Sammy Azdoufal, cofondateur et dirigeant du groupe Eterniti, est au cœur d’une enquête qui interroge sur la sécurité des babyphones et autres objets connectés commercialisés par ses entreprises. Selon BFM Business, cette investigation, révélée le 10 juin 2026, met en lumière des pratiques jugées préoccupantes par les autorités et les experts en cybersécurité.

L’enquête porte notamment sur des manquements présumés en matière de protection des données personnelles et de sécurisation des appareils connectés vendus sous différentes marques du groupe. Ces produits, largement diffusés en France et en Europe, soulèvent des questions quant à leur conformité avec les réglementations en vigueur, comme le RGPD. Le groupe Eterniti, basé à Paris, n’a pas encore réagi publiquement à ces révélations, mais la pression s’accroît sur ses dirigeants pour qu’ils apportent des clarifications.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête est en cours sur les pratiques du groupe Eterniti, spécialisé dans les objets connectés, notamment les babyphones.
  • Les autorités s’interrogent sur le respect des normes de protection des données et de cybersécurité par les produits commercialisés.
  • Les appareils concernés sont distribués en France et en Europe, suscitant des inquiétudes auprès des consommateurs et des experts.
  • Le groupe Eterniti, basé à Paris, n’a pas encore communiqué officiellement sur le sujet.
  • Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue sur la sécurité des objets connectés grand public.

Un groupe en ligne de mire pour ses pratiques commerciales

Fondé il y a une dizaine d’années, le groupe Eterniti s’est imposé comme un acteur majeur sur le marché des objets connectés, avec une gamme de produits incluant des babyphones, des caméras intelligentes et des enceintes connectées. Selon BFM Business, l’enquête actuelle vise à vérifier si les méthodes de collecte et de traitement des données personnelles respectent les exigences légales, en particulier le Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Les investigations, menées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et d’autres organismes de régulation, pourraient aboutir à des sanctions si des irrégularités sont avérées. Les babyphones, en particulier, sont des appareils sensibles, car ils captent des informations audio et parfois vidéo au sein des foyers. Leur sécurisation est donc cruciale pour éviter tout risque d’espionnage ou de fuite de données.

Des produits sous surveillance pour leur sécurité

Les produits du groupe Eterniti, comme d’autres objets connectés, ont déjà fait l’objet de critiques par des associations de consommateurs et des experts en cybersécurité. Plusieurs rapports ont pointé du doigt des failles de sécurité permettant, en théorie, à des tiers non autorisés d’accéder aux flux audio ou vidéo. Dans un communiqué interne, Sammy Azdoufal avait pourtant assuré que « la sécurité des données de nos clients est notre priorité absolue ». Une déclaration qui contraste avec les conclusions de l’enquête en cours.

Les modèles incriminés, notamment les babyphones de la marque BabySafe, seraient vulnérables à des attaques par force brute ou à des failles logicielles non corrigées. Ces problèmes, s’ils sont confirmés, pourraient exposer les utilisateurs à des risques de piratage, avec des conséquences potentiellement graves pour leur vie privée. Les autorités recommandent déjà aux propriétaires de ces appareils de mettre à jour leurs firmwares et de modifier les mots de passe par défaut.

Une affaire qui s’inscrit dans un contexte plus large

Cette enquête survient alors que l’Union européenne renforce ses contrôles sur les objets connectés, avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles en 2024. Le Cyber Resilience Act, adopté récemment, impose aux fabricants de garantir la sécurité de leurs produits sur toute leur durée de vie. Les entreprises qui ne respectent pas ces obligations s’exposent à des amendes pouvant atteindre plusieurs millions d’euros.

Pour Sammy Azdoufal, cette affaire pourrait aussi avoir un impact sur la réputation du groupe, déjà fragilisée par des rumeurs de difficultés financières. Selon des sources internes, plusieurs investisseurs auraient commencé à se retirer, invoquant un manque de transparence. Le dirigeant a pourtant assuré, lors d’une réunion avec ses équipes en mai dernier, que « les fondamentaux du groupe restent solides ». Un discours qui peine à convaincre dans le contexte actuel.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête devraient être dévoilées d’ici la fin du mois de juin, avec la publication d’un rapport préliminaire par la CNIL. Si des manquements sont confirmés, le groupe Eterniti pourrait faire l’objet de sanctions administratives, voire de poursuites pénales. Par ailleurs, une audience au tribunal de commerce de Paris est prévue pour le 15 juillet, où les créanciers du groupe pourraient demander la mise en redressement judiciaire. Autant dire que les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir de l’entreprise.

Dans l’attente de ces décisions, les consommateurs sont invités à vérifier les mises à jour logicielles de leurs appareils et à signaler toute activité suspecte aux autorités compétentes. Les associations de défense des droits numériques, comme la Quadrature du Net, appellent déjà à un boycott des produits du groupe tant que les irrégularités ne seront pas résolues. Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour une éventuelle conférence de presse de Sammy Azdoufal afin de répondre aux accusations portées contre son entreprise.

Les risques incluent un accès non autorisé aux flux audio ou vidéo par des pirates informatiques, une violation de la vie privée et une possible exploitation des données personnelles à des fins malveillantes. Les autorités recommandent de mettre à jour les appareils et de modifier les mots de passe par défaut pour limiter ces risques.

Oui, le groupe s’expose à des sanctions administratives de la part de la CNIL, pouvant aller jusqu’à plusieurs millions d’euros, ainsi qu’à des poursuites pénales si des manquements graves au RGPD sont avérés. Une audience au tribunal de commerce est également prévue pour le 15 juillet 2026.