Une enquête menée par l’ONG Global Echo Litigation Center, s’appuyant sur l’analyse de 30 000 bordereaux d’exportation collectés sur une période de quatre ans, révèle une fraude généralisée concernant l’origine réelle des produits agricoles en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Selon le Monde, ces pratiques permettraient à ces biens de circuler librement dans l’Union européenne sous de fausses étiquettes, en violation des règles commerciales européennes.
Ce qu'il faut retenir
- Une ONG internationale a analysé 30 000 bordereaux d’exportation sur quatre ans pour documenter la fraude.
- Les produits agricoles des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont exportés frauduleusement vers l’Europe en déclarant une origine erronée.
- L’UE est accusée de complicité passive en fermant les yeux sur ces importations, pourtant contraires à ses propres réglementations.
- La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé depuis 1967, considéré comme illégal au regard du droit international par une grande partie de la communauté internationale.
L’enquête de l’ONG Global Echo Litigation Center, rendue publique ce 10 juin 2026, repose sur un travail d’investigation minutieux. Les documents analysés, couvrant la période de 2022 à 2026, montrent que de nombreux produits agricoles — principalement des fruits, légumes et olives — originaires des colonies israéliennes en Cisjordanie sont déclarés comme israéliens à leur arrivée dans les ports européens. Pourtant, selon le droit international, les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont considérées comme illégales.
Dans un rapport de 47 pages, l’ONG expose comment des entreprises européennes importent ces produits en utilisant des certificats d’origine falsifiés ou en profitant de lacunes dans les contrôles douaniers. « Cette fraude organisée permet à des produits issus de territoires occupés de bénéficier du même traitement tarifaire que les produits israéliens », a déclaré Mira Kelner, directrice de Global Echo Litigation Center, à l’AFP. Elle a précisé que « l’Union européenne, par son inaction, devient complice de cette violation du droit international ».
Le problème ne se limite pas à une question de conformité commerciale. Il touche également à la question épineuse de la légalité des colonies israéliennes en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé depuis 1967. La plupart des résolutions de l’ONU et des positions diplomatiques européennes considèrent ces colonies comme contraires au droit international. Pourtant, l’UE continue d’importer des produits issus de ces territoires, souvent sans étiquetage clair indiquant leur origine réelle.
Selon les chiffres cités par l’ONG, les importations européennes de produits agricoles en provenance des colonies israéliennes représentent un marché estimé à plus de 300 millions d’euros par an. Les principaux pays importateurs sont l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, qui servent de plateformes logistiques pour la redistribution vers le reste de l’Europe.
« L’Union européenne se targue de défendre les droits humains et le droit international, mais son incapacité à contrôler l’origine réelle de ces produits montre une hypocrisie flagrante. »
Mira Kelner, directrice de Global Echo Litigation Center
Cette affaire survient alors que les tensions persistent autour du conflit israélo-palestinien, et que l’UE tente de concilier ses relations commerciales avec Israël tout en affichant son soutien à la solution à deux États. Les prochains mois pourraient être déterminants pour savoir si Bruxelles choisira de durcir ses règles ou de maintenir le statu quo. En attendant, les consommateurs européens, s’ils sont informés, pourraient jouer un rôle indirect en boycottant les produits issus de ces colonies — si tant est qu’ils parviennent à les identifier.
L’UE importe ces produits car ils sont souvent déclarés à tort comme originaires d’Israël, bénéficiant ainsi des mêmes avantages commerciaux. Cependant, selon le droit international, les colonies en Cisjordanie occupée sont illégales, ce qui rend leur commerce controversé.