Depuis plusieurs semaines, une vague de protestations secoue les établissements scolaires kényans, avec des grèves, des destructions et des incendies, selon Courrier International. Le 28 mai 2026, un incendie volontaire dans un dortoir de la Utumishi Girls' Academy a causé la mort de seize jeunes filles, au nord de Nairobi, ce qui est devenu le symbole d'une « profonde crise nationale », comme le qualifie le quotidien Daily Nation.

Ce drame est survenu dans un contexte de tensions croissantes dans les écoles kényanes, avec des heurts qui se multiplient et des inquiétudes grandissantes au plus haut niveau, rapporte Courrier International. Le ministre de l'Éducation kényan, Julius Migos Ogamba, a indiqué que 204 écoles avaient été touchées par cette vague de protestations, soit environ 2 % des établissements du pays, lors d'une conférence de presse le 10 juin.

Ce qu'il faut retenir

  • 16 jeunes filles sont mortes dans l'incendie de la Utumishi Girls' Academy le 28 mai 2026.
  • 204 écoles ont été touchées par la vague de protestations, selon le ministre de l'Éducation kényan.
  • Les troubles sont attribués à une accumulation de griefs, notamment la pression académique, la discipline sévère et les conditions de vie dégradées dans les internats.

Les causes des troubles

Les acteurs du monde de l'éducation s'inquiètent du manque de communication au sein des établissements surpeuplés et dépourvus de moyens, dans un pays où l'internat emporte souvent la préférence des parents, souligne Courrier International. Un étudiant scolarisé dans un internat pour garçons prestigieux de l'ouest du pays a expliqué au Daily Nation que « nous nous sommes plaints à plusieurs reprises que les portions de nourriture étaient trop petites, mais la direction ne nous écoutait pas ».

D'après le média en ligne Citizen Digital, plusieurs des responsables présumés de l'incendie de l'école secondaire pour filles Utumishi ont évoqué leur colère contre une modification du calendrier des examens, ainsi que l'obligation de payer pour participer à un événement culturel. Neuf jeunes filles suspectées d'être à l'origine du drame ont été arrêtées.

Les conséquences

Les troubles dans les écoles kényanes ont des conséquences importantes, notamment la destruction de biens et la perturbation de la scolarité, rapporte Courrier International. Dans le comté de Siaya, des parents d'élèves ont attaqué en justice un établissement qui exigeait que ces derniers couvrent des dommages estimés à plus de 330 000 euros, accusant les responsables de l'établissement de négligence, alors que des lycéens dénonçaient des viols commis par d'autres élèves.

Le spécialiste des questions de sécurité et de gouvernance Mohamed Morowa a estimé que les troubles dans les écoles kényanes étaient généralement le fruit d'une conjonction de facteurs mêlant pression académique, discipline sévère, conditions de vie dégradées dans les internats, problèmes familiaux, consommation de drogue…, selon le Daily Nation.

Les réactions

Le président kényan, William Ruto, a rejeté l'idée de blâmer le seul gouvernement pour ces troubles, en pointant du doigt la responsabilité des parents d'élèves, rapporte le quotidien The Standard. Le Parlement kényan a ouvert une enquête sur cette vague de protestations, et un syndicat étudiant réclame la mise en place d'un système de consultation des élèves afin d'améliorer la prise en compte de leurs revendications.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour comprendre les conséquences de ces troubles et les mesures que le gouvernement kényan prendra pour y répondre, selon Courrier International. Le 23 juin, le film « Seule la vie » d'Adrian Goiginger sera projeté au cinéma Le Méliès à Montreuil, et il est possible que les événements au Kenya soient évoqués lors de cette avant-première.

En conclusion, la situation dans les écoles kényanes est complexe et nécessite une attention particulière de la part des autorités pour trouver des solutions durables et prévenir de nouveaux troubles.