Barbra Streisand, figure majeure du cinéma et de la musique américaine, se voit décerner une Palme d'or d'honneur au Festival de Cannes 2026. À 84 ans, l’artiste, dont la santé ne lui permet pas de se déplacer pour recevoir personnellement cette distinction, voit son parcours salué par l’institution cinématographique internationale. Selon Franceinfo - Culture, cette récompense consacre une carrière de plus de six décennies, marquée par des rôles emblématiques et des bandes originales devenues des classiques.
Ce qu'il faut retenir
- Barbra Streisand, 84 ans, reçoit la Palme d'or d'honneur au Festival de Cannes 2026 pour l’ensemble de sa carrière.
- L’artiste, absente pour raisons médicales, ne pourra pas recevoir la distinction en personne.
- Cinq de ses films les plus marquants, comme Funny Girl ou A Star is Born, illustrent son influence sur le cinéma et la musique.
- Streisand a marqué Hollywood aussi bien devant que derrière la caméra, en tant qu’actrice, réalisatrice et productrice.
- Parmi ses réalisations, Yentl (1983) reste son projet le plus personnel, où elle cumule les rôles d’actrice, réalisatrice, scénariste et productrice.
Née le 24 avril 1942 à New York, Barbra Streisand a toujours considéré le cinéma comme son « premier amour ». Dans un entretien, elle a rappelé à plusieurs reprises que sa voix, héritée de son grand-père, était avant tout un outil pour subvenir à ses besoins avant de devenir un instrument artistique. « Ma voix m’a permis de faire des films dont les bandes originales ont souvent été récompensées », a-t-elle confié, soulignant que ses cordes vocales ont été le tremplin vers le succès. Son perfectionnisme, parfois critiqué, a toujours été perçu par elle comme une quête d’excellence, non comme une obsession. En 2001, l’American Film Institute lui avait déjà rendu hommage pour l’ensemble de sa carrière, alors qu’elle n’avait tourné que dans 16 films — un nombre modeste comparé à d’autres légendes d’Hollywood.
« Funny Girl » : le rôle qui lance une carrière et crée la polémique
C’est en incarnant Fanny Brice, star des Ziegfeld Follies dans les années 1920, que Streisand fait ses premiers pas au cinéma. Adapté de la comédie musicale à succès de Broadway, Funny Girl (1968) réalisé par William Wyler, lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice en 1969 — un exploit rare pour une comédienne dont le talent mêle chant et jeu dramatique. Le film raconte l’ascension de Brice, une artiste juive au tempérament explosif, et ses relations tumultueuses avec Nick Arnstein, joué par Omar Sharif. Leur romance, filmée en pleine Guerre des Six Jours entre Israël et l’Égypte, déclenche un scandale géopolitique. « Les baisers entre une Juive et un Égyptien, c’était trop pour l’époque », a expliqué Streisand, qui a toujours assumé ce choix artistique. En 1975, une suite, Funny Lady, prolonge l’histoire de Fanny Brice, avec Sharif de retour dans le rôle d’Arnstein.
« Nos plus belles années » : l’idylle Robert Redford-Streisand et son tube intemporel
En 1973, Streisand partage l’écran avec Robert Redford dans Nos plus belles années (*The Way We Were*), réalisé par Sidney Pollack. Elle y incarne Katie Morosky, une militante communiste au tempérament passionné, opposée en tout à Hubbell Gardiner, interprété par Redford. Leur alchimie à l’écran a marqué les mémoires et contribué à forger la légende du « couple mythique » du cinéma américain. Le film, qui retrace leur histoire d’amour sur plusieurs décennies, offre aussi un tube planétaire : The Way We Were, écrit par Marvin Hamlisch, remporte l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1974. Plus récemment, en 2026, Streisand a rendu hommage à Redford lors des Oscars en interprétant un extrait de cette chanson, alors qu’elle avait pourtant annoncé en 2023 vouloir arrêter de chanter en public.
« A Star is Born » : l’actrice qui devient productrice et femme d’affaires
Avec A Star is Born (1976), remake du film de 1954 avec Judy Garland, Streisand marque un tournant dans l’industrie hollywoodienne. Elle y joue Esther, une chanteuse en devenir qui redonne vie à une star du rock en déclin, incarnée par Kris Kristofferson. Mais Streisand ne se contente pas d’être devant la caméra : elle en devient la productrice exécutive, un rôle alors rare pour une femme à Hollywood. Le film, réalisé avec un budget de plus de 6 millions de dollars, lui permet de tout contrôler — une attitude qui a parfois agacé ses collaborateurs. La bande originale, dont le tube Evergreen, lui vaut de nouvelles distinctions. Pour ce rôle, elle a même envisagé de faire appel à Elvis Presley, l’un de ses idoles, avant d’opter pour Kristofferson.
« Yentl » : le film le plus personnel de Streisand, entre musique et engagement
En 1983, Streisand signe Yentl, adapté d’une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, où elle cumule les casquettes : actrice, réalisatrice, scénariste et productrice. Le projet, inspiré par la mémoire de son père, Emmanuel Streisand, savant et lettré disparu trop tôt, raconte l’histoire d’une jeune femme juive qui se déguise en homme pour étudier le Talmud, un texte central du judaïsme. Le film, à la fois musical et engagé, dénonce les dogmes et célèbre la liberté intellectuelle. La musique, composée avec Michel Legrand, remporte plusieurs récompenses, dont l’Oscar de la meilleure musique originale. Parmi les titres marquants, Papa, Can You Hear Me est souvent interprété comme un dialogue posthume avec son père.
« Leçons de séduction » : Streisand face à ses complexes et à l’amour
En 1996, Streisand réalise et joue dans Leçons de séduction (*The Mirror Has Two Faces*), une comédie romantique où elle incarne Rose, une collègue mathématicienne et célibataire complexée. Face à elle, Jeff Bridges campe Gregory, un professeur en quête d’une relation platonique, ce qui plonge Rose dans une remise en question existentielle. Le film, revisitant le thème du « vilain petit canard », permet à Streisand de s’identifier à son personnage : dans sa jeunesse, elle aussi était moquée pour son apparence, notamment son nez, que les producteurs lui ont souvent suggéré de modifier. « Mon nez fait partie de mon identité », a-t-elle rappelé, refusant toute opération esthétique. La bande originale inclut I Finally Found Someone, coécrit avec Bryan Adams, et interprété en duo avec ce dernier.
Cette distinction survient alors que Hollywood célèbre le rôle des femmes derrière et devant la caméra. Streisand, pionnière à une époque où les actrices-productrices étaient rares, reste une référence pour les nouvelles générations. Son héritage, à la croisée du cinéma, de la musique et de l’engagement, continue de résonner bien au-delà des écrans.
Selon Franceinfo - Culture, l’artiste, âgée de 84 ans, ne pourra pas se déplacer pour raisons médicales. La direction du Festival de Cannes a confirmé son absence, tout en saluant son parcours exceptionnel.