Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et figure de La France Insoumise (LFI), a dénoncé ce 15 mai 2026 sur le réseau social X des propos tenus à son égard lors d’un débat diffusé sur CNews. Selon BFM - Politique, le chroniqueur Vincent Hervouet l’a qualifié de « maire malien en France », une formulation que l’édile a qualifiée d’« assignation identitaire ».

Dans un message publié en fin de journée, Bally Bagayoko a réagi à ces déclarations, rappelant d’abord son statut d’élu de la République française. « Je suis un élu de la République française. Je suis français. Né de l’histoire de l’immigration, certes, fier de mes origines familiales », a-t-il écrit. Avant d’ajouter : « En me qualifiant de ‘maire malien en France’, vous ne parlez pas seulement de moi. Vous dites à des millions de Français issus de l’immigration qu’ils resteraient éternellement renvoyés à une origine. »

Ce qu'il faut retenir

  • Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, dénonce des propos tenus sur CNews le 15 mai 2026, où il a été qualifié de « maire malien en France » par le chroniqueur Vincent Hervouet.
  • L’élu a réagi sur X, rappelant qu’il est un « élu de la République française » et dénonçant une « assignation identitaire ».
  • Bally Bagayoko a déjà porté plainte contre CNews pour des propos jugés racistes, une enquête étant ouverte par le parquet de Paris.
  • Le maire a également critiqué la vision de l’Afrique véhiculée par ces déclarations, soulignant que le Mali est un « État souverain » et non un territoire « perdu ».

Des propos qui s’inscrivent dans un passif déjà lourd

Ces nouvelles déclarations interviennent alors que Bally Bagayoko a déjà engagé des démarches judiciaires contre CNews. BFM - Politique rappelle qu’il a porté plainte après la diffusion d’une séquence jugée raciste par l’édile. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

« Ce type de propos est devenu si fréquent sur CNews qu’il est désormais difficile de parler de simple ‘dérapage’ », a souligné Bally Bagayoko. Il a également dénoncé la « banalisation » de ces discours, qu’il juge « dangereuse pour le débat public ». Pour lui, ces déclarations reflètent une vision coloniale persistante, où des Français issus de l’immigration sont perçus à travers le prisme de leur origine plutôt que comme des citoyens à part entière.

Une vision de l’Afrique et de l’immigration au cœur du débat

Dans son message, l’élu d’Île-de-France a également critiqué la manière dont Vincent Hervouet a évoqué la situation au Mali. « Le Mali n’a pas été ‘perdu’ comme on perdrait un territoire ou une possession. Le Mali est un État souverain », a-t-il affirmé. Il a ajouté que faire le lien entre la situation géopolitique au Mali et son élection comme maire de Saint-Denis révélait « l’idée persistante que des Français comme moi seraient toujours perçus à travers le regard de l’ancienne relation coloniale ».

Bally Bagayoko, qui a fait de la lutte contre le racisme l’une des priorités de son mandat, a appelé à participer à une marche contre le racisme le 21 juin 2026. Sur ses réseaux sociaux, il a multiplié les prises de position pour sensibiliser l’opinion publique à ces enjeux, tout en dénonçant régulièrement les discours stigmatisants dans les médias.

Un engagement politique marqué par la défense des droits et de la diversité

Élu maire de Saint-Denis en avril 2026, Bally Bagayoko incarne une nouvelle génération d’élus issus de l’immigration. Son parcours et ses prises de position lui valent une visibilité médiatique, mais aussi des critiques, notamment de la part de certains médias conservateurs. BFM - Politique souligne que son élection avait déjà suscité des réactions, certains observateurs estimant qu’il devait « reconsidérer sa position » après avoir demandé le retrait du portrait présidentiel de son bureau municipal.

Pourtant, Bally Bagayoko assume pleinement son identité et son engagement. « Fier de mes origines familiales », il refuse toute tentative de le réduire à une seule dimension de son identité. Ses déclarations récentes sur X s’inscrivent dans cette logique : refuser toute assignation et défendre une vision inclusive de la République.

Et maintenant ?

L’enquête ouverte par le parquet de Paris pourrait aboutir à des poursuites contre CNews ou Vincent Hervouet pour injure publique. Par ailleurs, Bally Bagayoko pourrait intensifier ses actions militantes, notamment à l’approche de la marche contre le racisme prévue le 21 juin. Reste à voir si ces déclarations entraîneront un débat plus large sur le traitement médiatique des élus issus de l’immigration en France.

Ces événements soulèvent une question plus large : dans un contexte politique marqué par les tensions identitaires, comment les médias et les responsables politiques peuvent-ils contribuer à un débat public plus apaisé et inclusif ?

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » après la plainte déposée par Bally Bagayoko. Les investigations pourraient aboutir à des poursuites contre la chaîne CNews ou le chroniqueur Vincent Hervouet, selon les éléments recueillis.