Depuis plusieurs mois, l’Australie-Occidentale et l’Australie-Méridionale subissent une invasion sans précédent de souris, qualifiée de « fléau » par les autorités locales et les médias nationaux. Selon Courrier International, des millions de rongeurs s’attaquent aux infrastructures, aux cultures et aux foyers, créant une situation de crise inédite depuis 2021. Les experts craignent désormais une propagation vers Perth, la capitale de l’État.
Ce qu'il faut retenir
- Une densité record de 8 000 souris par hectare enregistrée en avril, alors que le seuil d’invasion est fixé à 5 000 rongeurs.
- Les autorités ont autorisé l’usage d’un raticide deux fois plus puissant, contenant 50 grammes de phosphure de zinc par kilogramme, depuis le 18 mai.
- Les souris ont proliféré après des récoltes céréalières exceptionnelles et des pluies estivales favorables à leur reproduction.
- Les serpents, prédateurs naturels, profitent de l’abondance de proies, au point que certains ne peuvent plus se déplacer.
- Les agriculteurs réclamaient depuis février des solutions plus radicales pour limiter les dégâts.
Une situation qui dépasse l’entendement dans l’ouest australien
Dans certaines zones de l’Australie-Occidentale, les habitants découvrent chaque matin des traces de souris dans leurs lits, rongées les câbles électriques ou endommagés les tuyaux. Comme le rapporte Courrier International à partir des reportages de l’ABC, les rongeurs pullulent dans les maisons, les véhicules, les écoles et même les enclos agricoles. « Nous avons des souris partout : dans nos maisons, nos voitures, nos hangars, nos écoles. C’est de la folie. Notre vie est devenue impossible », a déclaré Karen Chappel, maire de Morawa, dans un reportage diffusé sur Facebook.
Les images tournées par l’ABC montrent des nuées de souris dévorant tout sur leur passage, des câbles aux cultures en passant par les denrées stockées. Un constat confirmé par les habitants, qui décrivent une véritable occupation des espaces habités. Les serpents, quant à eux, se nourrissent à satiété : les clichés révèlent des reptiles au ventre gonflé, incapables de se déplacer normalement en raison de la quantité ingurgitée.
Des dégâts économiques colossaux et une réponse tardive
Les agriculteurs paient le prix fort de cette invasion. Selon The Age, cités par Courrier International, la densité de 8 000 souris par hectare enregistrée en avril dépasse largement le seuil d’alerte fixé à 5 000 rongeurs. Les céréaliers, en pleine période de semis, réclamaient depuis des semaines l’autorisation d’utiliser des raticides plus puissants pour endiguer le phénomène. Leurs demandes ont finalement été entendues le 18 mai, lorsque l’Agence nationale des pesticides et des traitements vétérinaires (APVMA) a délivré une autorisation d’urgence.
Cette décision permet désormais l’utilisation d’appâts contenant 50 grammes de phosphure de zinc par kilogramme, soit une puissance deux fois supérieure aux produits disponibles jusqu’alors. Pour l’instant, ces raticides ne sont autorisés que dans les cultures céréalières des États d’Australie-Occidentale et d’Australie-Méridionale, où la pression est la plus forte. Les autorités sanitaires ont assorti cette mesure de conditions strictes pour limiter les risques pour l’environnement et les autres espèces.
Des conditions climatiques idéales pour une prolifération record
La multiplication exponentielle des souris s’explique par des facteurs climatiques et agricoles favorables. Comme l’explique Courrier International en citant l’ABC, les rongeurs ont commencé à se reproduire massivement après la récolte estivale des céréales en Australie-Occidentale. Dès le mois de février, agronomes et agriculteurs avaient tiré la sonnette d’alarme, mais les autorités n’avaient pas encore réagi avec la même urgence.
Les experts soulignent que les souris atteignent leur maturité sexuelle à six semaines et peuvent donner naissance à une portée de dix petits tous les vingt jours. « Elles peuvent retomber enceintes immédiatement après avoir mis bas », précise l’ABC. Cette année, les conditions étaient particulièrement propices : des récoltes record, des champs saturés de nourriture et une baisse du nombre de moutons, qui piétinent habituellement les terriers et consomment les graines. Quelques pluies estivales ont également apporté l’eau nécessaire à leur expansion.
« Les souris ont commencé à se reproduire en grand nombre après la récolte estivale des céréales en Australie-Occidentale. Dès février, les agronomes et les agriculteurs d’Australie-Occidentale ont commencé à tirer la sonnette d’alarme. » — ABC, cité par Courrier International
Une crise qui interroge la gestion des invasions biologiques
Cette invasion rappelle l’ampleur que peuvent prendre les pullulations de rongeurs lorsque les conditions leur sont favorables. En 2021, l’Australie avait déjà connu une crise similaire, mais d’une moindre envergure. Les experts soulignent que les changements climatiques, en favorisant des hivers plus doux et des étés plus humides, pourraient rendre ces phénomènes plus fréquents. Autant dire que les autorités australiennes devront revoir leur stratégie de gestion des espèces nuisibles.
Pour l’heure, les habitants des zones touchées tentent de s’adapter. Certains ont renforcé les protections de leurs habitations, tandis que d’autres misent sur les prédateurs naturels, comme les chats ou les serpents. Mais comme le résume un agriculteur interrogé par l’ABC : « On a l’impression de se battre contre une marée impossible à arrêter. »
Plusieurs facteurs expliquent cette invasion : des récoltes céréalières records, des pluies estivales abondantes favorisant leur reproduction, et une diminution du nombre de moutons, qui piétinent normalement leurs terriers et consomment les graines. Les souris, dont le cycle de reproduction est extrêmement rapide, ont ainsi trouvé des conditions idéales pour pulluler.
Les dégâts sont colossaux : les souris rongent les cultures, détruisent les semis et contaminent les stocks de céréales. En avril, des densités de 8 000 souris par hectare ont été enregistrées, bien au-delà du seuil d’alerte de 5 000. Les agriculteurs réclament des solutions urgentes, car cette invasion menace les récoltes et la sécurité alimentaire.