co-PDG Samson Hu a souligné l’importance de l’IA agentique et évoqué une future évolution vers l’IA physique (robots)

Taïwan ambitionne de devenir la « ville de l’IA » grâce à son écosystème complet

Lors de son intervention au salon Computex à Taipei, le co-directeur général d’Asus, Samson Hu, a détaillé comment l’île pourrait incarner le modèle d’une « ville de l’IA ». Selon lui, Taïwan dispose d’un atout unique : un écosystème intégré allant des semi-conducteurs aux infrastructures, en passant par la fabrication et les systèmes logiciels. « L’écosystème taïwanais, des semi-conducteurs aux systèmes, en passant par les infrastructures et la fabrication, nous place en position de diriger la transition non seulement dans l’IA cloud, mais aussi dans l’IA en périphérie et le calcul en flux », a-t-il déclaré à Euronews FR.

Asus a formalisé cette vision en mars 2026 lors du Smart City Summit & Expo à Taipei, en présentant son cadre AI City. Ce dernier propose un schéma exportable combinant transports intelligents, santé connectée, sécurité publique optimisée et gouvernance durable. « Avec AI City, la gouvernance devient prédictive plutôt que réactive. Cela change radicalement la gestion de la circulation, de la santé, de l’énergie et de la sécurité publique », a précisé Hu. Le groupe a déjà engagé des partenariats avec des villes européennes et collabore avec la BERD, ainsi qu’avec la mairie de Paris, sur des projets d’infrastructures intelligentes.

Des PC portables nouvelle génération pour démocratiser l’IA sur le poste de travail

Côté matériel, Asus a mis en avant ses nouveaux ordinateurs portables ProArt P16 et P14, équipés de la puce Nvidia RTX Spark. Selon Samson Hu, cette technologie permet d’atteindre jusqu’à dix fois plus de performance par watt que les générations précédentes de puces. « La RTX Spark de Nvidia est une avancée majeure, car elle offre une puissance de calcul dédiée à l’IA bien supérieure, facilitant le déploiement d’expériences fluides d’IA agentique sur PC », a-t-il expliqué. Ces appareils, conçus pour les créateurs de contenu et les professionnels, n’ont cependant pas encore vu leurs prix officialisés.

Ces nouveaux modèles ne sont pas les seuls à intégrer la puce RTX Spark : Asus a confirmé que Dell, HP, Lenovo, Microsoft Surface, MSI, Acer et Gigabyte adopteraient également cette technologie. Pour se différencier, le groupe taïwanais mise sur le développement d’outils applicatifs maison, comme Muse, Story Cube et Muse Tree, conçus pour stimuler la créativité des utilisateurs.

Asus Zenni Claw : un écosystème d’IA unifié pour tous les usages

Autre innovation présentée lors du Computex : Asus Zenni Claw, un écosystème d’IA unifié censé offrir des expériences de bout en bout sûres et contrôlées. Ce système couvre l’ensemble des appareils grand public, professionnels, dédiés aux créateurs et aux gamers. « Zenni Claw garantit des expériences d’IA fiables et sécurisées, tout en plaçant les agents d’IA au cœur de l’expérience utilisateur », a indiqué Samson Hu.

Le co-PDG s’est montré particulièrement enthousiaste à propos de l’IA agentique, ces systèmes capables d’exécuter des tâches avec une supervision humaine minimale. Il a également esquissé une feuille de route pour l’avenir, évoquant l’émergence prochaine de l’IA physique — des robots capables de percevoir, comprendre et interagir avec le monde réel. « L’IA physique constituera une tendance très excitante dans les années à venir », a-t-il souligné.

Une stratégie internationale déjà en marche

Si Asus mise sur Taïwan comme épicentre de son écosystème, le groupe ne compte pas s’arrêter aux frontières de l’île. Selon Samson Hu, la réaction des partenaires internationaux à son cadre AI City est « plutôt bonne ». Plusieurs municipalités européennes, dont Paris, ont déjà manifesté leur intérêt pour des projets pilotes. La collaboration avec la BERD vise notamment à faciliter le financement de ces infrastructures intelligentes dans des villes européennes.

Côté matériel, la puce RTX Spark de Nvidia, au cœur des nouveaux PC Asus, pourrait bien devenir un standard pour les professionnels exigeants. Son adoption par les principaux constructeurs du secteur renforce cette hypothèse. Reste à savoir si Asus parviendra à se démarquer face à une concurrence déjà bien établie sur le segment des outils applicatifs d’IA.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir se concrétiser les premiers déploiements de l’écosystème AI City en Europe, notamment à Paris où des projets pilotes pourraient être lancés d’ici la fin 2026. Côté matériel, les prix des ordinateurs portables ProArt P16 et P14 devraient être officialisés avant la fin de l’année, tout comme les premières applications concrètes des outils Muse, Story Cube et Muse Tree. Enfin, l’évolution vers l’IA physique annoncée par Samson Hu pourrait se traduire par des annonces plus précises lors du prochain salon Computex, prévu en mai 2027.

Ces initiatives placent Asus au cœur d’une transformation majeure du secteur technologique, où l’intelligence artificielle ne se limite plus au cloud, mais s’étend à l’ensemble de l’écosystème numérique — des infrastructures urbaines aux postes de travail individuels. Reste à voir si Taïwan parviendra à incarner ce rôle de « ville de l’IA » et si Asus réussira à imposer ses solutions comme des références mondiales.

Selon Euronews FR, Asus collabore actuellement avec plusieurs municipalités en Europe, dont la mairie de Paris, sur des projets pilotes. D’autres partenariats sont en discussion avec des villes allemandes et néerlandaises, mais aucun calendrier précis n’a encore été dévoilé.

Aucune date officielle n’a été communiquée par Asus. Les prix n’ont pas non plus été annoncés, bien que le groupe ait confirmé que les appareils seraient disponibles « prochainement ». Les observateurs s’attendent à une commercialisation avant la fin de l’année 2026.