Santiago du Chili, 20 mai 2026 — Le président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast, a annoncé mercredi 20 mai le limogeage de sa ministre de la Sécurité, Trinidad Steinert, une décision prise après des mois de critiques sur l’inefficacité de sa politique en matière de lutte contre la criminalité. Selon Le Monde - Politique, cette mesure intervient alors que la popularité du chef de l’État est en baisse, la gestion de la sécurité étant un thème central de sa campagne électorale.
Ce qu'il faut retenir
- Trinidad Steinert occupait le poste de ministre de la Sécurité depuis la prise de fonction de José Antonio Kast en mars 2026.
- Elle était critiquée pour ses résultats jugés insuffisants en matière de réduction de l’insécurité publique.
- Le président Kast avait fait de la sécurité un axe majeur de sa campagne, promettant un durcissement des politiques répressives.
- La cote de popularité du président chilien est en baisse depuis plusieurs mois, selon les sondages.
Une démission sous pression politique
Trinidad Steinert, 52 ans, occupait le poste de ministre de la Sécurité depuis l’investiture de José Antonio Kast en mars 2026. Son limogeage intervient après des mois de critiques croissantes sur sa gestion de la criminalité, un sujet qui avait dominé la campagne présidentielle du chef de l’État. Autant dire que la décision de Kast était attendue, alors que les indicateurs de délinquance restent élevés dans plusieurs régions du pays. Le Monde - Politique souligne que la pression sur Steinert s’était intensifiée ces dernières semaines, notamment après une série d’émeutes dans la capitale et une hausse des vols à main armée.
Dans un communiqué publié mercredi matin, la présidence chilienne a indiqué que Steinert avait présenté sa démission, sans préciser si elle avait été poussée à la quitter. Le texte mentionne simplement qu’un « changement de cap » était nécessaire pour répondre aux attentes des citoyens. Kast, lui, n’a pas encore annoncé le nom de son successeur, mais des rumeurs évoquent déjà des figures issues de son parti, le Parti républicain, connu pour ses positions strictes sur la sécurité.
Un bilan sécuritaire sous le feu des critiques
Dès son élection en décembre 2025, José Antonio Kast avait fait de la lutte contre l’insécurité une priorité absolue, promettant des mesures radicales comme l’extension des pouvoirs de la police et l’aggravation des peines pour les crimes violents. Pourtant, les chiffres disponibles pour les premiers mois de 2026 ne montrent pas d’amélioration significative. Selon les dernières données de l’Observatoire chilien de la sécurité, les homicides ont même augmenté de 12 % par rapport à la même période en 2025, tandis que les vols avec violence restent en hausse dans les grandes villes.
Trinidad Steinert avait tenté de justifier sa stratégie en mettant en avant des « résultats à moyen terme », mais ses arguments n’ont pas convaincu une partie de la classe politique ni l’opinion publique. Des analystes soulignent que son manque de résultats a contribué à fragiliser la position de Kast, dont la popularité a chuté de 8 points en trois mois, selon le baromètre de l’institut Criteria. Le Monde - Politique rappelle que le président chilien, issu de l’extrême droite, avait promis pendant sa campagne de « rendre le pays plus sûr en 100 jours » — un délai qui semble désormais hors de portée.
Quel avenir pour la politique sécuritaire chilienne ?
La question qui se pose désormais est de savoir si ce remaniement ministériel suffira à inverser la tendance. José Antonio Kast pourrait opter pour un durcissement encore plus marqué de sa politique, comme le suggèrent certains de ses proches conseillers. Une annonce sur de nouvelles mesures sécuritaires est d’ailleurs attendue d’ici la fin du mois de mai, selon des sources proches du gouvernement. Autre piste envisagée : un renforcement des effectifs policiers, alors que les syndicats réclament depuis des mois une augmentation des moyens alloués aux forces de l’ordre.
Pourtant, des voix s’élèvent déjà pour critiquer cette approche, certains analystes estimant qu’une politique purement répressive ne suffira pas à résoudre les problèmes structurels de la criminalité au Chili. « Le gouvernement semble vouloir appliquer des solutions simplistes à des problèmes complexes », a déclaré à Le Monde - Politique l’universitaire María José Abud, spécialiste des questions de sécurité. « Sans une approche globale incluant la prévention et la réinsertion, les résultats risquent de rester décevants. »
La prochaine échéance à surveiller sera la publication, prévue pour juin 2026, des nouveaux chiffres de la criminalité. Ces données pourraient soit donner raison au gouvernement, soit confirmer les craintes d’une dégradation continue de la situation. En attendant, le Chili reste sous tension, entre les attentes des citoyens et les promesses électorales d’un président dont l’autorité est désormais mise à l’épreuve.
Sa gestion de la sécurité était critiquée depuis des mois, notamment pour l’absence de résultats tangibles malgré les promesses du gouvernement. Les indicateurs de criminalité, comme les homicides et les vols, restaient en hausse, ce qui a fragilisé sa position et celle du président Kast, dont la popularité était en baisse.