Le président cubain Miguel Díaz-Canel a annoncé dimanche 21 juin 2026 le décès de Ramiro Valdés Menéndez, l’une des figures les plus emblématiques de la révolution castriste, à l’âge de 94 ans. Selon Le Figaro, le chef de l’État a exprimé sa profonde tristesse sur X (ex-Twitter), saluant en Valdés un « père » pour le pays et un homme dont « chaque moment de vie a été marqué par une fidélité absolue » envers Fidel et Raúl Castro, ainsi qu’envers leurs compagnons de lutte.

Né en 1932, Ramiro Valdés était l’un des derniers survivants de l’expédition du yacht Granma, qui marqua le point de départ de la révolution cubaine le 2 décembre 1956. Avec Raúl Castro, lui aussi âgé de 95 ans, il faisait partie des derniers témoins directs de cette épopée historique. Proche des frères Castro, il avait été un acteur clé du régime depuis ses origines, occupant des postes ministériels et fondant les services de renseignement cubains.

Ce qu'il faut retenir

  • Ramiro Valdés Menéndez, 94 ans, est décédé dimanche 21 juin 2026, selon une annonce du président cubain Miguel Díaz-Canel.
  • Il était l’un des derniers survivants de l’expédition du Granma (2 décembre 1956), aux côtés de Raúl Castro.
  • Proche de Fidel et Raúl Castro, il a occupé des fonctions ministérielles et fondé le G2, les services de renseignement cubains.
  • Il était l’un des rares Cubains à porter le titre de Commandant de la Révolution, aux côtés de Raúl Castro.
  • Il a soutenu activement le président non-Castro Miguel Díaz-Canel, arrivé au pouvoir en 2018.

Un parcours indissociable de la révolution cubaine

Ramiro Valdés a joué un rôle central dans la lutte contre la dictature de Fulgencio Batista, aux côtés de Fidel Castro. Selon Le Figaro, il fut le second du Che Guevara pendant la guérilla dans la Sierra Maestra. Membre fondateur du Parti communiste cubain (PCC) et de son Bureau politique, il a occupé le poste de ministre de l’Intérieur avant de créer le G2, les services secrets de l’île, en 1989. Son influence s’étendait bien au-delà des sphères militaires : il a également été un pilier du régime, incarnant la continuité idéologique de la révolution.

Portant systématiquement son uniforme militaire lors de ses rares apparitions publiques ces dernières années, Ramiro Valdés avait été décoré du titre de Héros de la République de Cuba. Bien que discret, il était resté une figure respectée, même après le départ des frères Castro du pouvoir. Son dernier engagement visible remonte à 2025, où il avait encore affiché son soutien à Díaz-Canel, premier président cubain non issu de la famille Castro depuis 1959.

Un héritage politique et militaire toujours présent à Cuba

À sa mort, Ramiro Valdés laisse derrière lui un héritage politique et militaire qui façonne encore aujourd’hui le régime cubain. Selon Le Figaro, il était l’un des rares à avoir reçu le titre de Commandant de la Révolution, une distinction rarissime réservée aux combattants historiques de 1956. Son nom reste associé à la création du G2, un organe de sécurité intérieure qui a joué un rôle clé dans la répression des oppositions et la surveillance de la population.

Dans un contexte où Cuba traverse une crise économique et sociale marquée, la disparition de Valdés survient à un moment où le régime cherche à maintenir sa légitimité. Díaz-Canel, en poste depuis 2018, tente de moderniser le système tout en préservant l’héritage révolutionnaire. Valdés, en tant que dernier lien direct avec l’époque de Fidel Castro, incarnait cette continuité idéologique. Son décès marque ainsi la fin d’une génération, celle des « barbudos », les barbus de la Sierra Maestra.

Une figure respectée, mais discrète en fin de vie

Ramiro Valdés s’était progressivement retiré de la vie publique ces dernières années. Selon Le Figaro, il n’avait plus été vu en public depuis 2025, et ses apparitions se faisaient de plus en plus rares. Malgré cela, il conservait une stature symbolique au sein du régime. Díaz-Canel a souligné dans son message son rôle de « père » pour la révolution, une métaphore reflétant l’attachement émotionnel que beaucoup de Cubains, y compris parmi les jeunes générations, portent encore à cette histoire.

Son uniforme militaire, qu’il arborait systématiquement lors de ses rares sorties, était devenu un symbole de son engagement indéfectible. Pourtant, sa disparition passe presque inaperçue dans un pays où les défis économiques et sociaux dominent l’actualité. Les Cubains, confrontés à des pénuries récurrentes et à une inflation galopante, semblent plus préoccupés par la survie quotidienne que par les hommages rendus aux figures historiques.

Et maintenant ?

La mort de Ramiro Valdés pourrait relancer les débats sur la succession politique à Cuba, où la génération historique de la révolution s’éteint peu à peu. Díaz-Canel, dont le mandat court jusqu’en 2028, pourrait accélérer les réformes économiques pour tenter de stabiliser le pays. Quant au G2, son rôle et son influence pourraient être réévalués dans un contexte de transition générationnelle. Reste à voir si le régime parviendra à concilier héritage révolutionnaire et adaptations nécessaires pour faire face à la crise.

Les prochains mois seront également marqués par les commémorations des soixante-dix ans de l’expédition du Granma, en décembre 2026. À cette occasion, le régime pourrait mettre en avant les figures restantes, comme Raúl Castro, pour rappeler la légitimité historique de la révolution. La disparition de Valdés rappelle, si besoin était, que l’histoire de Cuba est en train de tourner une page.

Ramiro Valdés était l’un des principaux dirigeants de la révolution cubaine. Né en 1932, il a participé à l’expédition du Granma en 1956 aux côtés de Fidel et Raúl Castro. Il fut le second du Che Guevara pendant la guérilla, puis a occupé des postes ministériels, dont celui de ministre de l’Intérieur. Il a également fondé le G2, les services de renseignement cubains, et était l’un des rares à porter le titre de Commandant de la Révolution.

Sa disparition marque la fin d’une génération de dirigeants historiques de la révolution. Bien que discret ces dernières années, Valdés incarnait la continuité idéologique du régime. Son décès survient à un moment où Cuba traverse une crise économique et sociale majeure, et où le président Miguel Díaz-Canel tente de moderniser le système tout en préservant l’héritage révolutionnaire. Son héritage, notamment via le G2, pourrait être réévalué dans les mois à venir.